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"Traduire : être soi dans l'ombre d'autrui" avec Christine Laferrière (4/5) / François Bégaudeau pour "La politesse"

28 min
À retrouver dans l'émission

Les Têtes chercheuses
Le Salon du livre de Paris se déroulant du 20 au 23 mars, nous vous proposons cette semaine la série "Traduire : être soi dans l'ombre d'autrui" avec Christine Laferrière, traductrice.

Episode 4 : "Liberté, soumission, traduction"

Christine Laferrière est professeur d'anglais en région parisienne, ainsi que traductrice, à ce jour, d'une vingtaine d'ouvrages. Elle nous fait découvrir le parcours qui l'a amenée à traduire des auteurs anglais ou tchèques (de J.R.R. Tolkien à Toni Morrison ; de Martin Smaus à Jaroslav Rudis) et s'exprime sur certains aspects, parfois méconnus, de son activité.

Voici donc, en cinq parties, un entretien avec celle qui dit chercher le mot juste à la manière d'un détective et tente de servir tant le texte que le lectorat, tout en revendiquant de ne pas créer.

A chaque fois que je traduis un texte, j'ai l'impression d'être habitée par ce texte.

On ne peut pas traduire un texte en gardant constamment en tête la biographie de l'auteur.

Au dire de l'auteur, cette histoire puise sa source dans son émerveillement face au monde des Tziganes et sa fascination pour des gens qui n'ont pas encore oublié qu'eux aussi ont jadis été enfants, et qui arrivent encore à chercher et à rêver. Mais elle devient universelle face aux êtres marginaux qu'elle dépeint, tant elle saisit la profondeur de leur âme. L'histoire tragique d'Andrejko, arraché à son hameau et plongé dans le monde des voleurs à Prague, se double, en filigrane, de celle de son peuple. Les Dunka vivent au gré des changements politiques - ils fuient les nazis puis les Russes, sont déplacés de force et paient un lourd tribut à l'Histoire dans leur propre chair. Devenu voleur hors pair, Andrejko connaît l'injustice et la haine des gadjé, parfois aussi celle des siens, passe de Prague à Plze(...), de la maison de correction à la prison, lorsqu'il ne se réfugie pas dans sa campagne natale avec sa jolie cousine. Il tente de s'adapter à la société, sinon de retrouver ses racines, de placer certaines valeurs morales au-dessus de l'argent, mais il finit seul et le lecteur est aussi libre que lui d'imaginer la suite...

(traduit du tchèque par Christine Laferrière)

1989. Frontière germano-tchèque. Depuis la dernière guerre, les quais de Bílý Potok ne vibrent plus sous le poids des locomotives à vapeur.

Et pourtant, surgi d'un brouillard épais, leur fantôme ne cesse de tourmenter Alois Nebel.

Née du désir du romancier tchèque Jaroslav Rudi(...) de raconter l'histoire de son grand-père cheminot, cette trilogie « ferroviaire » nous fait découvrir la vie d'un contrôleur de trafic bonhomme habitant les montagnes de Silésie.

(traduit du tchèque par Christine Laferrière)

La Légende de Sigurd et Gudrún nous donne, pour la première fois, directement accès à l'imaginaire nordique de J.R.R. Tolkien. Deux grands poèmes (le Nouveau Lai des Völsung et le Nouveau Lai de Gudrún ), écrits au début des années 1930, racontent dans le style caractéristique de l'auteur du Seigneur des Anneaux les légendes nordiques de l'Ancienne Edda , les combats de Sigurd, la mort du dragon Fáfnir, l'histoire tragique de Gudrún et de ses frères, tués par la malédiction de l'or d'Andvari.

Illustrés par des vignettes en noir et blanc, ces magnifiques poèmes (qu'introduit une présentation des légendes du Nord par l'écrivain lui-même) montrent ce qu'a retenu Tolkien de la mythologie scandinave pour le reprendre à son tour, dans Le Seigneur des Anneaux et dans Les Enfants de Húrin.

(traduit de l'anglais par Christine Laferrière)

Aux Etats-Unis, dans les années 1950, le parcours de Frank Money, un vétéran noir de la guerre de Corée de 24 ans qui veut retrouver Cee, sa soeur malade...

(traduit de l'anglais par Christine Laferrière)

L'invité culturel
Nous recevons aujourd'hui François Bégaudeau pour son roman La politesse paru aux éditions Gallimard.

François Bégaudeau
François Bégaudeau

J'ai voulu me concentrer sur une position d'auteur de littérature (...), c'était une façon de calibrer le livre et de recentrer son objet.

Mon but n'est pas de dénoncer, mais de raconter des situations, avec tout ce qu'elles peuvent avoir de problématique, d'ambivalent, de complexe, de nuancé.

La politesse
La politesse

« La Voix du Nord demande si les deux auteurs se sentent particulièrement concernés par le thème de ce soir, Écrire la vie. Nous nous sentons particulièrement concernés. Nous ne voyons pas ce que nous pourrions écrire d'autre. En poussant un peu, nous pourrions démontrer qu'écrire la vie est un pléonasme. - Mais est-ce que ce n'est pas voué à l'échec ? Nous pensons que si. Nous persistons néanmoins dans cette gageure. Nous serons bientôt au Salon du livre. »

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