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Des lieux et des hommes (2/4) : "Sainte Marthe ou l’esprit du lieu"

55 min
À retrouver dans l'émission

Un documentaire de Christian Rosset et Nathalie Battus

Sainte Marthe ou l'esprit du lieu
Sainte Marthe ou l'esprit du lieu Crédits : Camille Rosset - Radio France

Au printemps 1983, quand nous sommes venus une première fois prendre le pouls du lieu, ce quartier était peuplé essentiellement de Yougoslaves. En 1990, lors de notre seconde visite, c’étaient des Turcs (cette année-là, les pelleteuses démolissaient une partie non négligeable du quartier pour construire des bâtiments gris, vite mal vieillis). Puis des Africains, des Chinois s’installèrent, ces derniers dans la partie plus proche de Belleville. Aujourd’hui, alors que nous retournons sur place enregistrer pour la troisième fois, nous constatons qu’une nouvelle population est en train de s’installer : les « bobos », la place Sainte Marthe s’étant reclassée avec ses restaurants encore abordables, mais plus chics, tandis que la jeunesse locale fait des virées nocturnes dans les bars branchés, à proximité. La rue Sainte Marthe se trouve dans le Sud-est du 10e arrondissement de Paris. Elle part de la rue Saint Maur et s’achève rue de Sambre et Meuse. La rue Jean Moinon lui est parallèle. Ce quadrilatère délimite la Cité du Comte de Madre, édifiée au milieu du XIXe siècle : un des premiers ensembles de logements ouvriers de la capitale. Après avoir tenu bon pendant plus de 150 ans, après avoir failli être purement et simplement détruite, elle est aujourd’hui en voie de réhabilitation : comme un îlot hors la ville, hanté par la Gervaise de Zola, habité, encore et toujours par des populations de travailleurs pauvres sans cesse renouvelées).L’objectif de cette émission est d’entrecroiser ces trois visites (en privilégiant la plus récente) dans ce quartier de la rue Sainte Marthe afin de chercher à saisir « l’esprit du lieu » : ce qui reste prégnant, sensible ; ce qui résiste à la folie des hommes et à l’érosion des matériaux.

Ce “Dock” est dédié à Georges Perec (1936/1982) et Gérard Brassel(1940/1985).

Avec :Jean-Paul Flamand (présent lors des trois visites), sociologue, historien

Johannie Hartmann , architecte, urbanisteEt la participation de Théo Flamand (étudiant en architecture ayant vécu sa jeunesse dans le quartier) et d’un ouvrier anonyme travaillant sur le chantier de la Cité du Comte de Madre.

Archives :

Rencontre à l’École d’architecture de Paris La Villette, 1981, avec Georges Perec. “Le quartier de la rue Sainte Marthe” (Nuits magnétiques, 1983),

avec Jean-Paul Flamand, Gérard Brassel, peintre, initiateur de cette série de visites dans ce quartier,

Hariklija Trandafilovska Brassel, Macédonienne, professeur de langues, qui nous a ouvert les portes d’ateliers plus ou moins clandestins.“La tempête” (Atelier de Création Radiophonique, 1990), avec Jean-Paul Flamand et Hariklija Trandafilovska Brassel.

Ce “Dock” est dédié à Georges Perec (1936/1982) et Gérard Brassel (1940/1985).Production: Christian Rosset

Prise de son : Arthur Gerbault

Réalisation : Nathalie Battus

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