LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Il était une Loi

31 min
À retrouver dans l'émission

Halakha et Aggada

Crédits :

"Rencontrer le judaïsme c’est très vite rencontrer un mot clef. Le mot Tora ! Un mot qui désigne à la fois le texte des cinq livres de Moïse et la Loi de manière générale. Le pluriel d’ailleurs Torot, se traduit justement par les lois.

Cependant Il suffit d’ouvrir ce livre de la Tora pour s’apercevoir immédiatement qu’il est n’est pas seulement question de Loi puisque la Genèse par exemple est le récit de la création du monde, de la création de l’homme et de la femme, du déluge de l’histoire très concrètes des patriarches et de Joseph, L’Exode qui suit raconte l’esclavage d’Égypte et la sortie d’Égypte sous la conduite de Moïse et le Livre des Nombres et le Deutéronome est le récit de l’errance des hébreux dans le désert pendant quarante ans avant leur entrée dans la terre de la promesse.

C’est au cœur de ces récits que sont formulées les lois dont les célèbres Dix commandements, qui d’ailleurs, en hébreu, s’appellent les Dix paroles.

Des lois et des règles qui concernent la vie rituelle, sociale, économique ainsi que le statut personnel des fidèles.Le texte de la Tora, appelé plus précisément Loi écrite, est ainsi un grand tissage de textes narratifs et de textes prescriptifs ou pour le dire de manière encore plus précise la Tora est un texte, un tissu fait de fils narratifs et de fils prescriptifs et supprimer l’une de ces deux catégories serait défaire la texture même de ce tissu.

Cette double nature, narrative et prescriptive de la Tora écrite se retrouve dans l’immense commentaire que constitue le Talmud, appelé aussi Loi orale. Des milliers de pages où la loi est analysée, commentée, discutée, tranchée, mais toujours ouverte à des modifications, des amendements, des réformes, mais toujours énoncée dans cette texture à la fois narrative et prescriptive. Deux catégories fondamentales du judaïsme qui portent en hébreu les noms de Halakha pour la dimension juridique du texte et de Aggada pour sa dimension narrative. Étymologiquement Halakha, veut dire, "démarche", "loi", « conduite », « conduite de vie » et Aggada signifie, « dire », "récit", « raconter », s’opposer ».

Ce binôme qui a passionné les érudits, les politiques, les écrivains, et les poètes, a cependant souvent été oublié. En effet, certains maîtres ont commenté spécifiquement la loi, la Halakha, d’autres spécifiquement les récits, la Aggada. On a pu aussi, tout au long de l’histoire, lire des plaidoyers pour l’une ou l’autre de ces catégories qui, pour leurs auteurs, étaient en risque de disparition, on pense au Maharal de Prague par exemple et son plaidoyer pour la Aggada. Mais rares sont ceux qui ont articulé les deux et ont pensé et enseigné la nécessité fondamentale de leur articulation.

La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle et leur bouleversements politiques divers fut un temps qui invita les penseurs, les érudits, les historiens, les écrivains, les hommes de sciences et les poètes, dans le monde juif mais pas seulement, à réinterroger la question des liens entre la pensée et l’action.

Et c’est à Hayyim Nahman Bialik, né en 1873 et mort en 1934, l’un des plus importants poètes de la littérature hébraïque moderne que l’on doit un article qui fit date et dont le titre est justement Halakha ve Aggada. Un article devenu un livre que les éditions de l’éclats proposent aujourd’hui en traduction française qui vient de paraître sous le titre Halakha et Aggada, introduisant ainsi dans le champ intellectuel de langue française deux mots dont l’importance, on va le voir, dépasse de loin le cadre de la pensée strictement biblique ou talmudique, et pour en parler j’ai le plaisir de recevoir Michel Valensi le directeur des éditions de l’éclats à qui l’on doit cette initiative." [Présentation de l'émission]

L'invité

Michel Valensi

Michel Valensi est éditeur et traducteur; il a fondé les Éditions de l’Éclat en 1985 avec Patricia Farazzi. Il vient de faire paraître le livre Halakha et Aggada de Hayyim Nahman Bialik.

programmation musicale

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Livre présenté dans l'émission

Halakha et Aggada de Hayyim Nahman Bialik.

Tarduction Jean Getzel, avec une postface du traducteur et de l'éditeur.

"D’un côté la loi, de l’autre le récit, d'un côté la Halakha, de l'autre la Aggada. Telles sont les deux grandes notions du Talmud, traditionnellement opposées, et qui pourtant, dans ce texte de Bialik, sont imbriquées dialectiquement au point d’amorcer une révolution dans la pensée juive, un bouleversement qui en révèlerait l’unité paradoxale. Il n’est pas étonnant, dès lors, que « lorsque sa traduction parut en 1919, il impressionna très fortement Walter Benjamin, qui le considérait comme “absolument exceptionnel”, ce qu’il était effectivement », écrit Gershom Scholem." (Présentation de l'éditeur)

Crédits :

Site des éditions de l'éclat.

http://www.lyber-eclat.net/

Hayyim Nahman Bialik 1873-1934

Hayyim Nahman Bialik
Hayyim Nahman Bialik Crédits : D.R.
Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......