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Transport de la statue du général Mangin à Paris, le 14 mars 1932

Kilomètre 50 : l’honneur des hommes (Châtillon-sur-Seine)

9 min
À retrouver dans l'émission

Dans notre descente du cours de la Seine, nous suivons François Sureau jusqu'au kilomètre 50 de ce périple. L'éloignement des origines du fleuve, c'est-à-dire de Source-Seine, sera l'occasion de découvrir le berceau natal du général Mangin, un héros peu évoqué de la Première Guerre mondiale.

Transport de la statue du général Mangin à Paris, le 14 mars 1932
Transport de la statue du général Mangin à Paris, le 14 mars 1932 Crédits : Keystone-France - Getty

Après la découverte de Source-Seine deux jours durant – l’origine du fleuve dont Paris a largement contribué à la renommée mondiale –, nous avançons jusqu’au kilomètre 50. Une première escale parmi les nombreuses qui ponctueront le voyage estival le long des eaux de la Seine. François Sureau nous invite à Nod-sur-Seine, petit village de quelques deux-cents âmes. Sans l’intervention du hasard qui fit naître Charles Mangin, nous n’aurions sans doute jamais croisé jusqu’au nom de ce lieu. C’est à travers ces détails qui comptent que les territoires rejoignent l’écriture de l’Histoire. Pour reprendre les termes de notre guide, "c’est l’irruption de l’épopée de la France libre, c'est l'irruption de l'épopée du Tchad et des guerres franco-allemandes au milieu de cette vallée de la Seine si paisible, silencieuse et presque déserte". 

De cette région que nous aurions traversée, puis oubliée sans y porter plus d’attention, nous garderons le souvenir de cette famille assez inconnue et quelque peu admirable, les Mangin, et pour commencer celui d’un sacré rejeton : Charles. Ce jeune homme avait rejoint les troupes militaires françaises et s’était d’abord fait repérer dans sa charge de soldat colonial, avant de devenir un général reconnu de la Première Guerre mondiale, artisan de ce qu’on a longtemps appelé la victoire française.

Le général anglais et grand ami de la France libre, Edward Spears, le décrivait comme "une force jaillissante". Son credo, c’était l’offensive. Ce qui nous permet de comprendre pourquoi il était considéré comme une bête noire en Allemagne. François Sureau en veut pour preuve que, lors du second conflit mondial :

dans le wagon de la première capitulation, en 1940, Hitler a fait dynamiter la statue du général Mangin dans la carrière de Rethondes. Il en fit détruire une autre à Metz. De même, à l'arrivée dans Paris le 18 juin 1940, le premier acte des généraux pour plaire à Hitler a été de faire sauter, exploser le Mangin de pierre qui dominait la place Denys-Cochin. "Mon père, dira l'un de ses fils, n'aura jamais eu d'aussi belles citations."

Un épisode pour mêler les territoires de la Seine tortueuse à l'histoire de France...

Bibliographie

Couverture de "L'Or du temps" de François Sureau

L'Or du tempsFrançois Sureaued. Gallimard, 2020

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