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Affaires judiciaires (2/4) - Outrage : la grande excuse

55 min
À retrouver dans l'émission

©Editions des Arènes

Un documentaire d'Hubert Prolongeau et Guillaume Baldy Le 24 Juillet 2006, Jean-Jacques Reboux, écrivain et éditeur, est dans sa voiture, avenue de Clichy à Paris. Le feu est rouge. Il attend, puis démarre. Deux policiers l’arrêtent. « Les papiers du véhicule, s’il vous plaît ». Il les donne. L’un des deux lui annonce alors qu’il a un PV pour « obstruction à la circulation ». Reboux s’étonne et conteste l’infraction. Poliment. Le policier lui demande de se calmer, ce qui a l’effet inverse. Il persiste à contester. Le policier l’inculpe d’outrage. Reboux prend son portable, et appelle sa compagne pour lui dire qu’il sera en retard pour « des démêlés avec un flic maboule ». Le policier entend et appelle à sa rescousse deux motards. Reboux est jeté à terre, menotté aux bras et aux chevilles et emmené au commissariat où il passera trois heures. Il en sortira révolté, humilié, épuisé, n’ayant pas réussi à retenir ses larmes. Des larmes de rage. « J’ai passé mes vacances à y penser. Je n’en ai pas dormi. Cet incident m’a pourri la vie. » Bien sûr, c’est sa version. Mais il la revendique au point d’en tirer un livre , puis de créer le CODEDO, Comité pour la dépénalisation du droit d’outrage qui, depuis, aide à se défendre ceux qui sont accusés d’outrage.Ils sont de plus en plus nombreux. Les « outrages à personne dépositaire de l’autorité publique » ont augmenté de 42% entre 1995 et 2001. En 2008, il y en avait 31000. Sur les 800 000 gardes à vue de 2009, 15 000 sont liées à des « outrages ». Plus que celles liées à des cambriolages. Les citoyens deviennent-ils de plus en plus violents ? Ou l’outrage, qui transforme un accusateur potentiel en accusé, devient-il la manière pour la police de s’autoriser des dérapages de plus en plus fréquents ? La Commission nationale de déontologie de la sécurité, autorité administrative indépendante créée en 2000, signale elle aussi des atteintes grandissantes aux droits des personnes « vulnérables », mineurs ou sans papiers. Son rapport 2006 met en avant des fouilles au corps sans justification, souvent suivies d’ « outrage ». Aujourd’hui, c’est tout un débat sur les gardes à vue qui s’installe.Y a-t-il des consignes justifiant ces comportements ? « Des consignes directes, non, raconte un policier. Mais on a le sentiment qu’on peut y aller, et cela crée une émulation ente nous. Les outrages rentrent dans ce contexte. L’outrage, c’est la protection du policier quand il est allé trop loin. On nous dit « Ouvrez les parapluies ». Alors, au moment du rapport, on accentue les violences subies, et on dépose plainte. » D’autres policiers - qui touchent le montant de l’amende quand la condamnation pour « outrage » est prononcée - mettent au contraire en avant leur sentiment d’être de plus en plus surveillés et agressés.Ce documentaire voudrait faire le point sur cette question, interroger des gens qui ont été accusés d’outrage et sont allés en procès, faire réagir des policiers, des juges. Y a-t-il ou non, à travers l’outrage, une augmentation des petits dérapages policiers ? Et si oui, comment certains résistent-ils ?Avec :Jean-Jacques Reboux , fondateur du CODEDO et accusé d’outrage ;Francine Pelluet , sa compagne ;Valérie Martinez , accusée d’outrage par le préfet de Pau ;Serge Smujkowicz , condamné pour outrage ;Antoine Comte , avocat ;Mathieu Aron , auteur de Gardés à vue (Editions des Arènes) ;Benoît Hurel , secrétaire général adjoint du syndicat de la magistrature, ancien membre du parquet à Créteil.Production : Hubert Prolongeau Réalisation : Guillaume Baldy

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