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Sholem Aleikhem

Sholem Aleikhem : L'écrivain du peuple

32 min
À retrouver dans l'émission

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Sholem Aleikhem
Sholem Aleikhem Crédits : DR - Radio France

REDIFFUSION du 9/2/2020

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« Au début des temps, il y  eut des gens pour raconter et des gens pour les écouter, ensuite il y eut des gens pour écrire et d’autres pour lire, et puis, entre celui qui écrivait et celui qui lisait il y  eut le livre. 

On ne sait pas ce que c’est qu’un livre, personne ne le sait, mais on sait quand il y en a un. C’est quand l’on sent que l’on n’est pas encore mort ! 

Cette profonde réflexion que j’ai trouvée chez Marguerite Duras, "sentir que l’on n’est pas encore mort", c’est je crois ce que l’on ressent en découvrant ou en redécouvrant l’œuvre de Sholem Aleikhem, célébrissime auteur yiddish qui a réjoui de sa plume des centaines de milliers de lecteurs. 

Une œuvre dont nous avons commencé à parler la semaine dernière avec deux de ses traductrices à l’occasion de la sortie d’un très joli petit coffret aux édition de l’Antilope qui contient deux titres « Les mille et une nuits de Krushnik » et « Guitel Pourishkevitsh et autres héros dépités ».

Nadia Déhan-Rotschild et Evelyne Grumberg c’est un grand plaisir de vous retrouver cette semaine pour poursuivre notre voyage dans l’œuvre et autour de Sholem Aleikhem car j’aimerai que nous abordions aujourd’hui l’héritage de ce grand écrivain.

Ce matin Gilles Rozier, votre éditeur nous a rejoint pour que nous formions un quatuor Klezmer qui va s’interroger sur la postérité de Sholem Aleikhem et son actualité dans le monde d’aujourd’hui.

Les invités

Les invitées

Evelyne Grumberg est traductrice du yiddish :   Archives Ringelblum : archives clandestines du ghetto de Varsovie, Lena  Jedwab, Rozenberg, Moyshe Nadir et Sholem-Aleikhem. 

Elle a conçu de nombreuses expositions autour de la littérature  yiddish et a été pendant de nombreuse responsable de projet éditoriaux à  la Maison de la culture yiddish – Bibliothèque Medem à Paris. 

Nadia Déhan-Rotschild est traductrice. Elle enseigne  et a enseigné le yiddish : de 1985 à 2000 à Paris 7, au Centre Medem de  1996 à 2001 et à la Maison de la culture yiddish depuis 2001. 

Evelyne Grumberg et Nadia Déhan Rotschild
Evelyne Grumberg et Nadia Déhan Rotschild Crédits : Gilles Rozier - Radio France

Cette  expérience la conduisit à partager avec Annick Prime-Margules la  rédaction du Yiddish sans peine des éditions ASSIMIL (2010). Elle a traduit nombre d'auteurs yiddish : Avrom Sutzkever,  Menuha Ram, Yoïne Rosenfeld, David Bergelson et Sholem Aleikhem. Elle s’intéresse aussi à la chanson yiddish qu’elle insère dans la dimension pédagogique de l’enseignement de cette langue.

Gilles Rozier est diplômé de l'ESSEC et titulaire d'un doctorat de littérature yiddish de l'université Paris VII obtenu en 1997. 

Il est écrivain, traducteur du yiddish, de l'hébreu et de l'anglais, éditeur et chroniqueur littéraire. Il a dirigé la Maison de la culture yiddish-Bibliothèque Medem de 1994 à 2014. En 2015, il a fondé avec Anne-Sophie Dreyfus les Éditions de l'Antilope.

Anne-Sophie Dreyfus et Gilles Rozier
Anne-Sophie Dreyfus et Gilles Rozier Crédits : DR - Radio France

Archives sonores

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Le coffret  Sholem Aleikhem

Le coffret Sholem-Aleikhem
Le coffret Sholem-Aleikhem Crédits : Editions de l'Antilope - Radio France

Les mille et une nuits de Krushnik

Présentation 

Dans ces mille et une nuits, le palais est un bateau d’émigrants   fuyant vers l’Amérique. Shéhérazade, c’est Yankl, le narrateur, qui   confie ses déboires : sa Krushnik natale n’a cessé de passer de   l’occupation russe à l’occupation allemande. De quoi rendre fous les   habitants juifs, véritables dindons de la farce.  Faire rire de la guerre – la Première Guerre mondiale – Sholem-Aleikhem s’y emploie avec brio.  Un récit écrit en 1915, l’un des derniers de l’auteur.    Extrait 

