LE DIRECT

"Les derniers juifs arabes" avec Benjamin Stora (4/4) / Asaf Hanuka

30 min
À retrouver dans l'émission

Les Têtes chercheuses
Série "Les derniers juifs arabes" avec Benjamin Stora, historien, Président du conseil d'orientation du Musée de l'histoire de l'immigration et auteur du livre Les clés retrouvées chez Stock , et avec Tobie Nathan.

Episode 4

Benjamin Stora Paula Jacques et Tobie Nathan
Benjamin Stora Paula Jacques et Tobie Nathan Crédits : Radio France
B.Stora P.Jacques et T.Nathan
B.Stora P.Jacques et T.Nathan Crédits : Radio France

Il y a eu une pénétration européeene beaucoup plus forte au Maghreb qu'en Orient.

L'arabe d'Egypte est le plus proche de l'hébreu, c'est comme l'italien et l'espagnol.

Le processus d'assimilation était très engagé (...) La culture arabe juive par la langue a eu du mal à survivre en situation de déracinement et d'exil parce qu'elle n'a pas été transmise, ni enrichie... Une langue se perd lorsqu'elle n'est ni transmise, ni enrichie.

Lorsque la mère de Benjamin Stora est décédée en 2000, il a découvert, au fond du tiroir de sa table de nuit, les clés de leur appartement de Constantine, quitté en 1962. Ces clés retrouvées ouvrent aussi les portes de la mémoire.

La guerre est un bruit de fond qui s'amplifie soudain. Quand, en août 1955, des soldats installent une mitrailleuse dans la chambre du petit Stora pour tirer sur des Algériens qui s'enfuient en contrebas, il a quatre ans et demi et ne comprend pas. Quelques années plus tard, quand ses parents parlent à voix basse, il entend les craintes et l'idée du départ. Mais ses souvenirs sont aussi joyeux, visuels, colorés, sensuels. Il raconte la douceur du hammam au milieu des femmes, les départs à la plage en été, le cinéma du quartier où passaient les westerns américains, la saveur des plats...

Ces scènes, ces images révèlent les relations entre les différentes communautés, à la fois proches et séparées. Entre l'arabe quotidien de la mère et le français du père, la blonde institutrice de l'école publique et les rabbins de l'école talmudique, la clameur des rues juives et l'attirante modernité du quartier européen, une histoire se lit dans l'épaisseur du vécu.

Benjamin Stora a écrit là son livre le plus intime. À travers le regard d'un enfant devenu historien, il restitue avec émotion un monde perdu, celui des juifs d'Algérie, fous de la République et épris d'Orient.

L'invité culturel
Asaf Hanuka, auteur israélien, pour la bande dessinée K.O à Tel Aviv (volumes 1 et 2) parue aux éditions Steinkis

Asaf Hanuka
Asaf Hanuka Crédits : Radio France
K.O à Tel Aviv
K.O à Tel Aviv Crédits : Radio France

L'autoportrait:

Dessin Asaf Hanuka
Dessin Asaf Hanuka Crédits : Radio France

Je suis venu en France pour apprendre "la French Touch", mais j'ai compris que je ne pourrais jamais être français, ni avoir la French Touch. Alors je suis rentré chez moi et j'ai développé "l'Israelienne Touch" qui est: dessiner mal, mais avec pleins d'émotions. (rires)

Références musicales:

Extrait 1: "Inta omri" Oum Kalthoum

Extrait 2: "Inta omri" Sarit Hadad

Extrait 3: "Cyclamen" Asaf Avidan

Intervenants
  • Historien, membre du conseil d'administration de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, et ancien président du conseil d'orientation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration.
  • illustrateur et dessinateur de bande dessinée
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......