LE DIRECT
Portrait reçu en décembre 1970 de l'actrice française Delphine Seyrig

Delphine Seyrig (1932-1990) : Vie, vidéo et combat

58 min
À retrouver dans l'émission

Comédienne, réalisatrice, activiste, Delphine Seyrig a mené une vie aventureuse. Des planches du théâtre aux réunions du MLF, de la fée des Lilas aux vidéos engagées, celle qui ne croyait pas aux emplois, a toujours fait ce qu'elle voulait.

Portrait reçu en décembre 1970 de l'actrice française Delphine Seyrig
Portrait reçu en décembre 1970 de l'actrice française Delphine Seyrig Crédits : UPI / AFP - AFP

Ce documentaire souhaite revenir sur les moments marquants de la carrière et la vie de Delphine Seyrig en tant qu’actrice, réalisatrice et activiste féministe. Qu’il s’agisse de sa propre voix ou de celles des réalisateurs (Jacques Demy, François Truffaut) et réalisatrices (Marguerite Duras, Chantal Akerman) de la Nouvelle Vague qui l’ont connue, les archives radiophoniques et télévisées ponctueront l’émission.

Ce visage maigre - en dehors de toute mode - sur lequel est posé le sourire de l’humour universel, ou de l’intelligence - c’est pareil -, il est aussi imprévisible que celui d’une inconnue de la rue. Et cela, chaque fois qu’on la revoit. Marguerite Duras dans Libération du 17 octobre 1990

Écouter
2 min
Archive INA : France Inter : 10/12/1971 : Jacques CHANCEL s'entretient avec Delphine SEYRIG

Qu’elle atterrisse d’un hélicoptère vêtue d’une immense robe blanche dans la cour d’un château à la fin de Peau d’Âne (1970) de Jacques Demy ou qu’elle apparaisse la nuit devant Jean-Pierre Léaud dans Baisers volés (1968) de François Truffaut, Delphine Seyrig a brûlé la pellicule par sa présence singulière et incandescente. Sa silhouette restera pour toujours associée aux quelques notes de la musique d’India Song (1975) de Marguerite Duras et à l’appartement où elle épluche des pommes de terre dans Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles (1976) de Chantal Akerman. Avec près de 50 rôles au cinéma et presque tout autant au théâtre, cette figure mystérieuse à la voix douce et grave n’a cessé de fasciner les réalisateurs et les réalisatrices ainsi que les metteurs en scène de son époque.  

Si on veut accepter uniquement des rôles qui donnent de la femme une image féministe alors on cesse d’être actrice parce que ça n’existe pas... Delphine Seyrig

Écouter
56 sec
Archive INA : France Culture : 05/09/1975 : Le financement de "Jeanne Dielman" par la Belgique et le choix de Delphine SEYRIG pour interpréter Jeanne

La carrière de Delphine Seyrig ne peut être dissociée de son engagement féministe. Elle a toujours cherché à articuler sa vie professionnelle et sa vie militante malgré leur difficile conciliation. 

L'avocate Gisèle Halimi, en compagnie de l'actrice Delphine Seyrig, le 11 octobre 1972 à Bobigny, lors du procès de Marie-Claire Chevalier, poursuivie pour avoir avorté.
L'avocate Gisèle Halimi, en compagnie de l'actrice Delphine Seyrig, le 11 octobre 1972 à Bobigny, lors du procès de Marie-Claire Chevalier, poursuivie pour avoir avorté. Crédits : MICHEL CLEMENT - AFP

Pour ce faire, elle s’entourera dans la vie et au travail d’une constellation de femmes artistes et militantes dont Marguerite Duras, Chantal Akerman et Liliane de Kermadec. Elle prêtera également son appartement pour filmer la première démonstration d’avortement organisée par le Mouvement de Libération des Femmes en 1972, auquel elle appartient. Elle fondera par la suite, avec Carole Roussopoulos et Ioana Wieder en 1982, le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir pour archiver et produire des documents concernant l’histoire des femmes, leurs droits, leurs luttes et leurs créations. 

