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"Danser sur un tas de ruines : portrait de Faustin Linyekula, chorégraphe" (Rediffusion)

54 min
À retrouver dans l'émission

Un documentaire de Sofia Aouine et Nathalie Battus - Rediffusion de l’émission du 25 juin 2010

Répétition de Bérénice au CNDC d'Angers - mai 2010
Répétition de Bérénice au CNDC d'Angers - mai 2010 Crédits : N. Battus - Radio France
Répétition de Bérénice au CNDC d'Angers - mai 2010 N. Battus©Radio France Kisangani, 1985. Trois copains d’enfance jouent pieds nus au football avec de faux maillots dessinés à la craie sur leurs torses nus. Richard Kabako, Antoine Vumilia et Faustin Linyekula rêvent de théâtre sous la dictature de Mobutu.En 1993, c’est le départ vers le Kenya pour réaliser un rêve commun : devenir artiste. La route, l’errance, et Faustin Linyekula perd son camarade Richard Kabako qui meurt de la peste à la frontière ougandaise.Héritier de ce rêve inachevé, Faustin deviendra danseur par hasard à un moment où la voix et le texte ne suffisent plus pour raconter les histoires. Avec le mime Opiyo Kaach, il crée Gaara, première compagnie de danse contemporaine d’Afrique de l’Est, explorant tout d’abord les frontières du mime et des danses de purification. Une danse-théâtre inventée au gré de lectures des textes de Merce Cunnigham et des souvenirs de danses de son enfance congolaise. Le succès est immédiat, et les prix s’enchaînent en Europe et ailleurs.En 2001, retour au Congo. Tout a changé, les amis d’enfance sont partis, morts ou en prison. Malgré tout, « l’enfant du pays » décide de rester et fonde La Faustin Linyekula Company avec la volonté de créer un espace de réconciliation par la danse et le corps. Puis en 2003, Faustin Linyekula fonde les studios Kabako à Kisangani. Pensé comme un véritable lieu de vie, ils se composent aujourd’hui d’une structure de diffusion et de représentation multidisciplinaire. On y crée, on y enseigne au nom d’une utopie profonde : danser et se construire un avenir commun sur « un tas de ruines ».Les chorégraphies de la compagnie Faustin Linyekula mêlent à la danse le théâtre, la révolte de la musique punk et des fragments sonores de la vie quotidienne des faubourgs congolais. La danse hip hop et le son des discours de Lumumba. Des formes hybrides ou le corps tente de faire surgir sur le plateau la parole d’un peuple et d’une génération.A l’occasion de sa création « Pour en Finir avec Bérénice » au CDNC d’Angers, nous sommes allées interroger Faustin Linyekula, voir ceux avec qui il partage cette « fratrie errante ». A tous il a enseigné cette phrase du poète Adonis. « Comment marcher vers moi-même, vers mon peuple, avec mon sang et mon histoire en ruines ? »Avec :**Faustin Linyekula** , chorégraphe ;**Papi Mbwiti** , comédien et dramaturge ;**Dinhozord** , rappeur ;**Pie Tshibanda** , sociologue ;**Christophe Wavelet** , chercheur ;**Raymund Hoghe** , chorégraphe,et la voix des ancêtres… Production : **Sofia Aouine** Réalisation : **Nathalie Battus**

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