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L'homme et l'animal (1/4) - La barrière des espèces ? Une idée ? Une éclipse ?

55 min
À retrouver dans l'émission

L'homme et l'animal (1/4) - La barrière des espèces ? Une idée ? Une éclipse ?
L'homme et l'animal (1/4) - La barrière des espèces ? Une idée ? Une éclipse ? Crédits : Nathanael Charbonnier - Radio France

Un documentaire de Nedjma Bouakra et Clotilde Pivin De façon définitive, tracer une frontière entre l’Homme de l’Animal, poser une pancarte « barrière des espèces », et bâtir son refuge pour se prémunir tant de l’animalité que de notre fragilité humaine, serait chose aisée si les épidémies émergentes ne jouaient pas à saute mouton de l’homme à l’animal et inversement. Le mythe de la barrière des espèces s’effrite sous l’assaut des épidémies animales. En 1969, apparaissait soudain, au Nigeria une maladie virale nouvelle, atteignant les yeux : la conjonctivite hémorragique épidémique. Cette maladie fut baptisée par les Fons du Nigeria « Apollo 11 » du nom de la première mission sur la lune. En effet, pour les Fons, marcher par effraction sur la lune, laquelle personnifiait la sagesse du monde, ne pouvait être sans conséquence. Ces nouvelles maladies font couler beaucoup d’encre, mais elles n’ont souvent de nouveau que le nom, les agents infectieux sont bien plus anciens que l’humanité. Du paléolithique à nos jours, les maladies infectieuses se sont répandues à la vitesse des regroupements humains, de la constitution de cheptels, ou encore de la circulation sur la route de la soie ou de la Mecque, de la Traite négrière ou encore de la colonisation. Déjà, la peste arrivait par les navires et se répandait funestement. Elle demeure le symbole d’une calamité accablante. La question demeure comment circonscrire ces épidémies ? Alors que l’on dénombre plus de deux cents agents pathogènes chez la chauve-souris, comment éviter ce franchissement de la barrière des espèces ? De plus, il semble que selon les populations humaines, une véritable différence d’immunité provoque des inégalités devant des maladies. La fièvre jaune a décimé les Indiens d’Amérique et des populations africaines tandis que l’Asie ou l’Europe sont passées au travers. Ainsi, la grippe a ceci d’imprévisible qu’elle laisse algorithmes et probabilités sur la touche. Dès lors, comment la prévenir ? Le penseur Jean Pierre Dupuy, souffle l’idée du catastrophisme éclairé : « la catastrophe a ceci de terrible, qu’on ne sait pas qu’elle va se produire alors qu’on a toutes les bonnes raisons de penser qu’elle va se produire, mais une fois qu’elle s'est produite, elle apparaît comme relevant de l’ordre normal des choses…» Il faudrait prédire la catastrophe dans l’avenir…et se projeter dans l’après catastrophe… Drôle de ciel ! Drôle d’avenir. Seulement les maladies émergentes touchent à l’aveuglette l’animal et l’homme et rappellent à l’homme qu’il n’est pas la mesure de toute chose, n’en déplaise à nos chercheurs.

Avec : Docteur Pierre Tillaud , paléovirologue ; Docteur Arnaud Fontanet , épidémiologue à l’Institut Pasteur ; Docteur Jean-Marie Huraux , ancien chef de service virologie à la Pitié Salpétrière. Texte La Peste , de Thuclyde à Camus, en passant par Yourcenar. Lecture par John Berrebi . Productrice coordonnatrice : Irène Omélianenko Productrice déléguée : Nedjma Bouakra Réalisation : Clotilde Pivin

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