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La coutume du Tashlikh par Aleksander Gierymski, 1884

La vie en toutes lettres 2/2 "Un présent pour le futur"

31 min
À retrouver dans l'émission

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La coutume du Tashlikh par Aleksander Gierymski, 1884
La coutume du Tashlikh par Aleksander Gierymski, 1884 Crédits : DR - Radio France

Ce soir commencera la fête de Chavouot, qui dans la tradition juive tombe toujours le cinquantième jour, la pâque juive la fête de Pessah. C’est donc littéralement la pentecôte qui dans la tradition biblique est l’une des trois fêtes de pèlerinage où l’on montait à Jérusalem et était appelée aussi la « fête de la moisson » et des prémices. 

Dans la tradition talmudiques les Maîtres ont donné une seconde signification à cette fête, celle du don de la Tora qui aurait donc eu lieu 50 jours après la sortie d’Égypte, le Six du mois de Sivane au mont Sinaï. Don des "Dix Commandements" et plus littéralement des "Dix paroles". Événement de la Révélation, non de Dieu, mais de la Loi gravée sur des tables de Pierre, les fameuses « Tables de la Loi ». Puis deviendra avec les cinq livres de Moïse ce que l’on nomme jusqu’à aujourd’hui la Loi écrite ou Tora Chébikhtav

Le don de la Loi va devenir une aventure intellectuelle culturelle et existentielle passionnante car avec le temps la loi va évoluer dans sa forme et dans ses contenus. Car dès la Révélation au mont Sinaï celle-ci fut accompagnée du don de règles d’interprétation permettant le développement de la Loi, des ses ajustements, de son évolution et de ce qui fait son caractère fondamental d’être toujours dynamique et en mouvement au point que la Loi prit le nom de halakha c’est à dire « celle qui marche, qui avance ». 

L’ensemble des interprétations et des ajustements et des créations de nouvelle lois et la jurisprudence qui en permit l’application selon les différentes situations, se sont transmises de génération en générations de manière orale, ce qui constitua le Talmud. 

Soixante-trois traités, des milliers de pages, des centaines de maîtres et une réflexion dialoguée toujours riche et subtile, accompagnée d’anecdotes, de récits, de proverbes et d’un ensemble de propos de sagesse qui constitue la philosophie même du judaïsme et qui fut appelée Loi orale, Tora ché beal pé, même après avoir été mise par écrit.

Mais avec le temps, l’exil, la dispersion aux quatre coins du monde, la loi se transforma au gré de mille coutumes, coutumes populaires et savantes ne concernant parfois qu’une ville, un village ou ne serait-ce qu’une seule synagogue. Et il y eut un temps où certains maîtres choisirent de mettre par écrit ces coutumes, minhagim en hébreu, qui étaient, pour la très grande majorité restées orales et parfois même simplement pratiquées sans avoir été formulées.

L'invité

Jean Baumgarten (CNRS) est spécialiste du monde ashkénaze et du hassidisme. Il est l’auteur, entre autres, de Histoire d’une langue errante, 2002 ; La Naissance du hassidisme, 2006 ; Le Baal Shem Tov, 2020, chez Albin Michel. 

Aux éditions de l’éclat, il a publié : La Légende de Yosef della Reina, activiste messianique (2018), et co-écrit, avec Patricia Farazzi, la Vie  imaginée de Shimon Guenzburg, éditeur typographe du XVIe siècle, à  partir de sa correspondance avec Tirzah Adelkind, jeune fille  vénitienne, qui paraît en même temps que ce livre.

L'archive sonore

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Le livre de l'invité

Jean Baumgarten, Des coutumes qui font vivre, suivi du Séfer haminhaguim Shimon Guenzburg, éditeur typographe du XVIe siècle, aux éditions de l’Éclat 

Présentation de l'éditeur

"Dans la société juive d’Europe centrale (Ashkénaz), les coutumes (Minhagim)  jouent un rôle majeur et sont le résultat d’un processus de  sédimentation d’usages et de discussions rabbiniques accumulées au fil  du temps.

Selon le Talmud, il arrive même que « la coutume efface la  loi » dans le registre des règles régissant la vie de la communauté.  Elle devient alors règle elle-même qui fait autorité, aussi bien pour  l’individu que pour la collectivité.

De nombreux Sifrei ha-Minhagim  (Livres des coutumes) furent ainsi écrits en Europe entre le XIVe et le  XVIIe siècle au moment où l’imprimerie s’implantait et le livre de  Shimon Guenzburg, qui parut à Venise en 1593, a la particularité d’avoir  été écrit en langue yiddish littéraire. 

Quel est le rôle du livre de  coutumes? Qui en sont les auteurs? Que transmettent-ils de la vie de  populations en but à la persécution et à l’exil?

Notre édition, composée d’une longue introduction sur l’histoire de  ces ouvrages, ainsi que sur cet auteur et ce livre en particulier, en  propose une traduction annotée qui insiste sur la dimension populaire de  la littérature en yiddish, et nous informe jusque dans les moindres  détails de ce que fut la vie juive des communautés ashkénazes, qui  durent le plus souvent fuir leur pays d’accueil pour trouver refuge en  Italie, comme ce fut le cas de ShimonHa-Levi Guenzburg, où il contribua à  l’essor de l’imprimerie de livres juifs à Venise et dans sa région."
 

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. Crédits : . - Radio France
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