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Valeria Bruni Tedeschi

Les émotions de Valeria Bruni Tedeschi

59 min
À retrouver dans l'émission

Nouvelle écoute ! Valeria Bruni Tedeschi est partie d'Italie à 7 ans, sa famille vient en France par peur des Brigades rouges. Elle suit l'école de théâtre de Patrice Chéreau à Nanterre. Dans ses films elle met en scène le roman familial. Elle vient de réaliser un documentaire sur le vieil âge.

Valeria Bruni Tedeschi
Valeria Bruni Tedeschi Crédits : Radio France

Nouvelle écoute de cette émission enregistrée le 5 juin 2017

On a tout déposé dans les mots des autres. La mémoire c’est trop lourd, on dépose chaque jour sans le dire, un peu de nous dans un poème, une chanson, quelque chose de beau, de disponible, qui ne disparaitra pas. Valeria Bruni Tedeschi a déposé son Italie dans les poèmes de Leopardi. Un peu de son adolescence littéraire dans Tchekhov ou Natalia Ginzburg. Aucun âge ne disparait. On est tous là. On est toutes là. Toutes nos vies. En studio il doit y avoir 1000 Valeria. 7 ans, 8 ans, 23 ans, etc. Elle doit être aussi là, celle qui a 9 ans et à qui on dit : on va quitter l’Italie, c’est plus prudent, on part en France pour éviter un enlèvement, c’est l’époque des Brigades Rouges. Valeria Bruni Tedeschi met dans ses films les endroits où on a tout déposé - elle les superpose avec la vie qui continue à côté : un château, une maison, un objet, une chanson - et des êtres humains. Leurs sentiments, leur larmes, leur présent. Dans ses films il y a des confessionnaux, au cas où certains secrets n’aient pas trouvé refuge. Valeria Bruni Tedeschi est entrée dans un nouvel endroit pour un documentaire : un service gériatrie. On est à l’hôpital. Ils ont plus de 80 ans. Certains ne parlent plus, pas. Ne se lèvent plus. Alors un chorégraphe arrive, et la musique monte doucement. Tu me fais planer. Pour un flirt avec toi. La vie en rose. Piensa en mi. Les corps ont 90 ans mais tout revient, soudain on est dans une salle de bal ou dans ce studio idéal où tous les âges sont réunis : il y a de la séduction, de la jalousie, des histoires anciennes. Dans le film il y a la vie qu’on se fait à l’envers des chansons, de l’autre côté. Tout ce qui a été déposé par ces vies âgées. Une chanson c’est plein de fantômes. C’est le lien avec l’absent. C’est notre côté désuet, un peu ringard parfois, notre côté qui a envie de pleurer. Quand elle a gagné un prix d’interprétation Valéria Bruni Tedeschi a remercié dans un même souffle tous ceux qui ont reçu ce qu’elle a au fil du temps, déposé : les poètes italiens, sa psychanalyste et les hommes qui l’ont aimée. Dans son documentaire une vieille dame dit : Danser c’est le rêve de vivre encore comme ça, mais manque de pot ça peut pas être tous les jours. Manque de pot ça ne dure pas. Mais dans ce salon avec ces jeunes gens de 90 ans, on pleure la famille, les enfants mais on attend encore l’amour. La vie ressemble alors à une chanson. C’est notre côté désuet, amoureux, notre côté qui a envie de pleurer.

Valeria Bruni Tedeschi, actrice et réalisatrice.

Ensemble avec Yann Coridian, ils ont réalisé le film documentaire : Une jeune fille de 90 ans.

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Rediffusion de l'émission du 5 juin 2017

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