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Un taux de syndicalisation variable selon les secteurs

Taux de syndicalisation : le vrai du faux

3 min
À retrouver dans l'émission

11%, c'est le taux de syndicalisation en France en 2013 selon la DARES. Exit donc le chiffre de 8% sous-évalué, car calculé sur un échantillon trop petit. La France n'en reste pas moins l'un des pays d'Europe où la syndicalisation est la plus faible. Dans l'UE, la moyenne est de 23%.

Un taux de syndicalisation variable selon les secteurs
Un taux de syndicalisation variable selon les secteurs Crédits : Marie Viennot

Avec les mobilisations contre la loi travail cette semaine, vous allez l'entendre ce chiffre. 8% de syndiqués! lance-t-on généralement avec un air accablé.

La DARES (Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques), c'est la direction chargée des statistiques pour le ministère de l'emploi, c'est elle qui publie notamment chaque mois les chiffres du chomage, et bien la dares vient de publier une étude sur la syndicalisation en France, et on y apprend qu'il y a, non pas 8%, mais 11% de syndiqués en France.

Vous me direz, ça ne change pas énormément la donne, et vous avez raison, n'empèche autant être précis. Les heures qui viennent seront d'ailleurs une bonne occasion pour voir, qui tient ses fiches à jour parmi les politiques, éditorialistes et autres commentateurs de tout poil.

Pourquoi un nouveau chiffre?

Comme souvent, le taux de syndicalisation est une extrapolation d'une étude menée sur un échantillon. Il ne vient pas des organisations syndicales. En 2013, les 8 organisations de salariés ont déclaré 2 995 000 affiliés (retraités compris), rapporté au nombre d'actifs, qui est d'environ 29 millions, cela fait en gros 10%.

C'est proche du chiffre de la Dares. Mais ce n'est pas ce chiffre qui fait autorité car il peut être sur estimé ou sous estimé, explique la DARES, et qu'il ne tient pas compte des adhérents aux syndicats autonomes.

Le taux de syndicalisation est obtenu par le biais d'une enquête sur les conditions de travail. Or jusqu'en 2013, cette enquête portait sur un échantillon de 2000 à 10 000 salariés de plus de 15 ans, là, elle a porté sur 30 000 salariés, un échantillon plus représentatif.

Cela dit, la tendance lourde est indiscutable. Dans les années 50, il y avait 30% de syndiqués en France, cela se stabilise autour de 20% pendant les 30 glorieuses, puis chute progressive depuis les années 70.

Avec quand même de forte disparités. Le taux de syndicalisation est deux fois plus élevée dans le public que dans le privé, 20% contre 9%, deux fois plus élevé dans les territoires d'outre mer (24% de salariés syndiqués). Dans les entreprises de plus de 200 salariés, elle est de 14%, inférieur à 5% dans les entreprises de moins de 50. Bien sur, être intérimaire (1.2%) ou en CDD (2%) ne pousse pas à se syndiquer. Côté secteur, c'est dans les transports que le taux est le plus élevé, 18%, en deuxième, vient la banque assurance (13%), l'industrie (12.2%), et grands derniers, le commerce, l’hôtellerie-restauration et la construction, où les taux sont inférieurs à 5%. Dernier critère: l'age. Il y a 14% de syndiqués chez les quinquas, 3% chez les moins de 30 ans.

La France lanterne rouge européenne

Il n'y a que l'Estonie et la Lituanie qui ont des taux de syndicalisation inférieurs au nôtre. La moyenne est à 23% dans l'Union européenne (Norvège inclus).

En tête la Finlande, plus de 72%, les pays nordiques (Suède, Norvège, Danemark), la Belgique, 50%. Précisons que dans ces pays, si vous n'êtes pas adhérent d'un syndicat vous ne pouvez pas bénéficier des accords qu'il signe, et même toucher le chômage, c'est le cas, notamment en Belgique. Forcément, c'est très incitatif. En France, au contraire tout le monde bénéficie des accords, y compris les entreprises qui n'ont pas de représentants syndicaux. Voir ici une étude du Trésor à ce sujet.

Partout en Europe cependant la tendance est à la baisse de la syndicalisation. Les obstacles à l'engagement sont nombreux, la Dares en cite quelques uns: déclin de l'activité industrielle, montée des emplois atypiques, parcours professionnels discontinus, management de plus en plus individualisé, émergence de nouvelles formes d'engagement social et politique.

Le faible taux de syndicalisation n'est pas un problème, c'est un symptôme. D'une maladie ou tout simplement d'un monde qui change, c'est là que les avis divergent.

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