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Dire la Nation: les sources médiévales

32 min
À retrouver dans l'émission

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Marc-Alain Ouaknin reçoit l'historienne Juliette Sibon.

Programmation musicale - La marche du 11 janvier 2015

  • Björk, is so Quie t, 1995

Texte cité - Valère Novarina, Devant la parole , POL, 1983, p.60.

l'invitée Juliette Sibon est Maître de conférences en Histoire du Moyen Âge - Université d'Albi et Directrice de la Nouvelle Gallia judaica - LEM - UMR 8584

Programme du colloque 21 et 22 janvier 2015

Colloque organisé par Juliette Sibon et Claire Soussen,

en collaboration avec la Société des Études Juives, l’IRER et la Nouvelle Gallia judaica.

Avec la participation de Ram Ben-Shalom,Robert Chazan, Claude Denjean, Sylvie-Anne Goldberg, Maurice Kriegel, Céline Martin, Natalia Muchnik, Mauro Perani, Adeline Rucquoi, Danièle Sansy, Pierre Savy, Judith Olszowy-Schlanger, Daniel Tollet, Israël Yuval.

Programme en ligne : societedesetudesjuives.org

Inscription au colloque Inscription obligatoire par mail à l'adresse suivante : sibonjuliette@aol.fr

Livre de l'invitée Les juifs de Marseille au XIVe siècle

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"La forte minorité juive de la ville de Marseille au XIVe siècle, grand port de commerce et de guerre de la Provence angevine, est représentée dans les sources latines par une frange élargie de notables. Les élites juives urbaines marseillaises, seules tangibles dans la documentation, se composaient de dizaines de familles. Parmi elles, quelques figures émergent, tel le célèbre Bondavin de Draguignan, mort en 1361, ou encore Salomon de Bédarrides et son beau-frère Cregut Profach pour la seconde partie du siècle. Le rayonnement intellectuel de la communauté juive marseillaise ne fait aucun doute. Des dizaines de médecins en étaient issus, ainsi que des talmudistes de renom, à l'instar d'Aaron de Camera, puis de Bonjuson Bondavin, familier de la reine Marie et du roi Martin Ier d'Aragon à la fin du siècle. Ces élites, qui investissaient dans le crédit, l'entreprise artisanale et commerciale - celle du corail en particulier -, ainsi que dans la terre et dans la pierre, cultivaient des liens avec leurs coreligionnaires de Proventsa et de Méditerranée occidentale - Catalogne, Baléares et Sardaigne. Leur commerce s'étendait jusqu'au Levant, voire au-delà : les chapelets de corail marseillais étaient prisés jusqu'en Chine et en Inde. Ce livre, fruit de la thèse de doctorat de l'auteur, analyse les modalités de la pérennité de la communauté juive de Marseille, dont les élites se signalent, même après la Peste noire de 1348, par une grande confiance dans leur présent et leur avenir. Certes, affleurent quelques manifestations d'hostilité, symptomatiques de la conception négative du judaïsme en Occident chrétien. Mais, en dépit de leur infériorité juridique justifiée par leur condition d'infidèles, les citoyens juifs de Marseille faisaient partie intégrante de la civitas. Qui plus est, les notables juifs trouvèrent dans le prêt à intérêt une technique de contact avec le patriciat urbain chrétien. L'amicitia, l'accumulation patrimoniale, le choix du nom et de sa transmission sont autant de signes de l'élitisme d'une part, et du mimétisme avec la noblesse urbaine chrétienne d'autre part. Les efforts des rabbins pour maintenir le mur du rite entre juifs et chrétiens révèlent le comportement des élites juives suffisamment sûres d'elles-mêmes pour ne pas craindre le rapprochement avec la société majoritaire et pour trouver le salut, non dans le repli sur soi, mais dans les échanges et la mobilité." (Notice de l'éditeur)

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