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Épisode 4 :

Un danger invisible, une mémoire confisquée / Deuxième partie : Cornelia Bästlein

28 min
À retrouver dans l'émission

Comment rendre compte en photo de la vie à Tchernobyl aujourd'hui et des traumatismes causés par la catastrophe ? L'artiste photographe Alain-Gilles Bastide poursuit son carnet de voyage... 2ème partie : exposition et photographie de Lore Krüger avec la commissaire Cornelia Bästlein

Crédits : © Alain-Gilles Bastide

Première partie / Série : Paysages de Tchernobyl : trente ans après

Episode 4 : Un danger invisible, une mémoire confisquée

Avec notre tête chercheuse : Alain-Gilles Bastide

(...) La «PHOTO-POÉSIE» - activité polymorphiste, qui permet l’association de formes et pratiques a-priori hétérogènes - est le moteur du travail d’Alain-Gilles Bastide, dès son début (1968). Il se dit «IMAGIER» et répudie l’appellation de photographe. Il s’applique à démystifier «LE photographe» version Blow-up, serviteur complaisant de la société du spectacle, et il décide de ne travailler qu’avec l’outillage de monsieur tout le monde.
Dès le début des années 70, il va participer à de nombreux festivals et rencontres photographiques. Avec son premier grand reportage (AMOCO-CADIZ), «La marée était en noir», il signera des publications importantes dans PhotoCinéma / Pentax Photographie Japon / Bulletin de l’UNESCO / etc .... C’est ensuite au Mexique qu’il conduit son second, «IXTOC-ONE», proposé comme «Le rêve en bleu d’Esteban», qui fera l’objet d’expositions à Paris et en Province. La critique parle d’ «un livre qui brûle les plates-formes» (ZOOM) et ses images sont reprises et publiées par Paris-Match et la presse du monde entier qui le consacrent bien malgré lui, «grand reporter».
Les travaux se multiplient et s’exposent à Paris, Amsterdam, Lima, Cologne, Tokyo ... «SANGUINE-BLOODSTONE» est exposé à Paris pendant le Mois de la Photographie (Catalogue 82) et le magazine ZOOM s’en fait un large écho. Le Musée d’Art Moderne de Paris fait l’acquisition d’une première photographie. Dans les années 80, son travail a été distribué par les agences Gamma à Paris, Black Star à New York et Pacific Press Service (Magnum) à Tokyo. (...)
En 2006, le Musée d’Art Contemporain de Barcelone (CCCB) se porte acquéreur du Mémorial qu’il a réalisé pour les 700 villages enterrés après la catastrophe de Tchernobyl. Cette œuvre ouvrira l’exposition européenne «IL ÉTAIT UNE FOIS TCHERNOBYL» réalisée au CCCB pour le 20 ème anniversaire de la catastrophe. (…)
Jean-Pierre Dupuy

Pour retrouver TCHERNOBYL FOREVER / Carnet de voyage en enfer :

Retrouvez les programmes spécialement consacrés à Tchernobyl dans les documentaires Sur Les Docks et en podcast dans les émissions Sciences sur France Culture

Deuxième partie / L'invitée culturelle :

Cornelia Bästlein, commissaire de l’exposition Lore Krüger, une photographe en exil, 1934-1944, au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme jusqu’au 17 juillet

Connue en Allemagne pour ses traductions de littérature anglo-saxonne, Lore Krüger pratiqua la photographie, entre 1934 et 1944, avec un talent que l’on ne découvre qu’aujourd’hui. Née Lore Heinemann à Magdebourg en 1914, elle a dix-neuf ans lors de la prise de pouvoir de Hitler en 1933, et c’est en exil, à Londres, puis en Espagne et en France, qu’elle va développer son oeil de photographe.
Installée à Paris pour suivre l’enseignement de Florence Henri, elle pratique le portrait et la nature morte, mais aussi le reportage.
En 1940, elle est internée dans le camp de Gurs, mais elle parvient à fuir jusqu'à New York. En 1946, elle retourne vivre à Berlin-Est et abandonne la photographie pour des raisons de santé.
Restés longtemps dans une valise, quelque cent tirages originaux sont tout ce qui reste du travail de Lore Krüger.
En 2008, deux jeunes Berlinoises, Cornelia Bästlein et Irja Krätke, découvrent cet ensemble et décident de le faire connaître. L’artiste, décédée en 2009, ne pourra voir l’exposition finalement présentée à la galerie C/O de Berlin en 2015.
L’exposition du mahJ dévoile une photographe originale, à l’oeuvre profondément ancrée dans l’esthétique de l’entre-deux-guerres, et à la palette d’expressions diversifiées : scènes de rue et paysages savamment construits ; portraits dynamiques et vivants ; reportages à l’humanité profonde – telle sa description du pèlerinage gitan des Saintes-Maries-de-la-Mer en 1936 ; et riches explorations formelles révélées dans des natures mortes et des photogrammes.
L’exposition permet aussi de suivre le parcours d’une exilée, parallèle à celui de tant d’autres juifs allemands, opposants, artistes et intellectuels, venus en France en 1933, et piégés lors de la défaite. Lore Krüger s’engagea activement dans la lutte contre le franquisme et le nazisme, et retraça sa vie dans une autobiographie, publiée peu après sa mort.

Lore Krüger
Lore Krüger Crédits : © 2016 Succession Lore Krüger
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