Ce qu'il y a de certain, c'est que, chaque fois que je joue un rôle, j'ai l'impression qu'il faut que je me rapetisse un petit peu. J'ai l'impression qu'il faudrait maintenant écrire, pour les femmes, des rôles que l'on a toujours écrit pour les hommes, c'est à dire des rôles équivalents de Hamlet, de Macbeth, des personnages où les femmes pensent, où les femmes agissent et qui donnent envie de participer aux choses et d'avoir des vies aventureuses. Delphine Seyrig 

Écouter
2 min
Archive INA : Chantal Akerman rend hommage à Delphine SEYRIG. France Culture 12/08/1991

Actrice et activiste féministe, elle est aussi réalisatrice puisqu'elle tournera plusieurs films engagés seule et en équipe dont Sois belle et tais toi (1981) où elle interrogera des comédiennes françaises et américaines sur leur condition de femme au cinéma et dont on peut encore trouver de nombreux échos aujourd’hui. 

Delphine Seyrig dans le rôle de "La fée des Lilas" dans "Peau d'âne" (1970) de Jacques Demy.
Delphine Seyrig dans le rôle de "La fée des Lilas" dans "Peau d'âne" (1970) de Jacques Demy. Crédits : UPI / AFP - AFP

Intervenants

  • Ioana Wieder, amie d’enfance de Delphine Seyrig et fondatrice du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir  
  • Duncan Youngerman, fils de Delphine de Seyrig   
  • Mireille Brangé, biographe de Delphine Seyrig   
  • Liliane de Kermadec, réalisatrice
  • Hélène Fleckinger, maîtresse de conférences à l'Université Paris 8

Remerciements à Fiona Greep de la Bibliothèque Nationale de France, à Nicole Fernandez Ferrer et Anna Dzhangiryan du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et à la chorale Jacques et Michel.

Archives Ina (extraits) : L’Année dernière à Marienbad d’Alain Resnais (1961) - Peau d'Âne de Jacques Demy (1970).

Un documentaire de Lila Boses et Lou Quevauvillers, réalisé par Annabelle Brouard. Mixage Alain Joubert. Archives INA, Clary Monaque et Marie Chauveau. Avec la collaboration de Daphné Abgral et Sylvia Favre.

Delphine Seyrig dans le film "Les lèvres rouges" (1971) de Harry Kumel
Delphine Seyrig dans le film "Les lèvres rouges" (1971) de Harry Kumel Crédits : ZUMA PRESS/MAXPPP - Maxppp

Liens

Extraits diffusés

  • Archives Radio France : Le bon plaisir, Delphine Seyrig, France Culture (26 mars 1987) - A titre provisoire, Jean Rochefort, France Inter (1994) - Surpris par la nuit, le torchon brûle, France Culture (2007) - A Voix Nue, Gisèle Halimi, France Culture (2011) - Marguerite Duras, le ravissement de la parole, répétition entre Marguerite Duras et Michael Lonsdale - L'avventura, Chantal Akerman, France Culture (2007).
  • Théâtre : Un mois à la campagne d'Ivan Tourgueniev, mise en scène et adaptation française André Barsacq (1963) - Se trouver (1966) de Luigi Pirandello, avec Sami Frey et Delphine Seyrig. Mise en scène Claude Régy - L'aide Mémoire de Jean Claude Carrière, mise en scène André Barsacq (1968).
  • Films : La musica de Marguerite Duras (1967) - Making off du film Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles de Chantal Akerman (1976) - L'année dernière à Marienbad d'Alain Resnais (1961) -Y'a qu'à pas baiser de Carole Roussopoulos (1973) - Miso et Maso du collectif les Muses / Centre audiovisuel Simone de Beauvoir (1976) - Inès  / Centre audiovisuel Simone de Beauvoir (1974) - Les lèvres rouges de Harry Kümel (1971) - Baisers Volés de François Truffaut (1968) - _Sois belle et tais to_i de Delphine Seyrig, Centre audiovisuel Simone de Beauvoir (1976) - Aloïse (1975) de Liliane de Kermadec - Peau d'âne (1970) de Jacques Demy.
  • Bandes originales de films : Un divan à New York par Sonia Wieder-Atherton - Marienbad par Barbara, album La louve (1973) - India Song par Rose Mary Standley - Baisers Volés d'Antoine Duhamel - Golden Eighties de Chantal Akerman - Peau d'âne de Jacques Demy, musique de Michel Legrand.

Bibliographie

Couverture de l'ouvrage

Delphine Seyrig. Une vieMireille BrangéNouveau Monde éditions, 2018

L'équipe
Coordination
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......