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Antonio Lobo Antunes 3/5

57 min
À retrouver dans l'émission

Une semaine durant, une heure autour de Antonio Lobo Antunes, entretiens et fictions. Chaque jour à 20h, la rediffusion de ses entretiens "A voix nue", suivis à 20h30 par la série des lectures de ses textes. Les deux ont déjà été diffusés à l'antenne en avril 2011.
Antonio Lobo Antunes est né en 1942 à Lisbonne, dans le quartier de Benfica, une ville où il vit toujours.

Il est l’aîné d’une fratrie de six garçons, au sein d’une famille qui a donné beaucoup de militaires et de médecins au Portugal, une double hérédité qui va compter, puisque l’expérience de la guerre en Angola le marquera à jamais, et qu’il sera ensuite médecin psychiatre dans un hôpital lisboète, l’hôpital Miguel Bombarda.

Son premier livre parait en 1979, 5 ans après la Révolution des Œillets, qui provoqua la chute de la dictature Salazariste. Un premier roman qui lui valut une célébrité aussi forte que soudaine, l’installant dans le paysage littéraire non seulement portugais mais très vite mondial, faisant d’Antonio Lobo Antunes l’un des favoris du Prix Nobel de Littérature, depuis plusieurs années.

En France, Antonio Lobo Antunes est publié par les éditions Christian Bourgois et les éditions Métailié, mais on peut trouver la majorité de ses livres en format poche dans la collection Points ou 10|18.

A voix nue : Episode 3 "L'entrée en littérature" Antonio Lobo Antunes s'entretient avec Arnaud Laporte

Le Feuilleton : Episode 3 Réalisation : Etienne Vallès

Mon nom est légion est le dernier roman d’António Lobo Antunes traduit en français par Dominique Nedellec et publié aux éditions Christian Bourgois.

« Un policier en fin de carrière a reçu pour mission de neutraliser une bande d’adolescents se livrant à « des actes antisociaux à caractère violent » et qui a pour base de repli le Quartier du Premier-Mai, amoncellement hétéroclite d’habitations clandestines au nord-ouest de Lisbonne. Les suspects sont « des métis et des Nègres originaires de ce qu’on appelle les ex-colonies, désignation discutable », et donc naturellement « enclins à la cruauté et à la violence gratuites ». Dans un rapport destiné à sa hiérarchie, le policier détaille l’opération qu’il a pour tâche de superviser. Mais la précision toute professionnelle de « l’agent de première classe » cède bientôt la place à des divagations amères, à des épanchements endoloris : vexations infligées par ses supérieurs et collègues, ratés familiaux et sentimentaux, vague à l’âme abyssal, autant de motifs qui viennent sous sa plume aussi facilement que le descriptif minutieux des exactions commises par les « suspects ».

Le policier n’est cependant que le premier d’une longue série de narrateurs, tous concernés à des titres divers par l’enquête. Au fil des dix-neuf chapitres, près d’une vingtaine de narrateurs se succèdent. Autant dire, l’humanité tout entière. Que lit-on ? Des vraies fausses dépositions, des monologues imaginaires, des confessions fantasmatiques ? En réalité, peu importe qui parle, qui écrit, qui entonne ce chant. Peu importe qu’il s’agisse d’une multitude ou d’une seule et même voix (« mon nom est Légion », dit l’homme possédé de l’Évangile), plus ou moins spectrale. S’il aborde des thèmes comme le racisme primaire – et un passé colonial qui décidément ne passe pas –, les inégalités sociales, les déchirures familiales, l’auteur a tôt fait de leur conférer une dimension universelle et ce qui, à première vue, pouvait relever du fait divers gagne une ampleur et une profondeur bibliques.

Biographie de l’auteur

Né en 1942 sous la dictature salazariste, António Lobo Antunes est issu d’une famille de la grande bourgeoisie portugaise. Médecin, il se spécialise en psychiatrie et exerce à l’hôpital Miguel Bombarda de Lisbonne jusqu’en 1985. Lobo Antunes nourrit son écriture du matériel psychique qui a marqué toute une génération de Portugais : les contradictions d’une bourgeoisie à la fois ravie et mise à mal par la Révolution des œillets, les traumatismes de la guerre coloniale et le retour désœuvré des colons en métropole. António Lobo Antunes a reçu le Prix Union Latine en 2003, le Prix Jérusalem en 2005 et le Prix Camoes, le plus prestigieux du monde lusophone, en 2007.

Texte dit par Geneviève Mnich

Assistance technique et montage : Sylvain Dangoise

Prise de son et mixage : Rémi Fessart

Assistante à la réalisation : Delphine Lemer

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