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Michaël Sebban

Des mots à l’œuvre : Aboulafia et les lumières de l’intellect. 2/2 Une métaphysique du langage

32 min
À retrouver dans l'émission

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Michaël Sebban
Michaël Sebban Crédits : Beith Hazohar - Radio France

André Malraux aurait dit un jour : « Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas ! ». Certains disent que la formule était « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas », et d’autres « Le XXIe siècle sera métaphysique ou ne sera pas. » et d’autres encore : « Le XXIe siècle sera mystique ou ne sera pas » ! 

Malraux l’a-t-il écrit, ou seulement dit ? Ce n’est pas la vraie question ! Ce qui importe c’est l’insistance avec laquelle, quelles qu’en soient les variantes, cette phrase revient dans le discours d’une société, témoignant d’un souci, d’une volonté de comprendre où nous en sommes et où nous allons.

Bien sûr les mots « religieux », « spirituel », « métaphysique », « mystique » ne sont pas interchangeables mais ils disent quelque chose d’un besoin d’ailleurs, de transcendance diront les philosophes, d’horizon lointains qui nourrissent l’imagination et surtout l’espoir d’un monde différent, voire meilleur ajouteront certains.

J’aime à me souvenir alors de cette réflexion que Camus place en ouverture de son article consacré au philosophe Brice Parain et sa philosophie du langage, article intitulé Sur une philosophie de l’expression :

« II n'est pas sûr que notre époque ait manqué de dieux. On lui en a proposé beaucoup, et le plus souvent bêtes ou lâches. Il semble bien, au contraire, qu'elle manque d'un dictionnaire. C'est une chose, du moins, qui paraît évidente à ceux qui espèrent pour ce monde, où tous les mots sont prostitués, une justice claire et une liberté sans équivoque. » 

Oui, plus que jamais, nous avons besoin de dictionnaire et sans doute est-il urgent d’entendre, de comprendre et de différencier les mots évoqués plus haut, et se demander pour continuer le voyage inauguré la semaine dernière avec Abraham Aboulafia et Michel Valensi, qu’est-ce qu’exactement la « mystique » ?

Qu’elle est sa place dans une religion, quelle spiritualité cherche-t-elle à construire, sur quelle métaphysique ouvre-t-elle ?

Questions qui dans le contexte du judaïsme invitent à se demander si le mot « Kabbale », qui en est la traduction classiquement donnée, ne serait pas la clef qui nous permettrait de voir plus clair dans cette forêt de vocables énigmatiques et fortement polysémiques ? ! 

Mais la Kabbale elle-même n’est pas une, elle possède au sein même du judaïsme différents courants, différents auteurs, différentes périodes comme l’a magistralement exposé Scholem dans les « Grands courant de la mystique juive ». 

Dès lors ne faudrait-il pas partir d’un auteur et d’une œuvre singulière, d’une œuvre étalon qui nous permettrait de définir, de mesurer, d’évaluer, de comparer et de fil en aiguille découvrir et comprendre la définition de la Kabbale d’abord, puis les spécificités et les différences de cette mystique avec les autres, à la fois à l’intérieur du judaïsme et avec celles des autres traditions religieuses?

L'invité

Michaël Sebban, est l’un des meilleurs spécialistes de la Kabbale en France aujourd’hui. 

Un Kabbaliste qui a les pieds sur terre ou sur mer si l’on peut dire, car il est aussi romancier, surfeur et professeur de surf. 

Après une Hypokhâgne et une Khâgne à Bordeaux et des études de philosophie, il devient professeur de philosophie en zone d’éducation prioritaire. 

Il fut le dernier secrétaire du philosophe Benny Lévy qui fut lui-même le dernier secrétaire de Sartre. 

Michaël Sebban est directeur de l'Institut Beith Hazohar, ( la « maison du Zohar »),  un lieu d’étude et d’édition qui enseigne et diffuse la Kabbale. Il est auteurs de nombreuses traductions et de commentaires sur la mystique juive.

Les archives sonores

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Le livre présenté dans l'émission

Abraham Aboulafia, Lumière de l’intellect, Or ha-Sekhel  , אוֹר הַשֶּׂכֶל

Éditions de l'éclat et Beith Hazohar

Présentation de l'éditeur

Texte hébreu établi, traduit et annoté par Michaël Sebban.

Dans l’océan textuel et conceptuel de la tradition cabalistique, la  figure d’Abraham Aboulafia surgit, portée par une biographie en forme  d’auto­biographie qui étonne autant qu’elle fascine. 

Né à Saragosse en  1240 de l’ère commune, Abraham ben Samuel Aboulafia rend compte dans ses  ouvrages de ses pérégrinations méditerranéennes qui le porteront  jusqu’aux remparts de Saint-Jean d’Acre à la recherche du fleuve  Sambatyon.

Mais, dans le parcours de cette vie vagabonde entre la Grèce  et l’Italie, Byzance et l’Espagne, l’événement sans précédent qui  marquera les esprits et la chronique, c’est la non-rencontre avec le  pape Nicolas III en 1280.

Les visions qu’il décrit alors, la  «mission messianique » dont il se dit porteur, la mort soudaine du  pontife au moment de l’arrivée d’Aboulafia à Rome, son emprisonnement,  puis sa libération qui signe le début d’années fructueuses sur les  terres siciliennes, où disciples et détracteurs se succèdent, enfin son  excommunication et sa disparition mystérieuse sur la petite île de  Comino dans l’archipel maltais – tout cela scelle à jamais un destin  hors du commun dans le ciel de la pensée juive.

Lumière de l’intellect (’Or ha-Sekhel), écrit à  Messine vers 1283, édité, traduit et annoté ici à partir de trois de ses  plus importants manuscrits, est sans doute l’œuvre la plus complexe et  complète d’Aboulafia. 

« Il est indispensable de publier ... tous les  livres d’Abraham Aboulafia, la personnalité la plus importante parmi les  cabalistes qui nous sont connus à ce jour. Il faut en tout cas  commencer par ... le ’Or ha-Sekhel... » écrivait Gershom Scholem à H. N. Bialik en 1925. C’est aujourd’hui chose faite.

Lumière de l'intellect
Lumière de l'intellect Crédits : Editions de l'éclat - Radio France

On pourra écouter le premier volet de cette émission avec Michel Valensi

Des mots à l’œuvre : Aboulafia et les lumières de l’intellect.   1/2 Une aventure éditoriale.

Conseils de lecture pour entrer dans l’œuvre d'Aboulafia.

Gershom Scholem, La Cabale du Livre de l'image & d'Abraham Aboulafia, Préface de Saverion Campaninin, éditions de l'éclat, 2019. Et spécialement p. 92 à 207    

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