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Tropique de la violence, Alexandre Zeff

La parole donnée à Mayotte sur scène

58 min
À retrouver dans l'émission

Alexandre Zeff a mis en scène "Tropique de la violence", sur une jeunesse mahoraise abandonnée. Depuis Mayotte : l'artiste Djodjo Kazadi et Anne-Laure Mouchette, professeure de théâtre, nous parlent du paysage du spectacle vivant. L'auteur ivoirien Koffi Kwahulé joue dans la pièce d'Alexandre Zeff.

Tropique de la violence, Alexandre Zeff
Tropique de la violence, Alexandre Zeff Crédits : Jules Beautemps

Alexandre Zeff, metteur en scène. Artiste en résidence de saison au Théâtre de la Cité Internationale (Paris) avec sa compagnie La Camera Obscura, il devait y présenter cet hiver Tropique de la violence, d'après le roman éponyme de l'auteure mauricienne Natacha Appanah (Gallimard, 2016). Les représentations sont reportées du 13 au 24 septembre 2021 au TCI (Paris). Sur scène se déploie des sons et des images qui nous projettent "dans le plus grand bidonville de France" : Mayotte, paysage de carte postale, derrière lequel s’inscrit le titre de plus pauvre département français. Chaque année, des milliers de migrants risquent leur vie pour y accoster. À leur arrivée, ils sont accueillis par le chômage, la délinquance et le chaos. Parmi eux, une mère abandonne son nourrisson, Moïse, qui tombera plus tard dans les filets d’une petite frappe, roi autoproclamé d’une microsociété d’adolescents livrés à eux-mêmes. Alexandre Zeff imagine une polyphonie au croisement du thriller cinématographique et de la tragédie documentaire, où les acteurs font corps avec une matière audiovisuelle plastique, mouvante. C'est le portrait tendre et cruel d’une île qui concentre à elle seule tous les maux de notre société...

Koffi Kwahulé, dramaturge, romancier, comédien ivoirien. Il partage le plateau de Tropique de la violence avec cinq autres acteurs, dont Assane Timbo avec lequel il alterne le rôle du policier.

Depuis Mayotte : Anne-Laure Mouchette, professeure de Lettres et de théâtre dans un lycée au nord de Kaweni, à côté du bidonville surnommé "Gaza", dont il est question dans Tropique de la violence. Elle intervient dans des ateliers théâtre ; elle a travaillé avec ses élèves sur Tropique de la violence.

Depuis Mayotte : Djodjo Kazadi, artiste, danseur et chorégraphe installé à Mayotte depuis 2015, directeur de la Compagnie Kazyadance et de l'association du Royaume des Fleurs. Engagé dans la création d'une fabrique artistique à Mayotte, nombreux ateliers avec de jeunes amateurs. Ses créations sont en écho à l'actualité et à la société dans laquelle il vit.

Reportage au Centre pénitentiaire Paris - La Santé (Paris), pendant une répétition d'Alexandre Zeff avec deux acteurs détenus. En janvier 2020, l'Administration Pénitentiaire nous avait accordé un entretien in situ avec Alexandre Zeff et deux détenus avec lesquels il travaillait à la création d'Ouragan, un spectacle co-écrit avec Julie Brochen pour le festival VIS-A-VIS, Temps Fort de la création artistique en milieu carcéral, dont la troisième édition s'était tenue en janvier 2020 au Théâtre Paris-Villette. 

Les mots des élèves de Anne-Laure Mouchette : Seconde 215, Lycée des Lumières, « Lettres à Kawéni et autres terres natales », octobre 2020

•    Nadjma : Cher Kawéni, Tu es tellement incroyable de jour en jour car avec toi on s’ennuie jamais. Je suis fière d’être là près de toi chaque moment qui passe c’est une aventure. Tu es un quartier de pauvreté mais ça change rien. Y’a toujours l’ambiance et c’est pour ça que tu es populaire.

•      Hakim : Cher Kawéni, Parfois je te déteste le jour car j’ai chaud à cause de ton soleil mais je t’aime la nuit car tu m’offres cette nuit étoilée et tu me caresses avec ce doux vent incroyable qui me fait rêver.

•  Izaki : Mon grand village, Ça fait longtemps que je marche sur ta douce terre. En fait depuis que je suis né. Mon cher village de Kawéni. Même si parfois on n'a pas une bonne réputation. Mais Kawéni tu es « ma rose, mon pétale, mon cristal, ma terre natale ». Et comme à Paris on a notre monument et pour moi ce monument c’est la Tour-Eiffel  de Kawéni donc grand village on s’envole quand ?

•    Rifka : Chère Mayotte, Je ne rêve que de te quitter, toi qui me retiens avec tes chaînes. Tu es ma prison, mon carcan. 

•    Widla : Petit pays d’Hippocampe, Tout le monde t’abandonne tout le monde te fuit à croire que tu es un fantôme ?

•    Anliati : Mayotte, Face au volcan qui grandit en toi dans ton lagon tu te laisses étouffer. Si tu continues comme ça tu vas disparaître j’aimerais que tu restes à jamais mais je te comprends aussi si tu veux disparaître car on ne te respecte pas et on ne prend pas en compte ta valeur, ta beauté, la belle créature que tu es. 

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