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Mémorial du wagon de la Déportation, quai des déportés, en gare de Compiègne. Travail personnel de P. poschadel
Épisode 1 :

2 juillet 1944, les wagons de la mort

29 min

Un des voyages ferroviaires les plus meurtriers de la déportation nazie.

Mémorial du wagon de la Déportation, quai des déportés, en gare de Compiègne. Travail personnel de P. poschadel
Mémorial du wagon de la Déportation, quai des déportés, en gare de Compiègne. Travail personnel de P. poschadel Crédits : CC BY-SA 3.0 Wikipédia Commons

C'est une histoire particulière de trains (pluriel), avec comme fil conducteur, le voyage; voyage forcé et tragique pour le premier, voyage choisi et réparateur pour le second. Le premier déplacement s'inscrit dans l'histoire de la seconde guerre mondiale comme un des plus meurtriers de la déportation nazie vers l'Allemagne. Le second, situé de nos jours, guérit les âmes en souffrance à travers un travail psychanalytique en immersion dans le Transilien ou un trajet Grandes Lignes. Deux voyages ferroviaires que tout oppose et qui cultivent le paradoxe entre l'insupportable voire l'innommable d'hier et le parler libérateur et thérapeutique d'aujourd'hui. Reste le déplacement qui, finalement, ramène toujours à la condition humaine, quelles que soient les circonstances, l'époque ou les paysages.

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Cérémonie en hommage aux déportés à Compiègne le 1er novembre 1945

1ER EPISODE : 2 JUILLET 1944, LES WAGONS DE LA MORT.

Le trajet du train 7909
Le trajet du train 7909 Crédits : Mémorial de l'internement et de la déportation Camp de Royallieu

Compiègne, le 2 juillet 1944. Le débarquement a commencé il y près d’un mois. Un des derniers trains de déportés part du camp de Royallieu avec 22 wagons à bestiaux où sont entassés entre 2521 et 2152 hommes suivant les différentes recherches, essentiellement des résistants mais aussi des droits communs. C’est l’enfer : cent personnes entassés dans chaque wagon avec quasiment pas d’eau, la température qui peut dépasser 50°, les odeurs pestilentielles, les bagarres, certains hommes qui deviennent fous et les morts que l’on entasse dans un coin du wagon au fil des heures. Le train met 3 jours et demi dans la chaleur de l’été pour atteindre Dachau. A l’arrivée, les déportés ne sont plus que 1633. Près d’un tiers sont morts. Les corps alimenteront pendant 4 jours les crématoires du camp.

Arnaud Rykner dans le wagon (contenance théorique : 40 hommes ou 8 chevaux en long)
Arnaud Rykner dans le wagon (contenance théorique : 40 hommes ou 8 chevaux en long) Crédits : Laurent Paulré - Radio France

En 2010, Arnaud Rykner, écrivain et metteur en scène de théâtre écrit « le wagon », roman ultra réaliste d’après le voyage tragique de son grand-oncle déporté dans un des wagons à bestiaux de ce train qui porte le numéro 7909. Aujourd'hui, nous partons avec lui sur les voies ferrées qu'a empruntées Gabriel Rykner dit Rival, le grand-oncle résistant. Car, en dépit d'une histoire qui décrit les limites de la condition humaine, Arnaud Rykner n'a jamais vu les lieux de son récit imaginaire basé sur des faits réels. Un acte manqué (!), pourrait-on penser un peu facilement ? L'écrivain nous entraîne le long du ballast et nous raconte son voyage intime...

Pour le train 7909 en direction de Dachau du 02 juillet 1944, 100 hommes ont été entassés dans chaque wagon. 22 wagons de ce type constituaient le train 7909.
Pour le train 7909 en direction de Dachau du 02 juillet 1944, 100 hommes ont été entassés dans chaque wagon. 22 wagons de ce type constituaient le train 7909. Crédits : Laurent Paulré - Radio France
Yves Meyer et Jean Samuel devant le wagon du mémorial de la gare de Compiègne
Yves Meyer et Jean Samuel devant le wagon du mémorial de la gare de Compiègne Crédits : Michèle Meyer
 Habitants de St Brice-Courcelles qui ont jeté de l’eau sur les wagons.
Habitants de St Brice-Courcelles qui ont jeté de l’eau sur les wagons. Crédits : Laurent Paulré - Radio France

Avec :

Un documentaire de Dominique Prusak, réalisé par Laurent Paulré. Prises de son : Laurent Lucas, Jean-ghislain Maige, Clémence Bonfils. Mixage : Adrien Roch et Elise Leu, Archives INA : Annelore Veil

BIBLIOGRAPHIE :

Mémorial de l'internement et de la déportation Camp de Royallieu

"Le train de la mort" de Christian Bernadac

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Un autre train surnommé le Train fantôme fut de sinistre mémoire. Le 3 juillet 1944, un des derniers trains de déportés quitte Toulouse. C'est l'objet d'un film documentaire. Sortie du film LES RÉSISTANTS DU TRAIN FANTÔME , le 29 Novembre 2017, film documentaire de Jorge Amat, écrit et raconté par Guy Scarpetta.Il sera à l’affiche durant un mois au cinéma le Saint-André des arts dans le cadre de leur cycle Découvertes du St André.

Les résistants du train fantôme. Film relatant le convoi par le 3 juillet 1944 de Toulouse. L'un des derniers trains de déportés vers Dachau
Les résistants du train fantôme. Film relatant le convoi par le 3 juillet 1944 de Toulouse. L'un des derniers trains de déportés vers Dachau Crédits : ALKIMIA Productions
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