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"A un moment donné, j'ai réalisé que je ne comprenais plus la réalité. Je prenais la réalité pour un symbole. "Anna

Anna 29 ans, une expérience de la schizophrénie : "J'ai pris la réalité pour un symbole"

58 min
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Anna vit à Berlin dans un appartement avec vue sur la cour. Il y a un an, elle a été hospitalisée, car il y avait ces moments où la réalité s'engouffrait dans d'étranges territoires. La montée de l'angoisse. L'ennemi intérieur. Le diagnostic est tombé schizophrénie. Elle raconte.

"A un moment donné, j'ai réalisé que je ne comprenais plus la réalité. Je prenais la réalité pour un symbole. "Anna
"A un moment donné, j'ai réalisé que je ne comprenais plus la réalité. Je prenais la réalité pour un symbole. "Anna Crédits : Westend61 - Getty

Entre Paris, Naples, Londres et Berlin, Anna est devenue schizophrène. Elle avait vingt-neuf ans au moment du diagnostic. Un an après sa sortie de l’hôpital, nous avons retrouvé Anna à Berlin, dans son appartement, avec vue sur la cour. 

Un moment donné, j'ai réalisé que je n'étais plus en mesure de comprendre la réalité. J'ai pris la réalité pour un symbole. Tout était au deuxième degré. Il n'y avait plus rien de simple.

Elle revient sur la progression insidieuse de la maladie, l’inconscience dans laquelle elle était, entrecoupée de moments de lucidité extrême, le souvenir de l’angoisse, les différents hôpitaux où elle a été internée, mais aussi sur sa vie actuelle : son quotidien dans cet appartement berlinois, sa vie sociale, considérablement ralentie, la peur de la rechute et le regard qu’elle porte aujourd’hui sur la « normalité » et les frontières, ténues, qui la séparent de la folie.

Anna revient sur ses hallucinations qu'elle tente d'expliquer :

"Une de mes angoisses, c'est de voir des cafards. C'est une phobie vraiment. Donc du coup je voyais des cafards sur le sol. C'était très furtif, une seconde peut-être.  C'est un peu lorsqu'on sort de la maison et que l'on se demande si l'on a bien éteint le feu du gaz. On sait qu'on qu'on a verrouillé le feu, qu'il n'y a aucune raison d'être angoissé, mais on ne peut pas s'empêcher d'ouvrir la porte de la maison pour vérifier."

Production : Kristel Le Pollotec réalisation : François Teste

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