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 Plan du faux Paris de 1917
Épisode 1 :

Le pari d'un faux Paris

29 min

A partir de 1917, la défense anti-aérienne française se développe et les avions ennemis bombardent désormais la nuit, guidés par la seule lueur de la lune. C'est dans ce contexte que l'état-major français va chercher à plonger Paris dans le noir.

 Plan du faux Paris de 1917
Plan du faux Paris de 1917 Crédits : Wikimedia Commons

Lorsque pour la première fois un avion allemand survole Paris le 30 août 1914, la « bombinette » de 2 kgs lâchée rue des Vinaigriers ne fait pas de victime. Les Allemands larguent surtout des tracts afin de déclarer Paris ville ouverte et entamer le moral des Parisiens. Et lorsque des Taube germaniques reviennent quelques jours plus tard, des opportunistes louent des chaises longues sur la Butte Montmartre afin que les Parisiens profitent pleinement de ce nouveau spectacle venu du ciel… 

Ces largages ne resteront pas inoffensifs longtemps. Une nouvelle guerre prend forme, totale, de position, à laquelle il va falloir apporter des réponses nouvelles. Parmi celles-ci et avant tous les autres pays (alliés ou ennemis), la France va développer dès 1915 l'arme des faibles, la stratégie des lâches : le camouflage. Un tournant pour l'état-major français alors que la menace vient désormais du ciel et qu'il faut songer à dissimuler les hommes, les monuments historiques ou le matériel militaire.

1er épisode : le pari d'un faux Paris

Les Zeppelin puis les Gotha allemands, capables de transporter des bombes de 600 kgs, font maintenant des centaines de morts dans la capitale (dès 1916). Outre la population, il faut aussi protéger les monuments historiques. La défense anti-aérienne française se développe elle aussi et les avions ennemis bombardent désormais la nuit, guidés par la seule lueur de la lune. C'est dans ce contexte qu'en 1917 l'état-major français va chercher à plonger Paris dans le noir et déplacer la ville de quelques kilomètres...

Soit une réplique de Paris, bâtie autour de 3 axes : une zone A au nord-est de la capitale, où serait construit un ensemble comprenant la ville de Saint-Denis, les usines d'Aubervilliers, la gare du Nord et la gare de l'Est. Une zone B au nord-ouest, située sur une boucle de la Seine, près de la forêt de Saint-Germain-en-Laye : Paris. Et enfin une zone C à l’est, près de la ville de Chelles, dotée d'une importante concentration d’usines et de haut-fourneaux.

Fernando Jacopozzi dit « le magicien de l'électricité », celui qui illumina la Tour Eiffel et fit passer Paris de Ville des Lumières à Ville Lumière est en charge d'éclairer l'ensemble du projet. Chaque soir, Paris serait plongée dans le noir et une ville factice, vide, brillerait de mille feux... Ce projet entièrement conçu et dessiné par l'état-major a vu ses premiers plans se réaliser au nord-est de Paris, la fausse gare de l'est a ainsi été construite. Mais la fin de la guerre a mis un terme à ce projet secret, d'une envergure démesurée.

Le camouflage dans les arbres
Le camouflage dans les arbres Crédits : Wikimedia Commons
Un Gotha GIV 405/16 allemand survolant la Belgique en juin 1917
Un Gotha GIV 405/16 allemand survolant la Belgique en juin 1917 Crédits : Wikimedia Commons

Avec Cécile Coutin (conservatrice en chef du patrimoine), le colonel Thomas Seignon, Véronique Tessier-Huort (petite-fille de Jacopozzi) et Xavier Boissel (écrivain).

A l’occasion du centenaire de l'armistice de 1918.

Un documentaire de Stéphane Bonnefoi, réalisé par Anna Szmuc, prises de son Jean-André Giannechini, mixage Alain Joubert, Documentation et recherche internet, Annelise Signoret,  Archives INA, Marine Decaens.

Écouter
5 min
Feuilleton produit et interprété par Pierre DAC. Il s'agit de l'adaptation de son roman "Du côté d'ailleurs" mis en ondes pour la radio. ORTF France Inter 27/03/1971

Bibliographie et liens

Cécile Coutin, Tromper l’ennemi, éditions Pierre de Taillac, 2015

Xavier Boissel, Paris est un leurre, éditions Inculte, 2017

Claire Maingon, L’art face à la guerre, Presses universitaires de Vincennes, 2015

Thomas Seignon, Peintures de guerre, éditions du Barbotin, 2013

Fabien Sabatès, Jacopozzi le magicien de la lumière, éditions Frédéric Douin, 2017

Le film Paris Mirage de Xavier Boissel (2013, 39') :

A Paris Made to be Destroyed : un faux Paris construit pour détourner les bombardements allemands en 1917, c’est l’histoire que raconte Le blog Ptak Science Books, qui a retrouvé l’exemplaire de The Illustrated London News du 6 novembre 1920.

Pages sur le Camouflage par faux objectif lumineux, du livre La D.C.A. (défense contre aéronefs), de ses origines au 11 novembre 1918 du Chef d'escadron Jean Lucas (éd 1934), en ligne sur Gallica.

Fernand Jacopozzi, le magicien de la lumière, article à lire sur le site de l’association MEGE, Mémoire de l’Electricité, du Gaz et de l’Eclairage public.

Traces de la Grande Guerre, ce qu'il en reste est un projet collaboratif d’envergure autour de la bande dessinée et de la Première Guerre mondiale. En partenariat avec la ville de Kendal en Angleterre, qui organise chaque année le Lakes International Comic Art festival, l’association On a Marché sur la Bulle publie le 5 octobre 2018  un livre collectif en français et en anglais (deux versions) sur la  thématique des traces de la Grande Guerre, auquel participe 42 écrivains et auteurs de bande dessinée de renom, formant un exceptionnel casting planétaire.

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