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Rachi et le français du moyen-âge

29 min
À retrouver dans l'émission

Une émission proposée par Antoine Perraud La chronique de Philippe Barthelet Documentaire de Simone Douek : Rachi et la langue française Rabbi Salomon Isaac, par abréviation Rachi, est né en France, à Troyes, en 1040, deux ans après la mort du Gaon Haï. Troyes avait à cette époque une vie cosmopolite intense; son commerce florissant attirait de continuels voyageurs des pays lointains. Rachi suivit des marchands en Lorraine, puis il demeura à Worms et à Mayence pendant plusieurs années d'études, "manquant de nourriture, les vêtements en lambeau et portant le joug du mariage". Très jeune encore, il revint se fixer à Troyes. Dès vingt-cinq ans il y fut nommé rabbin et devint rapidement réputé pour sa vaste érudition. Vivant très sim plement avec sa famille du produit d'un vignoble, il amassait les trésors d'une bibliothèque unique qui réunissait les oeuvres sacrées et leurs divers commentaires. Rachi fonda et dirigea à Troyes une des plus glorieuses académies juives. Il s'attacha surtout, sans négliger la Haggada (le commentaire légendaire), à dégager des textes, le sens le plus pratique, le plus conforme à la logique et à la raison quotidienne. Ses exégèses de la Bible, comme ses explica tions du Talmud de Babylone, sont devenus populaires dans le judaïsme, et ont pris place dans les éditions hébraïques de la Bible et du Talmud. Rachi est également l'auteur de quelques poèmes et plusieurs prières. Il fit entrer la science talmudique dans ses commentaires bibliques et son commentaire du Talmud atteint une clarté et une précision inégalées. Dans son école où il enseignait si simplement les notions de la Torah profonde, d'innombrables étudiants affluèrent, venus de toutes les régions de la France et de l'Allemagne. Ses filles épousèrent des rabbins éminents qui continuèrent l'oeuvre de Rachi, en s'appliquant, comme l'avait fait leur maître, à commenter le Talmud. Ses élèves conservèrent aussi la tradition d'humilité de cet infatigable travailleur, dont la probité intellectuelle ne craignait jamais d'écrire : "Je ne comprends pas cette pensée", ou bien "Je ne connais pas de traditions sur cette question". Il émailla ses commentaires hébraïques de mots français qui font de son oeuvre une source philologique pour la vieille langue française. suivi d'un entretien d'Antoine Perraud avec Christine Murillo, Jean-Claude Leguay, Grégoire Oestermann pour "Le baleinié : dictionnaire des tracas (Le seuil, novembre 2005)", suite de ce dictionnaire humoristique des tracas fait de néologismes et de leurs définitions.

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