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Carré blanc (5/5) : "Je vous aime, je vous mange" - (Rediffusion)

54 min
À retrouver dans l'émission

Un documentaire d'Olivier Chaumelle et Yvon Croizier – Rediffusion du 9 octobre 2009

Yasumasa Morimura, Exchange of Devouring, 2004 Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, Paris - Salzburg  Courtesy.
Yasumasa Morimura, Exchange of Devouring, 2004 Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, Paris - Salzburg Courtesy. Crédits : D.R. - Radio France
Yasumasa Morimura, Exchange of Devouring, 2004 Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, Paris - Salzburg Courtesy. ©D.R. Si le capitalisme est l’exploitation de l’homme par l’homme, le cannibalisme est la consommation de l’homme par l’homme.L’ingestion de chair humaine est à ranger au rayon des grands tabous. La religion nous apporte quelques interdits alimentaires et nous enjoint d’aimer notre prochain ; la morale nous dicte de ne pas le manger.Mais l’amour a ses raisons que la raison ne connaît pas, et le catalogue des faits-divers modernes nous renseigne bougrement à ce sujet, par deux causes fort célèbres.En 1981, Issei Sagawa, ressortissant japonais, tue et mange, à Paris, Renée Hartevelt, jusqu’alors étudiante néerlandaise.En 2001, Armin Meiwes invite chez lui, près de Kassel, dans le land de Hesse, Bernd Brandes, parfaitement consentant. Il lui sectionne le sexe, et les deux hommes cuisinent l’appendice et le mangent. Brandes mourant rapidement d’hémorragie, son corps sera conservé dans le congélateur de Meiwes, qui en mangera par la suite une vingtaine de kilos, avant d’être interpellé par la police.Dans les deux cas, il y a dans ces actes d’anthropophagie une dimension sexuelle, sinon amoureuse. Perversion et passion absolues ; un partenaire sublime l’être aimé en en incorporant la matière.Quoi qu’on fasse, la dimension mystique de ce genre de pratique s’impose à son tour. Les survivants du Fairchild F 227 Montevideo – Santiago du Chili, perdu dans les Andes le 12 octobre 1972 et abandonnés durant deux mois près de la carcasse de leur appareil, ne restèrent en vie qu’en se nourrissant de la chair de leurs compagnons décédés. Ils le firent en pensant très fort à Dieu, lequel (par la voix de l’Église Catholique, Apostolique et Romaine) leur en sut gré, d’ailleurs. Cette institution a, soit dit en passant, un rapport très fort au cannibalisme : les fidèles, à la fin de l’office, ne consomment-ils pas, chaque dimanche, par amour, le sang et le corps de leur dieu ?Avec :**Patrick Duval** , journaliste ;**Philippe Lemaire** , avocat ;**Erik Rémès** , écrivain ;**Arnaud Martorell** , psychiatre ;Et la voix d’**Octavie Piéron** .Production : **Olivier Chaumelle** Réalisation : **Yvon Croizier**
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