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Le pul-over rouge sang
Épisode 1 :

Une enfance rongée par la culpabilité

29 min

Le 03 juin 1974, lundi de Pentecôte, Maria-Dolorès Rambla, huit ans, est enlevée à Marseille. Son cadavre, frappé de plusieurs coups de couteau, est découvert deux jours plus tard dans un bois, à plusieurs kilomètres de la ville. Les soupçons s’orientent rapidement vers un nommé Christian Ranucci.

: Christian Ranucci, l'assassin présumé de la petite Maria-Dolorès Rambla, quitte au milieu de la nuit, le 6 juin 1974, les locaux de la police à Nice pour Marseille où il sera confronté avec des témoins.
: Christian Ranucci, l'assassin présumé de la petite Maria-Dolorès Rambla, quitte au milieu de la nuit, le 6 juin 1974, les locaux de la police à Nice pour Marseille où il sera confronté avec des témoins. Crédits : AFP

C'est le "suspect n° 1" a dit le commissaire Châtelain, chef de la Sûreté niçoise.

Christian Ranucci, vingt ans, est arrêté le 5 juin à Nice. Interrogé, le jeune homme nie puis passe aux aveux, avant de faire définitivement machine arrière et de clamer son innocence. Près des lieux du crime les gendarmes ont trouvé un pull-over rouge qui deviendra célèbre dans le livre éponyme de Gilles Perrault qui crie à l’erreur judiciaire. Jugé à Aix-en-Provence en mars 1976, Christian Ranucci est condamné à mort et guillotiné deux ans plus tard.   

Christian Ranucci, 21 ans, condamné à mort le 10 mars 1976, par la Cour d'Assises des Bouches-du-Rhône pour le meurtre de la petite Maria Dolores Rambla a été exécuté ce matin, le 28 juillet 1976, à la prison des Baumettes.
Christian Ranucci, 21 ans, condamné à mort le 10 mars 1976, par la Cour d'Assises des Bouches-du-Rhône pour le meurtre de la petite Maria Dolores Rambla a été exécuté ce matin, le 28 juillet 1976, à la prison des Baumettes. Crédits : AFP

La petite Maria-Dolorès avait un frère, Jean-Baptiste, âgé de 6 ans à l’époque. C’est le seul témoin du meurtre de sa sœur. En 2004, trente ans après les faits, il était devenu meurtrier à son tour. Il y a trois ans, il a récidivé. Le début d’un itinéraire de tueur en série ?

Épisode 1 : Une enfance rongée par la culpabilité

Dès 1974, la vie de la famille  Rambla bascule. L'hypermédiatisation, le conflit pro et anti Ranucci créent dans le foyer "une dynamique de haine, de rage et de désir de vengeance", souligne, quarante ans plus tard, l'enquête de personnalité sur Rambla. Entre un père acharné à vouloir prouver la culpabilité de Ranucci et une mère obstinée à vouloir "passer à autre chose", le petit Jean-Baptiste a le sentiment d'être "déphasé avec le reste du monde". Le 3 juin 1974, Maria-Dolorès jouait avec son frère lorsqu'elle a été enlevée au pied de leur immeuble, cité Sainte-Agnès à Marseille. Les deux enfants "cueillaient des fleurs pour faire un bouquet pour maman… ". Le petit Jean-Baptiste  n'a vu qu'un "homme en costume gris" avec "une voiture grise" qui les a abordés avant de l'envoyer chercher son chien noir de l'autre côté du bâtiment. Lorsqu'il revient, sa sœur a disparu. 

La petite Maria-Dolorès Rambla, 8 ans, enlevée devant le domicile de ses parents, est retrouvée morte, le 5 juin 1974, à Peypin. Les gendarmes entourent le corps de la fillette gisant au pied d'un taillis.
La petite Maria-Dolorès Rambla, 8 ans, enlevée devant le domicile de ses parents, est retrouvée morte, le 5 juin 1974, à Peypin. Les gendarmes entourent le corps de la fillette gisant au pied d'un taillis. Crédits : AFP

Jean-Baptiste Rambla dit qu’il grandit rongé par la culpabilité de ne pas l’avoir sauvée. Il devient obsédé par Christian Ranucci : même s’il ne l’a pas reconnu au moment du "tapissage" chez les gendarmes… Obsédé aussi par Gilles Perrault et son livre qui fait du meurtrier de sa sœur, un innocent. Jean-Baptiste Rambla garde tout : les photos de sa sœur, les émissions, les films consacrés au meurtre de sa sœur. Ce passé est présent en lui tous les jours et toutes les nuits. Jean-Baptiste Rambla se claquemure dedans. Il a une identité : victime.

Les obsèques de la petite Maria-Dolorès Rambla - enlevée et assassinée - se sont déroulées l’après-midi du 7 juin 1974, à Marseille.
Les obsèques de la petite Maria-Dolorès Rambla - enlevée et assassinée - se sont déroulées l’après-midi du 7 juin 1974, à Marseille. Crédits : AFP

Intervenants

Un documentaire de Michel Pomarède, réalisé par Assia Khalid. Prise de son, Stéphane Beaufils ; mixage, Nicolas Depasgraf. Archives INA, Véronique de Saint Pastou. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France.

Extraits diffusés : Bande-son du film de Michel Drach, Le Pull-over rouge (Gaumont, 1979) d'après le roman éponyme de Gilles Perrault (Ramsay, 1978 puis Fayard, 1994).

Écouter
4 min
Archive INA : Dans "Affaires sensibles" de Christophe Barreyre et Fabrice Drouelle, le récit de l’enlèvement de Maria-Dolorès Rambla (huit ans), le 03 juin 1974, dans la cité Sainte-Agnès à Marseille (France Inter, 06.01.2015)

Musique 

Duo pour deux accordéons (label Lawo classics) - Tanzaku, 2ème mouvement, nappes sonores pour huit cordes par Kazuya Takeda (label Slubmusic) – Pas à pas pour basson et accordéon par Pascal Gallois et Teodoro Anzellotti (label Col legno) - Loop et épilogue pour violoncelle, accordéon et piano (label Printemps   des Arts) - Trio pour accordéon violoncelle et piano par l’Ensemble Mosaik (label Wergo) - Fetzen, n°5, pour accordéon et quatuor à cordes par le Quatuor Arditti (label Winter Winter) - Sonate pour alto n° 11, andante cantabile par Jakub Lutzen (label Dacapo) - Chaconne pour violoncelle par Walter Grimmer (label Wergo) - Sentire pour accordéon par Hugo Note (label GMS) - Al di la dei miei uragani (au-delà de mes orages) par Nicola Sani et Claudio Jacomucci (label  Mnemosyne musique media) - Duo pour accordéon et bandonéon par Pauline Oliveros et David Tudor (Important records) - Andalag 5 pour flûte traversière alto, clarinette, cor et basson par l’Ensemble Aldubaran (label Dacapo).

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Bibliographie sélective

Lui s’est battu pour qu’on ne prenne pas sa fille pour un produit marketing qui permette de vendre des films, des cassettes, des articles, des livres. Il se battait pour ça. Il ne voulait pas que l’on touche à sa famille et tout ça l’empêchait de faire son deuil, en définitif, parce qu’il ne s’est jamais passé un mois ou deux sans qu’on ne reparle de cette affaire, sans qu’on lui demande des comptes, sans qu’il reçoive des lettres anonymes d’accusation… Pour lui, ça a vraiment été l’enfer. Henri Michel, journaliste et ami de la famille Rambla

Pour aller plus loin

Demain, épisode 2 : Un double passage à l’acte

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