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"Varsovie : la culture en mouvement"

54 min
À retrouver dans l'émission

Un documentaire de Dominique Pruzak et François Teste

une pologne 2
une pologne 2 Crédits : Wojtek Wieteska - Radio France
Wojtek Wieteska - "Warsaw Station"©D.R. Quand on arrive aujourd’hui à Varsovie, ce sont les immenses rideaux publicitaires déroulés sur les façades qui vous accueillent. La dictature des marques et des slogans a remplacé celle des bâtiments uniformes et gris de l’ère socialiste. Côté Ouest, c’est la ville entièrement reconstruite après la seconde guerre mondiale avec ses buildings de verre, sa voie royale d’antan et ses cafés littéraires. Au milieu d’étudiants férus de discussions philosophiques, le nouvel urbain varsovien y cultive une dégaine de consommateur ostentatoire vaguement snob. Ici, on est intello avec “tout dans le look, coco” ! Très fashion victime et résolument à vélo. Mais on aime aussi penser à gauche et pratiquer la démocratie ouverte avec la revue Krytyka polityczna (La critique politique), neuf ans d’âge et une sacrée audace au regard de l’histoire contemporaine. A une encablure du café Nowy wspanialy swiat, géré par la revue, le paraître confine au sublime. Rue Mazowiecka, paradis des clubs paillettes et tendance, les nouveaux riches “bling blinguent” à volonté en faisant ronfler leur porche. Deux décennies après la fin des restrictions, le “people” a succédé à la nomenklatura. A l’Est de la Vistule, au contraire, la décontraction et le naturel se sont imposés voire posés en douceur. C’est le nouveau quartier des artistes. Nom : « Praga », petit village devenu grand au cours des siècles et abritant des usines, des ouvriers et des déshérités au gré des différentes vagues industrielles. En 1944, le quartier a échappé à la dernière destruction nazie car les troupes soviétiques y stationnaient en regardant brûler la ville sur l’autre rive de la Vistule. Depuis quelques années, les clubs indépendants y ont investi vieilles bâtisses et usines vides. Les lieux ont une âme. Certains adeptes du Berlin alternatif y retrouvent un air de famille, briques rouges et cours abandonnées. Les jeunes Polonais y vont à la recherche du temps jamais perdu car jamais connu. En effet, comment imaginer les magasins vides et le passeport gardé par la milice quand on a vingt ans aujourd’hui en Pologne ? En empruntant le nom de vieux objets pour baptiser les nouveaux clubs. Ainsi, l’un des plus fréquentés d’entre eux s’appelle “Saturator”, le mythique distributeur d’eau gazeuse de la PRL (la République Populaire Polonaise). Un autre club installé dans une sorte de grand moulin invite à l’ailleurs, en se nommant « Le rêve de l’abeille ». Finalement, personne n’échappe à ses racines, quelle que soit la partie de l’Europe ou du monde d’où il vient. A Varsovie en 2011, c’est à Praga qu’elles se recomposent au son des musiques nocturnes. Avec :**Piotr Banasiak** , sociologue ;**Aleksandra Bialkowska** , étudiante ;**Michal Borkiewicz** , directeur du club “Powiekszenie” ;**Bartosz Lazarski** , contrebassiste ;**Agata Passent** , écrivaine ;**Krzysztof Rogulski** , cinéaste ;**Paul Lasinski** , producteur de télévision.Production : **Dominique Prusak** Réalisation : **François Teste**

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