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Albert Uderzo le 11 octobre 2005 dans son bureau des éditions Albert-René.

Albert Uderzo : "J'aime mieux me considérer comme un artisan."

28 min
À retrouver dans l'émission

Aujourd'hui, nous recevons le dessinateur et scénariste de bande-dessinée Albert Uderzo . Pour nous, il revient sur l'histoire et la création d'Astérix, à l'occasion de la parution du hors-série de Philosophie Magazine "Astérix chez les philosophes".

Albert Uderzo le 11 octobre 2005 dans son bureau des éditions Albert-René.
Albert Uderzo le 11 octobre 2005 dans son bureau des éditions Albert-René. Crédits : Eric Feferberg - AFP

Invité de Tewfik Hakem, le dessinateur Albert Uderzo compose devant lui un grand portrait d'Astérix, qu'il commence par le nez, "c'est un tic" chez lui, précise-t-il. Il ne se voit pas comme un artiste mais plutôt comme un artisan. "J'ai toujours dit que j'étais un artisan", reconnaît-il, comme son père qui était luthier et dont il admirait le travail.

Il évoque avec émotion la mort de son compère René Goscinny, il y a de cela 37 ans. En plus du chagrin, il a dû se battre pour se faire reconnaître comme véritable co-auteur d'Astérix. "Je me suis rendu compte que je n'avais pas marqué mon poids sur le personnage", confie-t-il un brin amer et Goscinny décédé, il entendait autour de lui "qu'Astérix était mort également". Cela lui a alors donné "un coup de pouce extraordinaire", une envie de se "faire reconnaître" et de sortir "de l'ombre".

Nous avons toujours été deux, dans tous les domaines... dans la construction. Évidemment, lui [René Goscinny] était à l'écriture et il était magistral avec un humour extraordinaire, et moi je suivais derrière et je savais très bien ce qu'il voulait donner. Il n'a jamais été déçu de mon dessin et je n'ai jamais été déçu de son scénario. Il y avait une osmose très forte que je n'ai jamais retrouvée. Albert Uderzo

Il raconte la genèse de la création des personnages d'Astérix et Obélix puis l'arrivée d'Idéfix à partir de l'album "Le Tour de Gaule" alors qu'ils ne voulaient pas de chien pour ne pas imiter Tintin et Milou. Ce sont les lecteurs de la revue Pilote qui l'ont baptisé ainsi.

Dans le premier épisode, Obélix apparaît très très peu, il accompagne mais il est là dans le décor et René Goscinny s'est alors rendu compte qu'il avait besoin d'Obélix, d'un deuxième personnage, plus fort mais avec moins d'esprit. La combinaison s'est faite tout de suite. On a donc été, malgré nous, conduits à faire deux personnages et après est arrivée l'histoire du petit chien et ces deux personnages ont été accolés à un petit chien, contrairement à ce que l'on voulait avoir.

Cette semaine, en cinq épisodes et en compagnie de Sven Ortoli, journaliste, écrivain et rédacteur en chef du hors-série de Philosophie Magazine Astérix chez les philosophes, nous suivrons Astérix , figure mythique de la bande-dessinée, qui s'invite chez les philosophes. Philosophie magazine  a demandé à une trentaine d’intellectuels européens (philosophes, linguistes, anthropologues, politologues, économistes, médecins …) de décrypter le génie d’Astérix . À travers des thèmes qui touchent chacun d’entre nous de la force du rire au rapport au corps en passant par la place de la femme ou le rapport à la mondialisation, ils analysent l’évolution d’Astérix au fil des événements sociétaux sur trente-cinq albums et cinquante ans.

Nous avons aussi eu le grand plaisir de voir naître sous nos yeux un Astérix dédicacé au nom de l'émission et de France Culture.

Albert Uderzo
Albert Uderzo Crédits : Albert Uderzo
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