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Inventaire avant élections (2/4) : "Dans les Landes, pendant que l’Etat n’y est pas"

54 min
À retrouver dans l'émission

Un documentaire d'Olivier Chaumelle et Manoushak Fashahi

Route landais sous la neige
Route landais sous la neige Crédits : Radio France

L’immense massif forestier landais a été planté suite à un décret impérial de 1857. L’État d’aujourd’hui s’intéresse de beaucoup plus loin qu’alors à ce territoire, où la densité de population descend à 4 habitants par kilomètre carré, dans certains cantons. C’est appréciable, cette solitude, de l’avis général de celles et ceux qui y vivent.Les principaux services publics ont disparu du paysage, soit qu’ils aient été privatisés et ne voient plus aucun intérêt à desservir à grand frais des clairières introuvables, soit que l’État renacle à poursuivre sa mission, préférant la déléguer aux collectivités locales.Les transports publics sont singulièrement inexistants, et comme l’emploi est très éloigné des Landes de Gascogne, on fait couramment 150 km par jour pour aller au travail en ville. Le coût du plein de gaz-oil s’en ressent, et chaque panne est une catastrophe.Il y a eu pourtant, jusque dans les années soixante, un réseau de chemin de fer qui allait du Nizan jusqu’à Facture et Luxey. Les voies, déferrées, sont devenues pistes cyclables ; on peut y randonner dans une solitude complète.Naît de ces contraintes une entraide obligatoire, indépendante de l’estime qu’on porte aux gens : un service rendu amènera sa réciproque un jour ou l’autre.Solitaires, certes, mais soudés. Inféodés à l’automobile, à coup sûr, mais farouchement autonomes. Ici, l’économie n’est pas la même, un euro n’a pas la même valeur qu’à Bordeaux ou Paris. La chasse – petit et gros gibier – et la cueillette – deux heures dans les bois et vous ramenez cinq kilos de cèpes – ne sont pas négligeables dans l’alimentation d’un ménage.Il existe un service public auquel on ne pense pas immédiatement : celui des pompes funèbres. À Saint-Symphorien, une régie municipale a été créée pour les pompes funèbres, faisant économiser la moitiè du prix des obsèques aux familles. La régie s’occupe aussi de l’eau potable. Quand on n’a plus de services publics, dit Gérard Fernandez, on les invente.Il faut décidément être bien débrouillard, inventif et opiniâtre pour vivre par là-bas.Et ne pas trop compter sur l’État.Avec :Jean-Pierre Castro , ancien correspondant de Sud-OuestGérard Fernandez , employé municipal à Saint-SymphorienChristiane Filleau , historienne localeRaymond Lagardère et Jean-Paul Larrue , membres du Cercle Ouvrier de Saint-SymphorienFrançoise Leclerc , usagère de la ligne SNCF Bordeaux-LangonSoizic Le Lann , enseignantePhilippe Petit , ouvrierBernard Rouchaléou , directeur de l’association Pays des Landes de GascogneProduction: Olivier Chaumelle Réalisation : Manoushak Fashahi

Technicien : Nicolas Mathias

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