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Champ libre (4/5) - La France pavillonnaire (Rediffusion)

55 min
À retrouver dans l'émission

nouvelles fracutures sociales ©Ed. Autrement

Un documentaire de Delphine Saltel et Nathalie Battus - Rediffusion de l’émission du 16 octobre 2007 Selon la définition de l’INSEE, près de 80% des français vivent dans un espace « sous dominante » urbaine mais ce chiffre cache une réalité complexe : il y a de moins en moins de Français dans le centre des villes et plus de la moitié de la population habite en fait autour des villes, en périphérie. Ce sont les catégories les plus modestes, ouvriers, employés et même professions intermédiaires, qui ont été poussées hors des villes par la hausse des prix de l’immobilier et la spécialisation des emplois des métropoles vers les secteurs qualifiés. Les seules communes où il est encore possible pour les couches populaires d’accéder à la propriété sont donc celles situées au-delà des banlieues d’habitat social dévalorisé, à la lisière de l’espace rural. C’est par exemple le cas à Milhaud, une commune de la campagne nîmoise où des zones pavillonnaires s’étendent en tâches d’huile autour du village historique pour accueillir la population qui travaille en ville mais ne peut y habiter.Les ménages s’endettent ainsi pour acheter des maisons individuelles éloignées des centres économiques et des équipements culturels. Ce qui alourdit leur « budget trajet » et suscite bien souvent chez eux un sentiment de relégation et de déclassement. On est bien loin de l’image d’Epinal associée au pavillon des Trentes Glorieuses, symbole de promotion sociale, d’accès aux classes moyennes. Aujourd’hui, les habitants des zones pavillonnaires sont, en effet, pour l’essentiel, des salariés du secteur privé qui ont subi le plus durement la dégradation du marché du travail depuis vingt ans et profitent peu de la mondialisation.Les grands partis de gouvernement, avant tout influencés par les intellectuels, les décideurs économiques ou les journalistes vivant dans les métropoles, ne répondent pas aux aspirations et aux préoccupations de cette petite classe moyenne précarisée, dispersée par l’étalement urbain et l’habitat individuel. Dans cette France majoritaire (les dynamiques démographiques y sont les plus fortes) mais « périphérique, aphone et invisible », on a donc voté aux extrêmes ou préféré l’abstentionnisme. Les cartes électorales du 21 avril 2002 et du non au référendum européen, en mai 2005, le confirment : légitimation des partis de gouvernement dans les centres urbains et votes « anti-système » en périphérie.Or, au printemps 2007, Nicolas Sarkozy recueille la majorité des voix dans ces quartiers pavillonnaires. Quels arguments, quelles valeurs revendiquées par le candidat ont réconcilié ces électeurs extrémistes ou abstentionnistes avec un parti institutionnel ? Pourquoi le discours et l’action politique du président trouvent-ils autant d’écho dans les lotissements et les zones périurbaines d’habitat individuel ? A la Pierre-Collinet, quartier sensible de Meaux au bord de la campagne briarde et du canal de l’Ourcq, la rénovation urbaine passe par les pavillons : les hautes tours HLM délabrées sont peu à peu remplacées par de petites maisons individuelles. Les habitants issus des couches populaires rêvent d’être relogés dans ces pavillons, emblématique pour eux d’une vie meilleure. La transformation architecturale du quartier est portée médiatiquement par le maire Jean-François Copé. Explique-t-elle la forte majorité UMP aux élections présidentielles ? Quant à Caissargues et à Milhaud, les pourcentages des voix en faveur de Nicolas Sarkozy y dépassent les 60%. Comment les thématiques Sécurité et Immigration résonnent-elles dans ces zones pavillonnaires marquées par un le repli sur la sphère privée (la maison, l’entre-soi du lotissement) ? La valeur « travail » rassure-t-elle des salariés particulièrement exposés aux délocalisations, au temps partiel et au chômage ?Avec :Christophe Guilluy , géographe consultant, directeur du bureau d’études géographiques et urbaines MAPS ;Isabelle Coutant , sociologue (CNRS, GTMS) ;Yasmine Siblot , sociologue (Université Paris1, Laboratoire G.Friedmann, CSU) ;M. Manson , président du comité de quartier de La pierre-Collinet ;M. Abia , adulte relais à la Pierre-Collinet ;Mme Kadi Diakité et M.Van Roosbeck , habitants de la Pierre-Collinet ;Jean-Michel Avellaneda , maire de Milhaud.Productrice: Delphine Saltel Réalisation : Nathalie Battus

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