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Nathan Wachtel

Les marranes du Nouveau Monde : l'histoire continue. 1/2 Pourquoi le Pérou ?

32 min
À retrouver dans l'émission

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Nathan Wachtel
Nathan Wachtel Crédits : DR - Radio France

La fête de soukkot, ou fête des cabanes, qui a commencé vendredi soir dernier possède au moins trois significations. Ayant toujours lieu en automne, c’est tout d’abord la « fête de la récolte, » elle marque la fin du cycle agricole annuel, et le rite du loulav, le bouquet des quatre espèces composé de fruits et de branches d’arbres le souligne avec force. Ensuite soukkot commémore la vie fragile des hébreux dans le désert après la sortie d’Égypte, dont la cabane, la soukka en porte la mémoire de génération en génération. 

Enfin à partir de la période talmudique Soukkot est aussi devenue la fête de l’amitié, du souci de l’étranger et du dialogue avec les nations. Occasion, de réfléchir sur les identités humaines, non pour construire un séparatisme ou un communautarisme étriqué mais au contraire pour réfléchir aux conditions de possibilités d’une vie politique saine, comment construire une vie commune malgré les différences, mieux ensemble, enrichi grâce aux différences. 

Soukkot est une fête à l’heure des nations pour user d’une expression phare de Levinas. 

Les identités se construisent avec des textes, des idées, des gestes, des échanges et un ensemble d’éléments qui les manifestent qui en sont la monstration sans nécessaire démonstration. Mais parfois, au cours de l’histoire ces identités sont brouillées, effacées, dissimulées, mises au secret. Par confort quelquefois mais par survie d’autres fois. 

C’est le cas de l’identité marrane qui, comme l’explique Gérard Nahon, désignait au commencement de son usage des musulmans ou des juifs convertis mais dont on jugeait que la conversion était feinte ». 

Le phénomène « marrane » dont les effets se font sentir jusqu’à aujourd’hui dans toutes les transmissions emprunta des voies cachées, discrètes, voire secrètes. Un phénomène qui construisit des identités hybrides comme Derrida le suggéra en son temps, s’inscrivant dans des filiations toutes aussi importantes et différentes qui inspirèrent Freud ou Spinoza. 

Cependant, en ce qui concerne le marranisme historique, celui qui s’enracine dans l’Espagne ou le Portugal du XVI siècle, on aurait pu croire qu’il est une page définitivement écrite, que toutes les découvertes dans ce domaine ont été faites !  Et pourtant ! … Oui et pourtant…nous allons découvrir avec notre invité du jour que le marranisme est aujourd’hui encore bien vivant.

L'invité

Nathan Wachtel naît à Metz le 8 avril 1935. 

Agrégé d'histoire en 1963, il prépare une thèse en histoire qu'il soutient en 1969.

Il consacre ses recherches à la vision de la conquête espagnole par les  populations du Pérou, en se basant sur les sources orales et les  sources écrites incas en espagnol. 

Nommé directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales en 1976 

Nathan Wachtel est professeur au Collège de France  de 1992 à 2005, où il est titulaire de la chaire d'Histoire et  d'anthropologie des sociétés méso-américaines et sud- américaines

Nathan Wachtel est considéré comme le meilleur spécialiste de ces sociétés, en particulier des Marranes au Brésil.

Ses recherches se basent sur les archives de l'Inquisição na América, essentiellement dans les procès contre les judaïsants. 

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Le livre de l'invité

Editions Chandeigne
Editions Chandeigne Crédits : Nathan Wachtel - Radio France

Présentation de l'éditeur

"La population de la petite ville de Celendín dans la région de Cajamarca  au Nord du Pérou à la réputation d'être d'origine judéo-portugaise.  Selon la tradition orale, plusieurs "indices" conforteraient cette idée :  les habitants de Celendín auraient la peau "la plus blanche de tout le  Pérou", et ils s'adonneraient au commerce ou aux études, ce qui  expliquerait qu'ils voyagent toujours autour du monde, comme le "Juif  errant". Par ailleurs, dans les années 1989-1991, la région Nord du  Pérou (Trujillo, Cajamarca, Celendín, etc.) fut le théâtre d'une  conversion collective au judaïsme orthodoxe de plus de cent personnes,  suivie par de nombreux départs pour Israël. 

Ces faits curieux sont à  l'origine d'une enquête aussi érudite que passionnante qu'a menée le  spécialiste de l'Amérique latine et du marranisme, Nathan Wachtel,  professeur au Collège de France, sur les origines juives portugaises de  cette ville. 

D'où vient la réputation de l'origine juive portugaise de  Celendin ? 

Ceux qui se sont officiellement convertis au judaïsme seraient-ils les descendants des nouveaux-chrétiens du temps de  l'Inquisition ? 

Existe-t-il encore des traces de coutumes familiales qui manifesteraient une mémoire marrane - plus ou moins consciente ? 

Fidèle  à la méthode de l'anthropologie historique, Nathan Wachtel révèle  l'étonnante histoire de ces communautés, interrogeant leur identité.  

Mêlant enquête de terrain et documents d'archives, il fait d'incessants  allers-retours entre le passé et le présent à travers la lecture des  mythes et témoignages oraux. 

En historien et en anthropologue, l'auteur  fait ainsi participer le lecteur à l'enquête et développe une  démonstration magistrale."

Lecture pendant l'émission

Livia Parnes

L'équipe
Production
Réalisation
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