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Le cheval sert de médiateur entre l'handicapé et les autres

Jules et Ponelle : la thérapie avec le cheval

55 min
À retrouver dans l'émission

Jules ne parle pas, ou peu. Il frappe pour dire, il crie pour révéler. Jules a onze ans, il est autiste. Il aura essayé d'autres activités pour rencontrer le monde et que le monde le rencontre, en vain... Jusqu’à Ponelle, un poney qui rassure et guide l’enfant dans ses pas à "l'extérieur".

Le cheval sert de médiateur entre l'handicapé et les autres
Le cheval sert de médiateur entre l'handicapé et les autres Crédits : Peter Lourenco - Getty

Admis dans une institution de jour, il rentre chez lui le soir et le week-end. Ses parents, qui doivent s’occuper aussi de trois autres garçons, ont cherché des activités pour Jules, en dehors de l’institution, pour lui faire rencontrer le monde et que le monde le rencontre. Piscine, sports collectifs, randonnées… Jusqu’à Ponelle. Haute comme trois pommes, toute rousse et pleine de poils. Un poney tout doux, qui rassure et guide l’enfant dans ses pas « à l’extérieur ». Aux côtés de Ponelle, il y a Nicolas Dupont, l’équithérapeute, l’homme qui ne parle pas qu’à l’oreille des chevaux, mais aussi à celles des personnes atteintes de handicap mental.

L’équithérapie, la rééducation par et avec le cheval, l’hippothérapie, la thérapie avec le cheval (les appellations sont encore éparses) se donnent l’ambitieux objectif d’aider l’handicapé en lui apportant un soin supplémentaire et en le faisant travailler sur ses déficiences sensorielles, ses carences intellectuelles, ses tics et ses tocs. Qu’elle soit entreprise sous l’axe de la psychomotricité ou de la psychothérapie, cette thérapie sert à aller mieux dans son corps, donc mieux dans sa tête. Les pathologies concernées varient de l’autisme à la schizophrénie. Alors dans ce long parcours semé d’embûches et de petits progrès, immenses parfois pour les spécialistes, le thérapeute et le cheval font équipe. La séance est à géométrie variable selon l’humeur du patient, son état de nervosité, sa disponibilité. Chaque fois, il faut s’adapter et innover pour impliquer le patient. Le cheval, joue, bien sûr un rôle fondamental car c’est lui qui fait le lien entre le patient et ce monde qui lui semble différent. L’animal ne parle pas et impose une autorité directe, et le patient comprend très vite qu’il n’appartient pas à la famille des hommes, alors il l’accepte et l’intègre. 

Un tremplin pour reprendre confiance et goût

Objet de pulsion, de fantasme et de transition, le cheval va faire avec le patient un long chemin, qui parfois mène à des « révélations ». La thérapie avec le cheval ne soigne pas, elle accompagne, elle soutient. Et va même plus loin que le handicap mental : certaines personnes y ont recourt à un moment fragile de leur vie, comme une béquille, un tremplin pour reprendre confiance et goût. « Mettre le pied à l’étrier », l’expression n’est pas vide de sens…Depuis 1969, date du premier mémoire universitaire consacré au sujet et soutenu de main de maître par Mme Renée de Lubersac, la thérapie avec le cheval n’a évolué que très lentement en France. Avec les mentalités. Au pas. Mais un sursaut survenu ces cinq dernières années pourrait bien reformater le canevas des activités para-médicales et accoucher d’une implantation sérieuse de la thérapie avec le cheval dans le parcours de soin du patient handicapé.

Avec :Renée de Lubersac , psychomotricienne, psychothérapeute, fondatrice de la FENTAC, Fédération Nationale de Thérapie avec le Cheval;Jules , Nicolas Dupont , la maman de Jules  et… Ponelle Brigitte Martin , présidente de la FENTAC ; Patrick Gohet , délégué interministériel aux personnes handicapées (Ministère du Travail) ;Sophie Feltrin , sous-directrice de l’institution pour autistes adultes « Le Cèdre Bleu » à Chaville (92) et Yamina , Enning , Maxime , des résidents.Josée Delacoux , co-présidente de la SFE, Société Française d’Equithérapie, nouvel organisme de formation créé en 2005 ;Claudine Prévost , ancienne patiente de Josée Delacoux, témoin, qui a eu recours à l’équithérapie après une dépression nerveuse ;Line Hamel , témoin, qui a eu recours à l’équithérapie après un cancer du sein.production : Laetitia Krupa réalisation : Guillaume Baldy

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