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Rugby, Athlétisme, Boxe, Cyclisme
Épisode 3 :

Le cas Violette Morris.

58 min

Poids, boxe, foot… aucun sport ne résistait à Violette Morris, athlète hors norme, qui aimait les femmes et se fit couper les seins pour être à l’aise au volant.

Violette Morris en tenue de sport en 1913
Violette Morris en tenue de sport en 1913 Crédits : Agence Rol

Elle est « la plus intrépide sportive de notre pays » selon les journaux du début du siècle dernier, brillante et plébiscitée athlète omnisport, alors qu’émergent les garçonnes, elle en est une figure hyperbolique, cheveux courts, veston d’homme, clope au bec au volant de son « bolide », qu’elle aime piloter à toute vitesse… elle s’affiche aussi aux bras de femmes, fréquente les cabarets lesbiens où elle se produira dans les années 30 en tant qu’artiste lyrique. Elle est scandaleusement libre. Elle est aussi celle que l’on surnommera « la hyène de la Gestapo », exécutée le 26 avril 1944 lors d’une embuscade tendue par le maquis de Surcouf. 

1er épisode : « Ce qu’un homme fait, Violette peut le faire ! »

En 1928, tant elle dérange les institutions sportives, sa licence lui est retirée, elle est privée de Jeux Olympiques alors que les femmes y sont pour la première fois autorisées. En 1929, elle se fait couper les seins, pour, dit-on, pouvoir piloter à son aise sa voiture de sport. Scandaleuse… et jusque-boutiste.

Violette Morris, au Bol d'or en 1923, sur son cyclecar Benjamin
Violette Morris, au Bol d'or en 1923, sur son cyclecar Benjamin Crédits : Agence Rol

Dans ce premier épisode, c’est la femme affranchie des normes et l’athlète complète alors que le mouvement sportif féminin connaît son essor que nous racontons. En filigrane, on dit aussi l’angoisse et la criminalisation de la femme ‘virile’ par l’ordre moral conservateur. Le « retour à l’ordre », au lendemain de la parenthèse transgressive des années folles, étant parfaitement incarné par son retentissant procès, en 1930. Alors que c’est Violette Morris qui attaque la Fédération Française des sports féminins pour retrait abusif de sa licence sportive, c’est son costume masculin, son « pantalon qui est devant les juges », pour paraphraser un titre du Petit Journal de l’époque. 

Violette Morris faisant de l'haltérophilie en 1926
Violette Morris faisant de l'haltérophilie en 1926 Crédits : Le Miroir des sports

C’est au volant de sa Citroën Traction Avant qu’elle sera exécutée le 26 avril 1944 par les « gars de Robert Leblanc », le maquis normand de Surcouf. 

2nd épisode : « À abattre par tous les moyens »

Fallait-il abattre par tous moyens l’espionne Violette Morris ? A-t-elle été « invitée d’honneur d’Hitler aux JO de 1936 ? Prenait-elle plaisir à torturer les femmes ?  Si les archives manquent encore, certaines détruites d’autres encore non dépouillées, l'enquête menée par l'historienne Marie-Jo Bonnet met en évidence la légende noire bâtie autour de la figure de Violette Morris, dite "diablesse",  a postériori, quand cet attentat ne la visait non pas elle, mais les occupants de son auto qu’elle conduisait à Paris. Car elle a collaboré ainsi, cela ne fait aucun doute, au moins économiquement. Elle sera chauffeur, notamment pour Sarton du Jonchay, collabo notoire, secrétaire général du gouvernement de Pierre Laval, réquisitionnera l’essence de résistants à Cannes, et dirigera un garage réquisitionné par Luftwaffe.  Ce second épisode interroge cette diabolisation. Le mythe et le cas Violette Morris, femme "anormale", "déviante"... forcément coupable ? Il revient aussi sur son amitié avec Jean Cocteau qu’elle hébergera sur sa péniche alors qu’elle vit avec son amante, la comédienne Yvonne de Bray... et sur sa (brève) carrière d’artiste lyrique, à travers le texte d’une partition retrouvée Gisèle, fleur d’amour.

Avec : Marie-Jo Bonnet, historienne ; Anne Simonin, historienne ; Catherine Gonnard, journaliste ; Gisèle fleur d'amour, voix et piano, interprétation libre de Camille Martin ; Christine Bard, historienne des féminismes ; Philippe Tétart, historien du sport.

Chant et Piano, Camille Martin.

Textes lus par Samuel Glaumé. 

Chanson de clôture : La femme - Si un jour

Chanson de clôture : Juliette : Monocle et col dur.

Un documentaire de Clémence Allézard. Réalisation Christine Robert. Prises de son : Georges Tho et Nicolas Delmas . Mixage : Philippe Mercher. Archives INA : Ani Lauzzana. Documentation et recherche internet : Annelise Signoret. Collaboration : Lily Cornaert et Juliette Testa.

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Bibliographie :

"Une histoire politique du pantalon" par Christine Bard

"Violette Morris, histoire d’une scandaleuse" par Marie-Jo Bonnet. Edition Perrin

"Penser la violence des femmes", coordonné par Coline Cardi et Geneviève Pruvost 

"Violette Morris, à abattre par tous moyens", par Kris, Javi Rey, Bertrand Galic & Marie-Jo Bonnet 

"Lettres à Jean Marais", par Jean Cocteau Edition : Albin Michel

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Pour aller plus loin :

De nombreuses photographies de Violette Morris sont en ligne sur le site de la Bnf, Gallica.

Violette Morris: du rose au brun : portrait d’une sportive hors du commun, à lire sur Leblogauto.com.

L’extraordinaire carrière d’une sportive : Violette Morris. Portrait publié dans Le Miroir des sports, le 3 juin 1925. A lire sur Gallica.

Un costume d’homme, porté par une femme, est déplacé dans une association de jeunes filles, s’indigne le chroniqueur du journal Comoedia au lendemain du procès de Violette Morris, le 27 mars 1930.

Dans la seconde partie de l’article consacré à Violette Morris, le blog Zagria (dédié à l’histoire des personnes transgenres) évoque la vie de Violette Morris des années 30 à sa mort.  

Fin décembre 1937, Violette Morris fait la Une de Paris-Soir et du Journal pour le meurtre d’un légionnaire qui la menaçait. 

Sur le blog consacré à Jean Cocteau, Prince des poètes, on peut lire un portrait de Violette Morris, amante de la comédienne Yvonne de Bray. 

Histoire du maquis Surcouf à lire sur le blog dédié à Raymond Ruffin, historien et auteur d’une biographie de Violette Morris.

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