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Louis Jou (1881-1968) : architecte du livre

1h15
À retrouver dans l'émission

Par Jean Pietri Réalisation: Anna Szmuc Louis Jou compte parmi les plus grands artistes du livre du XXème siècle. Né à Barcelone, Louis Jou devient peintre calligraphe dès l'âge de 16 ans. Il monte à Paris en 1906, rencontre bientôt l'imprimeur typographe François Bernouard avec lequel il s'associe. C'est l'époque où il fréquente Dunoyer de Segonzac, Apollinaire, Emile Bernard, Francis Carco, etc.... A partir de 1916, il commence son oeuvre de typographe et d'artiste graveur. L'année suivante, il rencontre André Suarès : entre l'artiste du livre et l'écrivain-poète, c'est le début d'une amitié et d'une collaboration qui donnera naissance à plusieurs chefs-d'oeuvre (en particulier l'admirable Musiciens, en 1931). Dans ses ateliers, rue du Vieux-Colombier dans les années vingt, puis aux Baux-de-Provence à partie de 1940, Louis Jou réalise ce qu'aucun artisan du livre n'avait fait avant lui.Cas unique, tout est de lui dans ses ouvrages : dessins, gravures de caractères, composition, mais aussi dessins et gravures des illustrations, frontispices, bandeaux, lettrines ornées et culs de lampes, pressage, décoration de reliure. Xylographe, graveur sur métal, Jou dessine et fond ses propres caractères. S'inspirant des maîtres du XVème siècle, il renouvelle l'art typographique (les Sonnets pour Hélène de Ronsard en 1927). Depuis le dosage des pâtes à papier jusqu'aux décorations des reliures des livres sortis de ses presses, dessins des fers ou enluminures, aucune étape de la fabrication ne lui échappe. Ainsi ses oeuvres se distinguent par leur unité de conception, leur beauté proprement architecturale. Louis Jou a inventé, ou réinventé en méditant l'exemples des incunables, un langage graphique original qui entre en dialogue avec le texte (Le Prince de Machiavel, 1921 ; le Discours de La Boétie, 1922). La virtuosité et la diversité de ses compositions typographiques peut être surprenante : dans son Montaigne, elles se déploient en forme de calices, d'amphores, de frontons de temples... En 1940, Louis Jou s'installe aux Baux-de-Provence. Il restaure les ruines de l'Hôtel de Brion et avec l'aide du jeune Pierre Seghers, son disciple et ami, il y installe les presses de l'atelier où il travaillera jusqu'à sa mort. L'Hôtel Jean de Brion est aujourd'hui le siège de la fondation Louis Jou. La bibliothèque de l'artiste, sa collection de gravures anciennes, ses trois presses à bras et tous ses caractères y sont conservés.

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