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Dominique Mercy dans Viktor

La danse à la vie à la mort avec Dominique Mercy

1h
À retrouver dans l'émission

Nouvelle écoute ! Dominique Mercy dansait dans sa chambre à 6 ans. Il a hésité à devenir prêtre ou fermier, mais ce sera danseur. Et depuis août 1973 : sous le regard de Pina Bausch. C'est une vie à Wuppertal, une fille qui nait à l'intérieur, Thusnelda.

Dominique Mercy dans Viktor
Dominique Mercy dans Viktor

Nouvelle écoute de cette émission enregistrée le 5 septembre 2016

Jamais on ne sera orphelins. Ce qui est beau, et ce qui est bien c’est que le regard qui vous a vu naître a beau disparaître, il nous a tellement regardé que la façon dont on est, le fait exister. C’est cette chose pénible qui fait qu’il y a : ceux qui vont mourir avant soi. A cause des années et parfois sans raison. Ca dresse une liste assez insupportable, quelques prévisions sont possibles et par précaution, il vaut mieux absorber les regards. Pina Bausch sera partie sans prévenir et avant Dominique Mercy. Il y a un corps qui manque mais pas ses idées. Dans les pièces de Pina – il y a toujours eu : la sensation que la vie est trop courte et qu’on ne s’aime peut-être pas assez. Il y a eu : une femme qui se laisse tomber et qui dit juste avant : « Je fais comme si je voulais être toute seule – mais en réalité je veux que quelqu’un vienne ». Il y a eu : une plainte d’amour. Parce qu’on a tous en nous quelque part, cette salle de bal un peu défraichie, où on se retrouve seul un moment. La pièce s’appelait Kontakthof. Ca partait du mot : « Tendresse. Qu’est ce que c’est ? jusqu’où va la tendresse ? quand n’y en a-t-il plus ? ». On est en 1978 et Pina Bausch dit qu’elle la reprendra quand les danseurs auraient 60 ans. Elle n’a pas attendu que leurs vies à eux avancent autant, elle l’a créé avec des personnes âgées puis des adolescents. Avec Pina c’était toujours mesurer la distance qui nous sépare les uns des autres. En centimètre et en – qui va mourir avant, comment défier le temps. La silhouette de Dominique Mercy, ça nous frappe parce que c’est le dessin mental qu’on a tous de soi : un corps qui avance envers et contre tout. Il y a des obstacles. Il y a du vent. Il y a de l’eau. Des fleurs. Il y a sa compagne, il y a leur fille qui dansera avec ses parents. Il y a sous nos yeux, la mémoire des corps, comme en studio ce soir, il y a son ami Jean-Laurent Sasportes. Dominique Mercy aurait pu devenir prêtre ou fermier – il y avait pensé – finalement il sera danseur et il a dans le corps, le regard de Pina Bausch. Depuis août 1973. Cet été là Dominique Mercy roule de nuit, tout est gris et bizarre, il arrive à Wuppertal et tout commence. Pina disait : « ce que je fais : je regarde. Je n’ai jamais fait que regarder les gens ». Contre cette chose pénible qui fait qu’il y a : ceux qui vont mourir avant soi. Il y aura ce soir, notre façon de faire comme si on était tout seuls parfois, tout en sachant qu’en réalité être orphelin ça n’arrivera jamais.

Dominique Mercy avait commencé à danser à 6 ans chez lui près de Bordeaux, dans sa chambre alors que sa mère avait mis la sonate Au clair de lune de Beethoven dans la cuisine.

Avec son ami le danseur Jean-Laurent Sasportes.

LIVE : NICOLAS MICHAUX, A la vie à la mort Etre deux.

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Rediffusion de l'émission du 5 septembre 2016

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