LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Rachel Ertel

Vivre avec le yiddish

33 min
À retrouver dans l'émission

.

Rachel Ertel
Rachel Ertel Crédits : Photo Michael Fingerhut - Radio France

Les commémorations dont nous avons été les témoins ces dernières semaines nous ont invité encore une fois à interroger la question de la mémoire et du souvenir.  

« Souviens-toi » et « n’oublie pas » dit le texte biblique. זְכֹר֙ אַל־תִּשְׁכַּ֔ח

Une injonction adressée à la seconde personne du singulier pour souligner que se souvenir c’est raconter des histoires sans jamais en oublier une, sans penser que l’histoire collective nous dédouanerait du devoir de raconter l’histoire de chaque personne, de chaque nom, de chaque visage, à commencer par sa propre histoire.

Ici résonne avec force la phrase de Philippe Roth " Être vivant c' est être fait de mémoire et s’il n’est pas fait de mémoire il n’est fait de rien ! »

Parole de romancier qui nous fait comprendre que la "Maison du souvenir", selon la belle expression du romancier Philip David, ne peut se passer de littérature, car celle-ci elle fut toujours visionnaire à la fois du futur, mais aussi du passé à construire, à reconstruire. 

Bien sûr la littérature ne fait pas revenir les morts, mais elle donne à la civilisation dont ils furent porteurs la chance de survivre et peut-être même de de redevenir l’expression vivante de toute un peuple qui à son tour y inscrira le développement de sa propre histoire !

Certes « Civilisation » est un mot vague, toujours sujet à interprétation, mais qui commence toujours avec une langue. C’est à l’une de ces langues, qui entretient un lien particulièrement fort avec la mémoire et la littérature que sera consacrée l’émission d’aujourd’hui. 

Je veux parler de la langue Yiddish.  

L'invitée

Rachel Ertel est professeure émérite de l'université Paris-Diderot où elle été professeure de littérature anglaise et où elle a fondé le Centre d'études judéo-américaines (CEJA), le principal lieu d’enseignement de langue et de littérature yiddish en France. 

Elle a contribué dans l’espace universitaire à former des traducteurs de yiddish dans un souci d'assurer la « permanence du yiddish » et de son espace culturel. 

Rachel Ertel dirige la collection « Domaine yiddish ». Elle est présidente d’honneur de la Maison de la culture yiddish– Bibliothèque Medem.

On lui doit plusieurs essais importants et ses traductions nous ont permis de découvrir et de lire de nombreux auteurs Yiddish.

  • Le Roman juif américain, une écriture minoritaire, 1980.
  • Le Shtetl, la bourgade juive de Pologne de la tradition à la modernité, Payot, 1982 (rééd.1986).
  • Dans la langue de personne : poésie yiddish de l’anéantissement, 1993.
  • Brasiers de mots, Paris, 2003.

Elle vient de faire paraitre Mémoires du yiddish, Transmettre une langue assassinée, entretiens avec Stéphane Bou, Albin Michel, 2019 Et la traduction d'un récit de H. Leivick, Dans les bagnes du Tsar, aux éditions de l'antilope, 2019.

Transition musicale

Un poème de H. Leivick intitulé "Ma prière",  1955, traduction Rachel Ertel. sur une musique de Dimitri Shostakovich. En voici deux versions différentes. La première avec Yefim Bronfman est celle passée dans l'émission.La seconde mentionnée aussi dans l'émission est la version où Shostakovitch est lui-même au piano. ( un peu plus rapide.) 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Poème de H Leivick intitulé "Ma prière"
Poème de H Leivick intitulé "Ma prière" Crédits : Traduction Rachel Ertel - Radio France
H Leivick
H Leivick Crédits : 1888-1962 - Radio France

Le livre de l'invitée

Mémoire du Yiddish
Mémoire du Yiddish Crédits : Entretiens avec Stéphane Bou - Radio France

Présentation de l'éditeur

Rachel Ertel a consacré sa vie à faire connaître et reconnaître la  littérature yiddish aux lecteurs francophones. Par ses essais, ses  traductions et son enseignement, elle a œuvré pour la sauvegarde et la  transmission de ce riche espace culturel.

Son parcours personnel est  bouleversant : c'est celui d'une petite fille aux parents écrivains  rescapés de la Shoah, qui fut déportée en URSS pendant la guerre avant  de trouver refuge en France et de voyager aux États-Unis ; 

c'est aussi  celui d'une femme de conviction, déracinée mais passionnée, amie des  artistes, des poètes et des grands auteurs yiddish du XXe siècle. Au fil  des souvenirs convoqués émergent les grandes problématiques au cœur de  la création littéraire, et en particulier les enjeux de toute  traduction : 

Comment transmettre une mémoire perdue, ressusciter un  monde aboli ? Comment transposer une langue mourante, liée à un vécu et à  une destruction hors parole, en une langue vivante ? Comment concilier  le deuil de la langue et la jouissance esthétique de la translation, de  la transposition, de l'écriture ?

À travers la voix forte d'une  grande passeuse de la mémoire du monde yiddish, nous entendons la langue  des assassinés. Rachel Ertel nous rappelle que l'Anéantissement est  au-delà des pleurs, du temps, comme une entaille dans l'histoire de  l'humanité, dont seule l'écriture peut porter témoignage, afin qu'il ne  soit jamais oublié.Rachel Ertel a enseigné la littérature américaine  à Paris 7 où elle a fondé le Centre d'études judéo-américaines. Elle  est également présidente d'honneur de la maison de la culture yiddish.

Stéphane Bou est journaliste.

Autre livre dont il a été question dans l'émission

H. Leivick, Dans les Bagnes du Tsar, éditions de l'Antilope

Traduction et préface de Rachel Ertel.

H. Leivick
H. Leivick Crédits : Traduction Rachel Ertel - Radio France

Présentation

H. Leivick décide à 71 ans de revenir sur les années de cachot qu'il a  connues à 18 ans.

Dans une première partie, H. Leivick se souvient des  six années passées dans un cachot obscur, de ses camarades de détention,  révolutionnaires, juifs et non juifs. Il se souvient également des  prisonniers de droit commun, dont certains avaient assassiné des Juifs.  Des flash-back sur son enfance, son éducation traditionnelle puis son  engagement politique parsèment le récit, alimentés par des dialogues  intérieurs émouvants avec son père.

Dans la deuxième partie, H. Leivick  raconte le voyage à pied, puis en bateau-prison vers la Sibérie,  traversé par une galerie de portraits et de réflexions sur l'existence  et la résistance à l'oppression.

Né en Biélorussie, H. Leivik (1888-1962)  reçut une éducation juive traditionnelle et s’engagea très jeune dans  le mouvement révolutionnaire. À 17 ans, il prit part à la révolution  avortée de 1905 contre le pouvoir tsariste. Il purgea six ans de cachot  et fut envoyé en 1912 en Sibérie. Il parvint à s'échapper et gagna New  York en 1913 où il vécut le reste de sa vie.

Grande figure morale, il est  connu en tant que poète, dramaturge et essayiste. Dans les bagnes du tsar est son seul récit.

Audiographie sur France Culture

Série "A voix nue", entretien avec Stéphane Bou. Cinq entretiens

https://www.franceculture.fr/emissions/voix-nue/rachel-ertel-memoire-du-yiddish-15-pologne-siberie-pologne-1939-1948

L'équipe
Production
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......