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La princesse Nazli Fazil photographiée par A.B. De Guerville, 1906
Épisode 2 :

Nazli, le harem revisité

29 min

Khalil Bey achetait des tableaux qui n'étaient pas tous de ceux qu'un mari laisse voir à sa femme.

La princesse Nazli Fazil photographiée par A.B. De Guerville, 1906
La princesse Nazli Fazil photographiée par A.B. De Guerville, 1906 Crédits : Wikipédia commons

Les Parisiens ne se sont pas attristé du sort de Khalil Bey, le dandy ottoman qui avait tout perdu au jeu et qui en quittant Paris, avait du vendre toute sa collection, y compris l’Origine du Monde de Gustave Courbet.

En fin de compte, même si sa maîtresse Constance Quéniaux n’était plus là pour lui porter chance, le Turc des Grands boulevards pourrait se consoler dans les bras de la multitude de femmes qui à n’en pas douter, l’attendaient chez lui à Istanbul. Pour les français, c’était un peu comme si Khalil Bey s’était évaporé dans le Bain Turc d’Ingres, qui fut – dans la vraie vie - un des chefs d’oeuvre de sa magnifique collection.  

Anonyme, Photographie de Khalil Bey, vers 1877
Anonyme, Photographie de Khalil Bey, vers 1877

Mais non ! La princesse Nazli que Khalil Bey épousa n’était pas une odalisque et ne sortait pas d’un tableau orientaliste. Elle n’avait rien à voir avec cet imaginaire occidental. 

Mais dans cette époque où l’idéologie orientaliste bat son plein, même une princesse qui se considérait « moderne » pouvait être réduite à une simple odalisque dans le marché de l’art en Europe. 

"La princesse Nazli Hanoum", 1875 - Collection privée
"La princesse Nazli Hanoum", 1875 - Collection privée Crédits : Elisabeth Jerichau Baumann - Getty

Mais la princesse Nazli suivit son chemin. Arrière-petite-fille de Mehmet Ali pacha, le premier khédive, le gouverneur ottoman d’Egypte, elle créa dans les années 1880 en Egypte, puis au début des années 1900 en Tunisie, des salons littéraires. Elle était loin de s’imaginer qu’un jour elle serait considérée comme une des inspiratrices du féminisme dans le monde arabe. 

Avec : Edhem Eldem, historien, Collège de France et l’université de Bogazici ; Mary Roberts, historienne de l’art, université de Sydney ; Zeynep Inankur, historienne de l’art, université Mimar Sinan à Istanbul ; Sinan Kuneralp, historien et éditeur (ISIS) ; Lilia Labidi, anthropologue, ex-ministre des femmes en Tunisie

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2 min
Archive INA : Michèle Haddad à propos des tableaux de nus féminins dans la collection de Khalil Bey - « Les Nouveaux chemins de la connaissance », Raphaêl Enthoven, diffusion le 14 janvier 2011 sur France Culture

Un documentaire d'Ilana Navaro. Réalisation : Annabelle Brouard. Prises de son : Benjamin Vignal, Déborah Dagobert. Mixage : Guillaume Ledu. Documentation : Antoine Vuilloz. Archives INA : Hervé Evanno. Recherche et documentation internet : Annelise Signoret. Collaboration : Suzanne Saint-Cast

Avec les voix de : Lara Bruhl, Cécile Laffon et Annelise Signoret

Bibliographie

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