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La réalisatrice Sólveig Anspach, place de la Fraternité à Montreuil, où elle a tourné son film "Queen Of Montreuil"  (18.03.2013)

Sólveig Anspach (1960-2015), place de la fraternité

58 min
À retrouver dans l'émission

Cinéaste américano-islandaise-montreuilloise, Sólveig Anspach, occupe une place à part dans le cinéma français. Ses films telluriques et gracieux sont portés par une curiosité profonde, un talent pour dessiner des personnages singuliers, et une capacité d’observation et d’émerveillement sans faille.

La réalisatrice Sólveig Anspach, place de la Fraternité à Montreuil, où elle a tourné son film "Queen Of Montreuil"  (18.03.2013)
La réalisatrice Sólveig Anspach, place de la Fraternité à Montreuil, où elle a tourné son film "Queen Of Montreuil" (18.03.2013) Crédits : PHOTOPQR/LE PARISIEN/Bérangère Lepetit - Maxppp

Sólveig Anspach disait "croire aux familles qu’on se choisit", et vivait entourée d’une tribu d’amis collaborateurs à l’image de ses films : fantaisiste, inattendue, et douée pour le bonheur.

Sólveig Anspach filme en utilisant ce qui lui arrive comme un poème, un journal intime qu'elle offre à tout le monde. Elle célèbre la vie. Didda Jónsdóttir, poétesse et actrice islandaise

Parmi les cinéastes français, Sólveig Anspach est particulièrement remarquable, pour la poésie et la profondeur de ses films, pour son double ancrage Montreuil-Reykjavik, pour son appétit de vivre malgré la maladie, pour son énergie à renverser les montagnes, pour la ferveur amicale dont son équipe l’entourait, ignorant superbement les trous dans le budget, et pour son humour.

Première du film "Queen of Montreuil" de Sólveig Anspach au Festival Paris-Cinéma (07.07.2012). De gauche à droite : l'acteur Samir Guesmi, la réalisatrice Sólveig Anspach, l'actrice Florence Loiret-Caille et un invité.
Première du film "Queen of Montreuil" de Sólveig Anspach au Festival Paris-Cinéma (07.07.2012). De gauche à droite : l'acteur Samir Guesmi, la réalisatrice Sólveig Anspach, l'actrice Florence Loiret-Caille et un invité. Crédits : Photo Foc Kan / WireImage - Getty

Elle a eu une vie semblable à un roman, un film de comédie musicale doux amer, où même si la mort l’emporte à la fin, la joie domine. Elle-même est née d’une histoire d’amour improbable et lumineuse entre un ancien GI américain, Juif new-yorkais né à Berlin, et une jeune étudiante islandaise, qui deviendra la première femme architecte de son pays. Ils se rencontrent aux Beaux-Arts de Paris. Sólveig et sa sœur Thorunn grandissent à Paris.   

Ténacité et humanité comme maîtres mots

Sólveig Anspach sait très tôt qu’elle veut faire du cinéma. À cette époque, il y a très peu de femmes cinéastes, mais sa mère l’encourage : Les femmes peuvent tout faire, il faut simplement être plus tenace que les hommes... Toute sa vie, la ténacité sera son maître mot. Elle rentre à la Fémis, où elle découvre l’impact du documentaire. À la sortie de l’école, pendant dix ans, elle réalise des documentaires marquants, parcourant le monde (de l’Islande à Sarajevo en guerre, de Montreuil aux Etats-Unis pour un documentaire sur la peine de mort…). Elle s’intéresse d’abord à ceux laissés sur le bas côté par la société, ceux qui n’ont pas les moyens de s’exprimer, avec une sensibilité particulière pour les paysages. Si ces films gardent la même tendresse, le même regard de peintre que l’ensemble de sa filmographie, c’est une première période beaucoup plus sombre, poignante. 

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À 34 ans, alors qu’elle est enceinte, on lui annonce qu’elle a un cancer. Cela deviendra le sujet de son premier film de fiction, Hauts les cœurs (1999), qui marque un tournant dans sa carrière. À partir de là, elle tourne principalement des fictions, portées par des personnages féminins forts, fêlés et lumineux. Portée par l’urgence de vivre et d’être heureuse, étant heureuse en filmant, Sólveig Anspach enchaîne les projets, bravant les difficultés. Plus la maladie entrave son quotidien, plus ses films donnent de la joie, légers, drôles, généreux. Des films antidotes.

Dans la suite logique de Sarajevo, c’est "Haut les cœurs ! ". Donc, en rentrant de Sarajevo, Sólveig a découvert qu’elle avait un cancer. Donc, cette grande bataille a commencé. Très vite, l’idée de faire un film avec ça est apparue. Comme quelque chose qui était susceptible de la faire tenir. Ce qui pouvait la faire tenir, c’est le fait que Clara (son enfant à naître) existe et naisse et il y avait un impossible absolu. Ce qu’on lui disait c’est que "si vous voulez vivre, il faut enlever votre enfant de vous". Ça, c’était un impossible ! Donc la seule chose qui pouvait faire que Sólveig vive, c’était de trouver une solution pour que Clara existe et que ce désir d’enfant arrive à aboutissement. Isabelle Razavet, directrice de la photographie

Son dernier film, L’Effet aquatique (2016), histoire d’amour lumineuse et fantasque, remportera un vif succès critique et public. Elle meurt en 2015, à 54 ans. 

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Intervenants :

La réalisatrice Sólveig Anspach, à Toulouse, dans le cadre du festival du film grolandais.
La réalisatrice Sólveig Anspach, à Toulouse, dans le cadre du festival du film grolandais. Crédits : PHOTOPQR / LA DEPECHE DU MIDI ; DDM / XAVIER DE FENOYL - Maxppp

Lectures : Ásdis Ólafsdóttir ; poème final de Florence Loiret-Caille et poème islandais de Didda Jónsdóttir.

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1 min
Hommage de Karin Viard, à la cinéaste Sólveig Anspach, dans l'émission Making Of, de Pascale Clarke sur France Inter, le 17 octobre 2015

Un documentaire de Mariannick Bellot, réalisé par Lionel Quantin. Prises de son, Olivier Dupré ; mixage, Claire Levasseur. Archives INA, Sophie Henocq et Manuela Dubessy. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France. Nouvelle page internet, Sylvia Favre.

Remerciements à Matilde Grosjean, Samir Guesmi, Didda Jónsdóttir, Karin Viard.

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