« Donc, comme je vous  l’ai promis, monsieur  Sholem-Aleikhem, je vais commencer par mon fils  aîné, mon Yehiel, que  les Ruskoffs ont pris à la guerre et mis à tirer  au même titre que les  moujiks. […] Tu parles d’une science, tirer ! On attrape le machin, on  appuie  un coup, et ça tire ! Mais là n’est pas la question. Allez-y,   fusillez-vous, pendez-vous, noyez-vous, et laissez mon Yehiel   tranquille, pourquoi doit-il tirer avec vous ? » 

Guitel Pourishkevitsh et autres héros dépités

Présentation du recueil

Guitel Pourishkevitsh et autres héros dépités contient trois nouvelles de la série des monologues,  forme que l’auteur affectionnait particulièrement.  Dans « Joseph »,  « Trois  veuves » et « Guitel Pourishkevitsh », Sholem-Aleikhem propose  une  galerie de portraits truculents : anti-héros aux prises avec le   développement du capitalisme et de la finance, l’embourgeoisement,   l’émancipation des femmes, la sécularisation des enfants, mais aussi   avec les luttes sociales qui menèrent à la révolution avortée de 1905.   Il y règne une atmosphère tragi-comique et une extraordinaire   autodérision.   

Extrait des « Trois veuves »Son nom, c’était Payè, mais on l’appelait « la jeune veuve ».   Pourquoi ? Voilà que ça commence, les pourquoi ! Qu’est-ce que vous ne   comprenez pas ? Sans doute que si on l’appelait la jeune veuve, c’est   qu’elle était jeune et qu’elle était veuve. Figurez-vous que j’étais   plus jeune qu’elle. De combien ? Qu’est-ce que ça peut vous faire ? Si   je vous dis plus jeune, ça veut dire plus jeune.

On réécoutera aussi avec plaisir le premier volet de cette émission

Redécouvrir Sholem Aleikhem 

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Il y a 20 ans, s’était tenu à Mantes-la-ville, dans un lycée  professionnel en zone dite « d’éducation prioritaire », un colloque très  particulier dont le titre reste encore gravé dans ma mémoire : Réalité et fiction : lectures imbriquées, frontières illusoires ?  J’eus l’honneur d’y être invité. 

Les élèves qui l’organisaient avaient rencontré Phillip Roth. C’était pour le moins intriguant. J’en parlai autour de moi. 

Un de mes amis libraires s’écria : mais qu’est-ce que tu vas faire à  Mantes-la-Ville ? Ce cri de surprise n’était pas vraiment très étonnant.  Oui ! Qu’est-ce que j’allais bien faire à Mantes-la-Ville ? 

Sans doute tout comme Malek Chebel, Annie Terrier, Stéphane  Zagdanski, Alain Finkielkraut, Alain Didier-Weil, Sabine Melchior  Bonnet, Philippe Meirieu, et encore quelques autres chercheurs et  enseignants, j’ai pensé important de faire honneur à ces élèves à qui  Philip Roth avait affirmé : « Je ne vous oublierai jamais. Et si comme  vous le dites je vous ai ouvert les portes de la littérature, c’est ce  que j’aurai accompli de mieux… » 

« Ouvrir les portes de la littérature », c’est dire combien, pour de  nombreuses personnes, elles sont fermées, et ce qu’il faut de volonté et  de courage pour les entrouvrir, ce qu’il faut de talent et de  conviction à des enseignants, à qui on ne rend peut-être jamais assez  hommage ! 

« Ouvrir les portes de la littérature » n’est-ce pas justement aussi,  ce que font toujours et encore, avec enthousiasme et confiance, non  seulement les écrivains, mais tous ceux qui se battent pour que le livre  puisse exister.  

A commencer par les éditrices et les éditeurs, toujours à l’affut de  nouveaux textes, ou de textes anciens, voire oubliés, qui cherchent à  les rendre accessibles au plus grand nombre, pour partager la passion  qu’ils ont pour un auteur, la beauté d’une écriture, le génie d’un  style, l’inventivité d’une intrigue.  

Des éditeurs qui nous proposent des livres « inspirés », c’est à  dire, comme le dit Catherine Chalier, « des livres qui appellent à une  interprétation renouvelée ». Les éditeurs mais aussi les libraires et  encore les traducteurs et les traductrices, qui mettent leur savoir et  leur talent au service de la polyphonie des langues pour que ces livres  puissent être lus dans le monde en entier. 

Et c’est justement pour nous un très grand plaisir de recevoir  aujourd’hui deux traductrices d’un auteur qui savait ce que sont les  véritables livres, ceux qui nous éveillent à la vie, et dont l’œuvre,  par sa richesse, n’a pas fini d’ouvrir les portes de la littérature et  d’y inviter des lecteurs de plus en plus nombreux.  

J’ai nommé Sholem Aleikhem

Sholem Aleikhem
Sholem Aleikhem Crédits : DR - Radio France
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