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Georges-Emmanuel Clancier, la poésie rassemblée

1h15
À retrouver dans l'émission

Par Stéphane Bonnefoi Réalisation : Gaël Gillon Georges-Emmanuel, né le 3 mai 1914 à Limoges, est un héritier du « changer la vie » d'Arthur Rimbaud et du « changer le monde » des surréalistes, passé par la découverte horrifiée de la seconde guerre mondiale : « la poésie digne de ce nom est toujours résistance » assure celui qui fut le correspondant clandestin de la revue de Max-Pol Fouchet, Fontaine, durant les années d'occupation. Il y publiera des poèmes, écrits le poing serré mais le coeur passionnément ouvert ("la poésie ne pouvait se défendre que selon ses lois propres, c'est à dire en chantant sous les coups"). Ce qui transpire de cette voix fine et sensible, c'est bien l'amour d'un engagement poétique « indissociable d'un humanisme, d'une promesse que quelque chose de plus humain se prépare ». Il y a chez Clancier la nécessité de "se rassembler" par l'écriture, comme le poète et le romancier sont, pour lui, indissociables. Clancier, proche en cela de Jean Tardieu, a toujours cherché à multiplier les approches (roman, poésie, théâtre, essai...). Soucieux de "sauver le temps" depuis son "enfance proustienne" (tuberculeux à l'âge de 15 ans il passe 4 années au secret, découvre la poésie et se met à composer ses premiers vers), il milite pour la réintégration de la narration dans la poésie. C'est ainsi que l'écrivain rêve d'unir la prose au poème, le temps vertical du poète au temps horizontal du romancier. Sa plus belle réussite dans cette quête est sans conteste L'éternité plus un jour (1969). Convoquer Clancier, c'est aussi évoquer l'histoire littéraire du XXe siècle et ses nombreuses amitiés, de Queneau à Tardieu, en passant par Max-Paul Fouchet ou Claude Roy. Quelques jalons de son engagement poétique : son premier recueil, Temps des héros est publié en 1943 dans les Cahiers de l'école de Rochefort. Il sera repris quelques mois plus tard dans Le paysan céleste (Robert Laffont). Une voix (1956 - Gallimard), Passagers du temps (1991 - prix Goncourt de la poésie - Gallimard) ou encore Contre-Chants (Gallimard, 2001). Le romancier, lui, fut révélé au grand public à la fin des années 50 grâce à une tétralogie, Le pain noir, récompensée par le prix de la SGDL en 1957 et qui sera adaptée pour la télévision en 1974 par Serge Moati. L'éternité plus un jour est publié en 1969. Les auditeurs de France Culture ont pu entendre une adaptation radiophonique de ce texte, laquelle adaptation a donné naissance en 2005 à une nouvelle édition (La table ronde). Georges-Emmanuel Clancier a également reçu le Prix des libraires en 1970 et le Grand prix de l'Académie française en 1971. Homme de radio, Clancier entrera à Radio-Limoges dès la libération de la ville en septembre 1944 pour finir sa carrière en 1975 comme chef du service central des textes de l'O.R.T.F. après avoir été secrétaire général du comité des programmes de la RTF, adjoint du directeur général Wladimir Porché. Pour Clancier, la radio réalise le rêve d'Apollinaire : « unir la tradition à la modernité. Modernité puisqu'elle est l'expression vivante du monde actuel. Tradition puisqu'elle joue le rôle que jouaient jadis les troubadours »... Georges-Emmanuel Clancier a 92 ans et vit à Paris. Il travaille actuellement à la rédaction de ses mémoires.

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