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Prendre soin (1/4) : "La Policlinique Baudelaire : une médecine solidaire"

54 min
À retrouver dans l'émission

Premier volet d'un documentaire en trois parties de Claire Hauter et Christine Robert

Docteur Véronique Vasseur
Docteur Véronique Vasseur Crédits : Claire Hauter - Radio France
Docteur Véronique Vasseur Claire Hauter © Radio France « *La Policlinique est connue jusqu’à Bamako ! * », précise le **Docteur Véronique Vasseur** , qui dirige actuellement le service et reçoit ce matin Mme Denis, une vieille habitante du faubourg Saint-Antoine, et plusieurs patientes africaines. « *Mais* , précise-t-elle, i*l ne s’agit pas d’une consultation humanitaire, nous accueillons le tout-venant* ». Des SDF, certes, et des migrants aussi, qui tendent à être remplacés par une population qui vit au Nord-Est de la capitale et qui renonce peu à peu aux soins faute de moyens. Or, à la permanence, les patients peuvent se voir délivrer un « bon Baudelaire » leur permettant de bénéficier sans bourse délier des consultations de médecine générale ou spécialisée, de recourir aux examens complémentaires et de disposer des médicaments nécessaires à assurer leurs soins. La Policlinique Baudelaire est un de ces lieux ouverts sur la ville, d’où son nom de « policlinique » avec un « i », où se pratique encore au quotidien la santé publique de terrain au service de tous. Il existe à Paris d’autres Permanences d’accès aux soins de santé (PASS), mais celle de la Policlinique est unique en son genre. Son originalité consiste à proposer une prise en charge multidisciplinaire : médicale, paramédicale et sociale.Fondée en 1992 au sein de l’hôpital Saint-Antoine, elle fut d’abord une consultation de précarité : ouverte sans rendez-vous aux personnes sans prises en charge, sans domicile fixe, sans travail ou sans foyer fixe, avec des itinéraires parsemés de ruptures. C’était le vœu de son créateur, le **Docteur** **Jacques Lebas** , ancien cofondateur de Médecins du monde, qui avait fait sien ce précepte : « *On ne demande pas à un malade de quel pays et de quelle religion es-tu, on lui dit tu souffres cela me suffit, je te soulagerai* . »Ainsi, ont été accueillis et soignés à « Baudelaire » plus de 150 000 patients, représentant pas moins de quatre-vingt-cinq nationalités. La Policlinique travaille en réseau avec les Urgences de Saint-Antoine, mais aussi avec les médecins de ville, parfois dépassés par des pathologies complexes, ainsi qu’avec de nombreuses associations de la région parisienne : Médecins du monde, droits d’urgence, le Samu social, etc, qui adressent les patients à l’hôpital. Dans leurs boxes de consultation, explique le Docteur Olivier Cha, les médecins pratiquent une médecine générale complexe, au service de patients souvent porteurs de pathologies multiples et difficiles à cerner, dues à des parcours semés de ruptures. Les consultations sont longues et fouillées, comme celle qu’il engage avec un jeune homme d’origine chinoise qui semble dépressif ou la tentative de dialogue du **Docteur Isabelle Hiesse** avec une femme tchétchène qui ne parle pas un mot de français ou avec un toxicomane géorgien. Préalable immuable à la consultation médicale, chaque patient passe d’abord un entretien mené par des infirmiers d’expérience, comme **Sophie ** et **Laurent** , sous la houlette de la cadre de santé **Hélène Piquet** , capables de repérer un itinéraire médical chaotique et de discerner la nécessité d’une orientation sociale ou psychologique. Par leur engagement, médecins et infirmiers témoignent des valeurs d’hospitalité en l’absence desquelles il n’y a pas de cité. Le parcours de **Pei X** **u** , une jeune médecin fraichement diplômée, en témoigne singulièrement…Production : **Claire Hauter** Technique : **Yves Le Hors** , **Olivier Leroux** et **Stéphane Poitevin** Mixage : **Marie-Thérèse Ferrand** Réalisation : **Christine Robert**

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