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Collection particulière : Histoires de vies, histoires de corps

55 min
À retrouver dans l'émission

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Un documentaire d’Alexandra Lebon et François Teste

Alex
Alex

*« C’est là dans ton corps, que toute l’histoire commence, et c’est aussi là, dans ton corps, que tout se terminera ». * Paul Auster

Traumatisme. Violence. Colère. Incompréhension. Haine. Résignation. Silence.

Déni. Honte. Résurrection. Réconciliation. Guérison. Pardon.

Parce qu’il y a des blessures qui enferment.

Parce qu’il y a des silences qui deviennent si lourds qu’ils vous étouffent.

Parce qu’un jour, tu te retrouves tapie dans le bleu du ciel, en pleine journée, au fond de toi une boule dans la gorge. Et que tu ne peux plus respirer.

Tes yeux se brouillent. Les larmes coulent.

Une idée fixe : rentrer le plus vite possible. Te cacher. T’extraire aux yeux du monde.

Tu veux te fondre, te dissoudre.

Déserter ton corps.

Ce corps qui justement raconte l’histoire de la personne que tu es. Cicatrices extérieures et intérieures, blessures visibles ou invisibles, notre corps parle.

Mon rapport au corps, donc au monde, s’est fondé sur une blessure profonde.

On m’a dépossédé de mon corps, par mon corps.

Pardonner, comprendre, c’était aller questionner les autres, interroger d’autres histoires pour trouver une réponse à mon corps blessé, à ma vie déchirée.

Parce qu’il n’était plus possible de se taire. Photographier pour s’exprimer enfin.

Interviewer pour libérer la parole.

Ce projet, c’est la boule qui éclate. C’est l’enfant qui se souvient. L’adulte qui parle.

La femme qui accepte. Qui digère. Qui pardonne. Qui nait à nouveau.

Je suis photographe et suite à une blessure qui m’a immobilisée chez moi, je me suis retrouvée prisonnière, bloquée par mon corps qui ne me répondait plus.

Confrontée à moi même, je me suis beaucoup interrogée. Pourquoi la question du corps m’intéressait-elle autant ?

Pourquoi le rapport au corps en fonction de notre histoire de vie résonnait autant en moi ? Histoire de corps, histoire de vie. Le corps par qui tout commence et par qui tout finira. Le porteur de notre histoire, de nos blessures visibles et invisibles.

Ce projet, est ma réconciliation.

J’ai réalisé toutes les photos en argentique puis scannées. J’ai poussé les films pour obtenir des contrastes très durs, des blancs brulés. Je voulais aussi retrouver le temps de l’image comme s’il s’agissait pour moi de remonter le temps vers le jour où l’irréparable s’est produit. Le temps de création comme le symbole du temps qu’il m’a fallu pour comprendre et dépasser le traumatisme, le temps des allers-retours entre moi et moi.

Cliquez sur la photo pour accéder au site Histoires de vie, Histoires de corps

Phil
Phil

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