LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Une histoire particulière documentaire 1 : Dimanche 25 décembre 2016

29 min

Un documentaire de Nedjma Bouakra Réalisé par Nathalie Salles

Qui a vu la Colonne de Juillet ? Il est une colonne que tout le monde croit connaître. Tant elle est là au centre de notre imaginaire… Les touristes en font le tour, les Parisiens y grimpent régulièrement et s'enroulent tout autour les jours de manifestation, réincarnant furtivement le geste et l'histoire. Mais de quelle histoire parle-t-on ? A y regarder de plus près, la colonne et son génie sont à l'emplacement d'une prison, d'une révolution, de plusieurs insurrections, de deux rives, et de quelques chimères et d'un grand amour.

1er épisode : L'énigme de la colonne.

On le sait on fait le tour de la Colonne de Juillet comme pour boucler une requête collective faite à la République, parfois à grands coups de sifflets et klaxons. Il y a tout ceux qui y vinrent en cortèges 1981,1995, 2012… La République, ce génie aux pieds d'argile convoque son peuple pour que ces quelques mots - Liberté, Egalité, Fraternité - s'incarnent à chaque génération.

Le Génie, là-haut, celui de la Bastille semble donner une direction au peuple parisien. Il porte dans la main droite un flambeau et dans la gauche les chaînes brisées du despotisme. Avec son beau visage régulier, il tient du Mercure volant de Jean Bologne exposé au Louvre dont il reprend l'élan aérien. Étrange, cette figure masculine, à bien y regarder… la figure de la Liberté est traditionnellement incarnée par une femme depuis 1789. C'est qu'il fut conçu pour commémorer 1830 ! Et non 1789… et une référence trop explicite à la figure féminine de 1789 n'aurait pu convenir à la toute nouvelle Monarchie de Juillet qui dama le pion aux républicains désorganisés.

Il fut un temps imaginé à cette même place : un Éléphant. Ce fut une lubie d'empereur : " Il sera élevé sur la place de la Bastille, une fontaine de la forme d'un éléphant en bronze, fondu avec les canons pris sur les Espagnols insurgés ; cet éléphant (…); l'eau jaillira de sa trompe. ". L'éléphant réalisé en plâtre cacha sous ses pieds le Gavroche de Victor Hugo : " Dans cet angle désert et découvert de la place, le large front du colosse, sa trompe, ses défenses, sa tour, sa croupe énorme, ses quatre pieds pareils à des colonnes faisaient, la nuit, sur le ciel étoilé, une silhouette surprenante et terrible. On ne savait ce que cela voulait dire " ". Longtemps, l'éléphant cohabita avec la colonne que Victor Hugo surnommait goguenard : " le tuyau de poêle "... puis le plâtre s'effrita. Baudelaire, passa un jour d'insurrection à son chevet pour réanimer sa flamme.

Et Paris agité par son peuple se retrouva au pied de la colonne durant deux cent ans, 1830, 1848, 1871, bals du 14 juillet, suffragettes en 1935 … jusqu'à aujourd'hui. Mais qui sait aujourd'hui qu'en dessous de la colonne dorment les tombeaux des insurgés.

Chroniques
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......