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Misia Sert, with her dog at a cafe in Venice.

Misia Sert, la "dévoreuse de génie"

59 min
À retrouver dans l'émission

Pianiste, poète, dédicatrice de « La Valse » de Ravel, « récolteuse de génies; tous amoureux d'elle : Renoir, Stravinski, Picasso ... » Bref, Misia Sert était la muse de tout Paris. Dans ce récit, nous oscillerons entre ombre et lumière, mystères et vérités en tenant de comprendre qui était Misia.

Misia Sert, with her dog at a cafe in Venice.
Misia Sert, with her dog at a cafe in Venice. Crédits : Horst P. Horst/Conde Nast - Getty

Née en 1872, d’origine polonaise, pianiste élève de Fauré, épouse successivement de Thaddée Natanson, le fondateur de la Revue Blanche, du magnat de la presse Edwards, du peintre Sert, Misia  fut l’une des plus célèbres mécènes et pygmalion à la croisée des arts. Tenant salon à Paris, elle fut l’intime de Mallarmé et de Picasso, l’inspiratrice de Proust et de Cocteau, le soutien de Diaghilev et de ses Ballets Russes. Elle a été peinte et célébrée par les plus grands artistes de son temps : Renoir, Vuillard, Bonnard, Toulouse-Lautrec, Vallotton… 

Après le décès en 1945 de son troisième époux, le peintre catalan Jose Maria Sert, Misia décide de dicter ses mémoires à son dernier confident, Boulos Risltelhueber. On ignore à peu près tout de ce dernier, qui fut le secrétaire de Sert et que ses amis surnommait « l’ectoplasme » ou encore « le plus élégant de nos fantômes ». Il s’agit cependant certainement de la dernière amitié romantique de Misia selon ses deux biographes américains les pianistes Gold et Fizdale. Une « amitié passionnée » comme la présentait parfois Boulos à qui Misia dévoila plus d’elle-même qu’elle n’en avait révélé aux hommes avec lesquels elle avait entretenu des relations passionnelles. Boulos hantait son appartement de la rue de Rivoli, légué par Sert, devenu un véritable entrepôt de souvenirs. C’est lui qui servait à Misia de pourvoyeur de morphine, drogue dont elle était devenue grande consommatrice à l’instar de son amie Coco Chanel. Mais si pour Chanel la drogue était un sédatif inoffensif, pour Misia elle représentait l’oubli… Devenue aveugle, triste et esseulée, la fin de la vie de Misia - elle mourra le 15 octobre 1950 à l’âge de 78 ans - est le plus sombre épisode, souvent passé sous silence, d’une vie exceptionnelle qui n’eut que peu de pareil dans la première moitié du XX° siècle. 

A l’aide d’une tentative de dialogue restituant ce qu’auraient pu être ses échanges avec Boulos, lors de la rédaction de ses Mémoires, s’articuleront les souvenirs de ceux l’ayant connue et des éclairages de personnes ayant étudié la place qu’elle a occupée dans les milieux des Arts et des Lettres. Une trajectoire impressionnante qui fit écrire à Proust qu’elle était « un monument d’histoire » et à Paul Morand : « Misia est placée dans l’axe du goût français comme l’aiguille de Louqsor dans l’axe des Champs-Elysées ». Dans ce récit, nous oscillerons entre ombre et lumière, mystères et vérités en tenant de comprendre qui était Misia et quelles traces elle laisse encore dans les mémoires. 

Un documentaire d'Alexandre Héraud et Yvon Croizier - Rediffusion de l'émission du 15 juin 2007

Avec :Isabelle Dauge-Godebski , fille du petit-neveu de Misia ; Denise Viennet , de la seigneurie de Peyrat ; Monique et Edouard Gellusseau  ; David Lamaze , auteur du "Cygne de Ravel", ed. Michel de Maule ; Dominique Marny , petite-nièce de Cocteau ; Misia  et ses parents Aurélie Godebska  et Lamine NDiaye .Et les voix de Nathalie Nerval  et Michel Hermon  sur un texte original de Jean Héraud .production : Alexandre Héraud réalisation : Yvon Croizier

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