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Cloître de l'abbaye de Port-Royal (Paris)

Le souvenir des solitaires (Paris)

8 min
À retrouver dans l'émission

Au programme ce jour, une leçon de théologie devant l'abbaye de Port-Royal. Outre les oppositions entre jansénistes et jésuites, François Sureau nous fait (re)découvrir une figure quasi oubliée, parlementaire de métier et l'un des esprits les plus brillants du XVIIème siècle : Antoine Le Maistre.

Cloître de l'abbaye de Port-Royal (Paris)
Cloître de l'abbaye de Port-Royal (Paris) Crédits : Via Wikimedia Commons

Dans la séquence parisienne de notre descente estivale de la Seine, un point de théologie au programme du jour. Nous sommes devant le cloître de Port-Royal, sur le boulevard du même nom, où plane une atmosphère particulière due tant à l’héritage religieux que politique du jansénisme.

C'est une doctrine très sévère qui combinait une doctrine catholique, le souci des pauvres, la sortie du monde, une vie extrêmement ascétique et une idée extrêmement pessimiste de la nature humaine fondée sur la prédestination absolue – le petit nombre des élus –, le fait que la massa damnata, la masse des damnés, était beaucoup plus importante que la masse des sauvés. Et cette hérésie, qui ressemblait à certaines hérésies protestantes, a été condamnée par le siège apostolique et donc a été persécutée par le roi de France qui était, lui, plutôt conseillé par des jésuites qui ont été les grands adversaires du jansénisme. (François Sureau)

François Sureau nous parle selon lui d’un des esprits les plus brillants de son temps, le XVIIème siècle. Antoine Le Maistre de Sacy est désormais une figure quasi oubliée.

Il appartenait à une grande famille parlementaire et janséniste et c'était un homme absolument exceptionnel. Vous pouvez imaginer quelque chose qui serait à la fois Dupont-Moretti, Giscard jeune ministre et Bill Gates : une des grandes gloires de son temps. Il commença à plaider à vingt ans, en 1629, et il déclasse immédiatement au Parlement de Paris tous ses concurrents. (François Sureau)

Par le talent de ses plaidoiries, il surpasse ses pairs si bien que Richelieu veut en faire un ministre. Proposition à laquelle il oppose un franc refus. François Sureau nous raconte comment cet homme que son génie distinguait en est venu à renoncer à tout, à s’isoler, à ne presque plus parler. Bref, à se cloîtrer, en refusant bien entendu les honneurs qu’auraient pu lui conférer le titre d’évêque.

Bibliographie

Couverture de "L'Or du temps" de François Sureau

L'Or du tempsFrançois Sureaued. Gallimard, 2020

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