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Challenge pour Owen

Automobiles et psychotropes

59 min

Selon une étude de l'Inserm, la prise de médicaments à risque serait responsable de 3 à 4 % de l'ensemble des accidents de la circulation en France.

Challenge pour Owen
Challenge pour Owen Crédits : Olivier Chaumelle

Une histoire particulière enregistrée par Olivier Dupré, réalisée par François Teste et racontée par Olivier Chaumelle

Le 1er juillet 1998, un article du Figaro intitulé "Cannabis : contrevérités dangereuses" ainsi que plusieurs dans le Quotidien du Médecin, commentent le fait qu'il aurait été trouvé "du cannabis dans le sang de 16% des conducteurs impliqués dans un accident mortel", suivant une enquête réalisée à l'initiative du Comité interministériel de Sécurité routière.

Ce pourcentage se situe au cœur d'une argumentation remettant en cause les conclusions du rapport Roques sur la dangerosité des psychotropes et déplorant le vide juridique concernant le dépistage de produits toxiques lors des accidents de la route.

1ère partie : Owen, les benzodiazépines et la départementale 770

"Un accident des plus courants; en ligne droite, par temps clair..."

Le 27 juin 2012, à 14h45, le jeune Owen Morvan se rend à vélo de Plouguerneau à Lesneven (29), pour son entraînement d’athlétisme, avec un copain. Il a 14 ans, et n’ira pas plus loin dans la vie. Une septuagénaire le percute par l’arrière. Aucune trace de freinage ni d’écart sur la route. La conductrice s’aperçoit à peine de la collision. Le copain a le temps de se jeter dans le fossé, sans quoi il aurait subi un sort identique. Les gendarmes arrivent, font les premières constatations sur place, accueillent le père anéanti, lui refusent l’autorisation de prendre la main de son fils gravement accidenté mais toujours en vie. Owen meurt après vingt-quatre heures de coma.

"Dans un accident corporel, on va chercher l'alcool ou les stupéfiants illicites, jamais les médicaments sur ordonnance."

2nde partie : La conduite automobile et les psychotropes sous ordonnance

L’automobiliste n’avait pas bu d’alcool ni fumé de drogue. Il n’y avait donc pas matière à poursuite de la part des autorités. On saura plus tard qu’elle était sous l’effet de plusieurs médicaments psychotropes dûment prescrits par son médecin, dont certains de niveau 3, des psychotropes de la classe des benzodiazépines. L’AFSSAPS, Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé, oblige en effet les fabricants de médicaments pouvant avoir un effet psychotrope à apposer sur les boîtes un triangle jaune pour le niveau 1 (Soyez prudent), orange pour le niveau 2 (Soyez très prudent), rouge pour le niveau 3 (Attention, danger : ne pas conduire). Mais ce ne sont que des recommandations, et les outrepasser ne constitue pas une infraction, encore moins un délit.

Les parents d'Owen
Les parents d'Owen Crédits : Olivier Chaumelle

Marie et Daniel Morvan, les parents d’Owen, ont constitué une association pour que des malheurs tels que le leur soient évités, que les automobilistes sous traitement soient mieux sensibilisés, et que soit trouvé un moyen de mettre fin à cette anomalie. Leur cause a attiré l’attention de personnalités politiques, conscientes de la vacance de la Loi, et ils ont l’espoir de faire avancer cette dernière.

"On tient à ce que justice soit rendue."

Salle portant le nom d'Owen
Salle portant le nom d'Owen Crédits : Olivier Chaumelle

La Route en Toute Conscience : Association créée par les parents d'Owen

Avec :

Marie et Daniel Morvan, parents d'Owen

Laurence Leveugle, amie des parents d'Owen

Nadine Lémeillat, avocate

Emmanuel Lagarde, directeur de recherche INSERM

Jéhanne Collard, avocate

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