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Vue aérienne de l'embouchure de la Seine entre Le Havre et Honfleur

Arrivée à l'embouchure de la Seine : le départ de Gauguin (Le Havre)

9 min
À retrouver dans l'émission

Etape finale du voyage séquanien : ce fut tout à la fois un voyage dans le temps, mais aussi dans l'espace mystérieux où se rejoignent la vie et la littérature. C'est que cette descente de la Seine avec ses 40 points d'étape nous a permis d'entendre le récit d'histoires éclectiques liées au fleuve.

Vue aérienne de l'embouchure de la Seine entre Le Havre et Honfleur
Vue aérienne de l'embouchure de la Seine entre Le Havre et Honfleur Crédits : Frank Ramspott - Getty

Après 775 kilomètres à se laisser mener par la descente de la Seine, nous voilà arrivés au bout de notre aventure estivale. François Sureau notre guide de l’été, accompagné de près par le réalisateur Vincent Decque, dit mieux que personne la tristesse de l’interruption que nous sentions poindre cette semaine.

Nous nous sentons comme un Mallarmé habité par les désirs de Gauguin si c'est possible : partir là-bas, partir, disait le poète du quartier de l'Europe que nous avons traversé. Et l'on peut imaginer devant nous les steamers balançant leur mâture. Il y avait trois ou quatre voyages dans le voyage que nous avons fait ensemble. Un voyage dans le temps avec notre amour pour seule machine à remonter les années. Et ce voyage nous a fait retrouver Apollinaire, André Breton, Merlin l'Enchanteur et les jansénistes de Port-Royal… (François Sureau)

Le moment est venu de choisir le dernier terme de la somme d’anecdotes qui nous accompagnent depuis le début de l’été. Ensemble de récits dont la cohérence tient à l’amour de François Sureau pour la littérature et la poésie, le patrimoine, l’histoire et les histoires… bref à son amour de la vie. On en termine par ce qui aurait pu être une erreur de la part de notre guide. A ses dires, il doit cette croyance à Agram Bagramko. Souvenez-vous, Bagramko est le peintre surréaliste qui a écrit Ma Source la Seine. C’est de ce livre que s’est inspiré François Sureau pour entamer son voyage et constituer les pérégrinations radiophoniques que nous connaissons.

Quant à Gauguin, j'ai longtemps cru, pour ma part qu'il s'est embarqué du Havre en 1890 pour rejoindre la Polynésie, au moment où la gloire qu'il avait tant cherchée commençait à le rejoindre, après cette extraordinaire vision, après le sermon qui représente la lutte de Jacob avec l'ange. Il avait écrit à Mette, sa femme : « puisse venir le jour et peut-être bientôt où j'irai m'enfuir dans les bois, sur une île de l'Océanie, vivre là d'extase, de calme, d'art, entouré d'une nouvelle famille, loin de cette lutte européenne après l'argent ». Mais le billet coûtait trop cher, précisément. Et comme je ne l'ai découvert que récemment, c'est au départ de Marseille, par le chemin maritime des écoliers, que Gauguin a fini par rejoindre Tahiti. (François Sureau)

Une chanson comme accord final...

Pour conclure les dernières secondes de cette série, vous avez pu entendre François Sureau dans une interprétation inédite de La Marine de Georges Brassens.

Bibliographie

Couverture de "L'Or du temps" de François Sureau

L'Or du tempsFrançois Sureaued. Gallimard, 2020

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