LE DIRECT
Gilles Hanus

Spinoza à l'épreuve des textes 2/2 Révélation, croyance et interprétation

32 min
À retrouver dans l'émission

.

Gilles Hanus
Gilles Hanus Crédits : Philosophe - Radio France

"La semaine dernière  l'émission commença avec ce conte de Rabbi Nahman de Braslav. Il est l'horizon de ces deux émissions consacrées à la philosophie de Spinoza dans ce dialogue :

« Alors qu’un livre était ouvert devant lui, un roi vit une araignée  qui avançait sur la tranche du livre. Sur l’une des pages, se trouvait  une mouche. L’araignée se lança à la poursuite de la mouche. Et alors  que l’araignée avançait vers la mouche, le vent se leva et fit tourner  les pages du livre. 

L’araignée ne put atteindre sa proie et rebroussa chemin, comme si  elle abandonnait toute poursuite. L’araignée repartit à la poursuite de  la mouche. Elle réussit à poser une patte sur la page où était la  mouche. Mais à ce moment-là la page se souleva, et l’araignée se  retrouva coincée entre deux pages. Ayant presque disparu totalement  presque plus rien d’elle.  

Le roi avait observé tout cela et en fut très étonné. Il comprit que  ce n’était pas un simple incident, et qu’on avait voulu lui montrer  quelque chose. Le roi se mit à réfléchir essayant de trouver une  signification. Il s’endormit devant le livre ouvert, et il se mit à  rêver … » 

Rabbi Nahman concluait toujours son histoire par cette phrase : « La  mouche me direz-vous ? je ne vous révélerai pas ce qui lui est arrivé ! 

...

L'invité

Gilles Hanus, est professeur de philosophie. Il  a été durant de nombreuses années  l’élève de Benny Lévy à qui il a consacré une thèse.  Il dirige les Cahiers d’études lévinassiennes.

Transition musicale

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Texte de la Genèse chapitre 15 commenté dans l'émission

(Traduction du rabbinat)

Ge 15:1 Après ces faits, la parole du Seigneur se fit entendre à Abram dans une vision, en ces termes: Ne crains point, Abram: je suis un bouclier pour toi; ta récompense sera très grande!

Ge 15:2 Abram répondit : Dieu-Éternel, que me donnerais-tu, alors que je m'en vais sans postérité, et que le fils adoptif de ma maison est un Damascénien, Eliézèr?

Ge 15:3 Certes, disait Abram, tu ne m'as pas donné de postérité, et l'enfant de ma maison sera mon héritier.

Ge 15: Voici que la parole de l’Éternel vint à lui, disant: Celui-ci n'héritera pas de toi; c'est bien un homme issu de tes entrailles qui sera ton héritier. 

Ge 15:5 Il le fit sortir en plein air, et dit: Regarde le ciel et compte les étoiles : peux-tu en supputer le nombre? Ainsi, reprit-il, sera ta descendance. 

Ge 15:6 Et il eut foi en l’Éternel, et l’Éternel lui en fit un mérite. 

Ge 15:7 Et il lui dit: Je suis l’Éternel, qui t'ai tiré d'Our-Kasdim, pour te donner ce pays en possession.

Ge 15:8 Il répondit: Dieu-Éternel, comment saurai-je que j'en suis possesseur?

Ge 15:9 Il lui dit : Prépare-moi une génisse âgée de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe.

Commentaire de Rachi (XIIe siècle)

Il eut foi en l’Éternel : Ce  n’est pas à ce propos qu’il lui a demandé un signe. Mais c’est quand le  Saint béni soit-Il lui va lui promettre la terre qu’il va lui demander un  signe. Il lui dira alors : « Par quoi saurai-je ? ». L’Éternel lui en fit un mérite : Le  Saint béni soit-Il a considéré comme un mérite le fait qu’Avram avait  eu foi en lui. 

Autre explication : « Par quoi saurai-je ? ». Il ne lui a  pas demandé pas de signe [à propos de la promesse de la Terre Promise, mais  il lui a dit : « Fais-moi savoir par quel mérite mes fils s’y  maintiendront ! ». Le Saint béni soit-Il lui a répondu : « Par le mérite du service du Temple (les sacrifices) ! » (Beréchith raba 44, 14).

Le livre de l'invité

Editions Verdier
Editions Verdier Crédits : DR - Radio France

A propos de Sans Images ni paroles de Gilles Hanus paru aux éditions Verdier:

"Ni apologie, ni accusation : ce livre propose une lecture des passages du Traité théologico-politique  sur la prophétie ou la révélation visant à comprendre le rôle qu’elles  jouent dans la pensée de Spinoza. 

Il y est donc question de  connaissance, naturelle ou surnaturelle, de la vérité, de ce et de ceux  qui y résistent (l’imagination, le vulgaire), de l’Écriture (prophétie)  et de la loi (politique) et de la manière dont Spinoza, qui connaissait  l’hébreu, comprenait les versets bibliques relatifs à la prophétie sur  lesquels il appuie ses analyses.

Aux définitions rigoureuses, mais parfois surprenantes, Spinoza  associe un certain nombre de figures : Adam, Abraham, Moïse, Jésus, mais  aussi Salomon, qui illustre magistralement à ses yeux la différence  entre sage et prophète. Chacune d’elles est examinée et les  interprétations de Spinoza rapportées aux versets sur lesquels elles  portent.

Cette lecture cherche à mettre en lumière la stratégie spinoziste  d’interprétation, inspirée par l’idée que la philosophie seule  permettrait d’accéder au texte initial, le texte naturel, dont tous les  autres textes, à commencer par les Écritures, ne seraient qu’autant de  traductions." [Présentation de l'éditeur] 

Autre livre de l'invité

Editions Hermann
Editions Hermann Crédits : Le Bel Aujourd'hui - Radio France

Présentation de l'éditeur

"Bien que banal, le fait de parler n'en est pas moins d'une importance primordiale. Car nos paroles esquissent, par-delà les messages qu'elles  délivrent, de véritables visions du monde autour desquelles les hommes  s'opposent ou s'associent. Parler, c'est donc aussi toujours donner au  monde et à l'homme une certaine figure. Dans les temps crépusculaires,  la parole se confond aisément avec son double inversé, sa caricature  :  le discours, parole figée. Les mots deviennent des leurres ou des  pièges, et les visions du monde des idéologies. Il est alors nécessaire  de distinguer clairement à nouveau parole et discours. Dans ce but,  l'auteur examine ici trois des principaux usages de la parole  : parler,  lire et enseigner."

La première partie de ce dialogue s'écoute ici :

https://www.franceculture.fr/emissions/talmudiques/talmudiques-emission-du-dimanche-31-mai-2020

L'équipe
Production
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......