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Jacques Fesch, 24 ans, accusé d'avoir assommé un agent de change pour lui dérober 300 000 francs et d'avoir tué un gardien de la paix, s'apprête à rencontrer le juge d'instruction à Paris (04.03.1954)
Épisode 2 :

Au nom du père, du fils…

28 min

Dès 1987, le cardinal Jean-Marie Lustiger décide de réclamer la béatification de Jacques Fesch. Le père Henri Moreau, docteur en droit canonique, se voit alors chargé de défendre le dossier au Vatican.

Jacques Fesch en 1957 lors de son procès
Jacques Fesch en 1957 lors de son procès Crédits : Photo d'Antoine Serra/Sygma/Sygma via Getty Images - Getty

L'ecclésiastique, après avoir constaté l'existence d'une réputation de sainteté, nomme une commission de trois historiens théologiens qui reconstituent dans les moindres détails la vie du mystique, afin de procéder à l'examen de l'héroïcité des vertus (à savoir les trois vertus théologales -foi, espérance, charité- et les quatre vertus cardinales -force d'âme, prudence, tempérance et justice-). 

Second épisode : Au nom du père, du fils…

Le fils de Jacques Fesch, Gérard, un non-croyant, s’adresse en parallèle à la justice des hommes pour obtenir la réhabilitation de son père. Une demande singulière, même unique dans les annales judiciaires pour un guillotiné, qui traduit le besoin de recouvrer une identité. Car ce fils n'a jamais connu son père. Conçu en janvier 1954, quelques semaines avant que Fesch commette son pitoyable cambriolage, Gérard est né d'une liaison qu'on qualifiait alors d'illégitime. Placé à l'Assistance publique, il ignorera tout de ses origines jusqu'à l'âge de 40 ans. Après un éprouvant combat judiciaire, l'enfant caché obtient gain de cause en 2007. 

Le fils de Jacques Fesch, Gérard Fesch (alors Gérard Droniou), a mené un long combat judiciaire pour être autorisé à porter le nom de son père (ici, le 10 février 2000).
Le fils de Jacques Fesch, Gérard Fesch (alors Gérard Droniou), a mené un long combat judiciaire pour être autorisé à porter le nom de son père (ici, le 10 février 2000). Crédits : Joël Robine - AFP - AFP

Depuis, il s'attache à reconstituer chaque étape de la vie du condamné. Il a même retrouvé une lettre du Président de la République de l'époque, René Coty, qui selon lui a cédé à la pression de l'opinion publique en refusant la grâce du criminel :  Il s'excuse et lui demande d'accepter le sacrifice de sa vie pour la paix de l'Etat.

Dites bien à votre client qu'il a toute mon estime et je désirerais beaucoup le gracier mais si je le fais, je mets en danger la vie d'autres agents de police. Demandez-lui, je vous en prie, d'accepter le sacrifice de sa vie pour la paix de l'Etat, pour que la vie d'autres gardiens de la paix soit sauvegardée. S'il le fait, je lui en garderai une reconnaissance infinie. Lettre du président René Coty à Jacques Fesch par l’intermédiaire de son avocat

Gérard Fesch, 65 ans aujourd'hui, attend donc deux miracles : celui de l’Eglise et celui du   Conseil constitutionnel. Ce dernier a écarté, en février dernier, la demande visant à obtenir la réhabilitation judiciaire de Jacques Fesch. Son fils pourra peut-être obtenir gain de cause si, comme le souhaite le Conseil constitutionnel, la loi est un jour modifiée…

Gérard Fesch, devant la boutique, 39 rue Vivienne, où son père, Jacques Fesch, a commis le braquage, le 25 février 1954.
Gérard Fesch, devant la boutique, 39 rue Vivienne, où son père, Jacques Fesch, a commis le braquage, le 25 février 1954. Crédits : Photo d'Antoine Serra/Sygma/Sygma via Getty Images - Getty

Intervenants

  • Gérard Fesch, auteur de Mon enfance guillotinée (L’Archipel) et Fils d’assassin, fils de saint ? (Balland) 
  • Le père Henri Moreau en charge du dossier de béatification
  • L’avocat Claude Pugnotti 
  • Odile Dauchez, une amie de Gérard Fesch 
  • Jean-Claude Droniou, l'oncle de Gérard Fesch

Extraits des écrits de Jacques Fesch : Lumière sur l’échafaud et de Cellule 18 publié par Pierre Téqui éditeur, et dits par Xavier Czapla.

C'est très impressionnant, spécialement le journal, parce que le journal, qui a été écrit deux ou trois mois avant son exécution, je crois à partir du mois d'août, relate jour après jour une expérience spirituelle d'abandon à Dieu. Et c'est extrêmement impressionnant parce que c'est écrit dans un style simple, sans fioriture. On pourrait presque dire un style d'écolier, et même Jacques Fesch a une écriture d'écolier. C'est ce qui fait que ça a des accents profonds de vérité. Père Henri Moreau

Archive INA : extrait de l’émission de Michel Bichebois, L’Affaire Jacques Fesch, avec Frédéric Pottecher et Hubert Bonaldi (France Culture, 10.02.1973)

Musique (extraits) : Chet Baker, Alone together - José van Dam, Requiem de Fauré - Zelenka, Psaume 50 Miserere.

Un documentaire de Michel Pomarède, réalisé par Yvon Croizier. Archives INA, Véronique de Saint Pastou. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France et Elna Fraysse, stagiaire.

Écouter
5 min
Archive INA : Extrait de l'émission "Littérature pour tous" de Françoise Favier, consacrée à Jacques Fesch. Avec le témoignage du père Manaranche (France Culture, 25.12.1994)

Bibliographie

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