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Noël 1939 chez Paczynski et Kotecki avec le pilote Aleksander Pietrzak
Épisode 2 :

La magie des fêtes polonaises

31 min

Sur une vielle photo prise à Noël 1939 à Montceau-les-Mines, une modeste famille entoure avec solennité un pilote de chasse à fière allure. De cette croisée de destins polonais naitra l’un des premiers réseaux de Résistance en France.

Portrait de Stanislaw Rychlik
Portrait de Stanislaw Rychlik Crédits : Les petits-enfants de Stanislaw Rychlik

Épisode 2 : La magie des fêtes polonaises

Dès l’automne 1939, les pilotes polonais dont les exploits lors de la bataille d’Angleterre inspireront plus tard à Winston Churchill sa célèbre phrase, "Jamais dans l'histoire de l'humanité et de ses conflits, une aussi vaste multitude n'a été redevable d'une dette aussi grande envers un si petit nombre d'hommes", fuient la Pologne envahie par Hitler et Staline pour rejoindre la France alliée où se reconstituent les forces armées polonaises pour continuer le combat. Ils sont des milliers. On les installe à la base aérienne de Lyon-Bron et dans des dortoirs improvisés à la Foire de Lyon. Vétustes, sans sanitaires et sans chauffage, ces locaux ne sont pas adaptés pour servir de chambrées en cet hiver rigoureux. Absence de solde, attente difficilement supportable et difficulté à communiquer minent l'esprit de ces combattants qui ne songent qu’à en découdre avec leurs vainqueurs. Les mineurs polonais de Montceau décident de réagir. À l’initiative de l’un d’eux, Stanisław Rychlik, ils s’organisent pour offrir à leurs compatriotes des fêtes de Noël comme au pays. Des liens durables se nouent. Après la débâcle de mai 1940, les militaires polonais abandonnés par les autorités françaises cherchent à rejoindre l’Angleterre. Montceau se trouvant sur la ligne de démarcation, les mineurs, Rychlik en tête, s’organisent pour faire passer les futurs as de la Royal Air Force vers la zone libre. Certains paieront cet engagement de leur vie. 

Noël 1939 chez Paczynski et Kotecki avec le pilote Aleksander Pietrzak
Noël 1939 chez Paczynski et Kotecki avec le pilote Aleksander Pietrzak Crédits : Lucien Paczynski

Intervenants

  • Sophie Goszka, Joseph Klaskala, Polonais de Montceau, témoins de l’accueil des aviateurs à Noël ‘39 et Hélène Rénaud qui habitait avec sa famille à Montceau-les-Mines
  • Gérard Soufflet, historien de la communauté polonaise de Montceau
  • Christiane et Richard Duda, présidente et responsable musique de l’association Polonia à Montceau
  • Isabelle Davion, historienne et professeur d’université, chercheuse associée au Service Historique de la Défense
  • Bernard Large et Pierre Lussignol, historiens de la SLHADA (Société Lyonnaise d'Histoire de l'Aviation et de Documentation Aéronautique)
  • Paul Mathevet, le premier président et cofondateur de la SLHADA

Mes grands-parents, qui habitaient dans le quartier de la Lande, à Montceau-les-Mines, avaient accueilli trois aviateurs, alors que mes parents, apparemment, n’en avaient qu’un. Nous habitions dans le quartier de la Saule. Les conditions matérielles dans lesquelles ils étaient accueillis, n’étaient pas très confortables. Je vois la façon dont étaient logés les mineurs. Je me demande comment mes grands-parents ont pu accueillir trois hommes. Ils les ont accueillis, bien sûr, mais c’était rudimentaire...Hélène Rénaud, qui habitait avec sa famille à Montceau-les-Mines 

Remerciements tout particuliers à Sylvie Aprile, Sylvain Francia, Jean Medrala, Alain Devornique, Grzegorz Śliżewski et Laurence Millet

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2 min
Archive Ina : "Montceau-les-Mines : La Mère en Gueule, le ch'tit mineur"

Un documentaire de Joanna Szybist, réalisé par Marie Plaçais avec la collaboration de Laurence Millet. Prise de son, François Rivallon, Pierre Monteil et Alexandre Abergel. Mixage, Marie Lepeintre. Archives Ina, Clary Monaque. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France. Page web, Sylvia Favre.

Voix des archives anglaises, Marc Guidoni

Carte postale de Jan Łój, caporal du Bataillon de l’Air 145, postée le 07 mars 1940 à Bron (Rhône), pour Jan Pomykajczyk de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire)
Carte postale de Jan Łój, caporal du Bataillon de l’Air 145, postée le 07 mars 1940 à Bron (Rhône), pour Jan Pomykajczyk de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) Crédits : Gilbert Coing

Archives Ina et autres : 

  • Le général Sikorski, président du Conseil et généralissime des Forces polonaises formées en territoire étranger, remet leur drapeau à de nouvelles unités de l’armée polonaise reconstituée en France (Journal de guerre n°29, semaine du 19 avril 1940, ECPAD, Agence d'images de la Défense)
  • Témoignage d'Albin Richlik (Fondation pour la mémoire de la déportation, rubrique archives mémoire vivante)   

Traduction du texte de la carte postale, ci-dessous, par Joanna Szybist :

Mon ami m’a transmis votre lettre. Je vous remercie beaucoup pour la lettre comme pour votre sollicitude à mon égard. Mon ami est très content d’avoir fait votre connaissance et il me dit que vous êtes des gens pleins de bonté et très joyeux. Quant à moi, j’attends les fêtes (de Pâques) et je me réjouis de pouvoir vous revoir car vous me manquez déjà beaucoup. Amicalement vôtre. Janek 

Verso de la carte postale (vue plus haut) du caporal du Bataillon de l’Air 145 Jan Łój à Jan Pomykajczyk
Verso de la carte postale (vue plus haut) du caporal du Bataillon de l’Air 145 Jan Łój à Jan Pomykajczyk Crédits : Gilbert Coing

Musique (extraits) 

  • Czerwone jabłuszko, extrait du film musical polonais Zakazane Piosenki, réalisé par Léonard Buczkowski (1946)
  • Les Petits Chanteurs à la Croix de Bois, Noël polonais (extrait de L'Histoire des 100 ans de la      Manécanterie)
  • Jan Ciżyński & Orkiestra Braci Pindrass - Serce w plecaku, Piosenka partyzancka (1946)
  • Rémi Geoffroy Trio, Au bord de l'eau (Mazurka)
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2 min
Archive Ina : "Des combattants ordinaires dans la Résistance", témoignage d'Hélène Baskiel, originaire de Pologne

Bibliographie

[…] C'était rudimentaire, mais ce qui comptait, c’était quand même l’affection qu’on leur portait. Et le fait de pouvoir partager Noël dans une famille. Mais ça ne devait pas être très très riche. J’était une toute petite fille et les seuls souvenirs que j’ai, ce sont les photographies que nous regardions très souvent, parce que ma tante Victoria, qui était l’aînée (née en 1914), était tombée amoureuse de l’un d’eux. Elle le considérait comme son fiancé. Malheureusement, ce garçon est mort à la guerre et ma tante se considérait sans doute un peu comme sa veuve. Hélène Rénaud, qui habitait avec sa famille à Montceau-les-Mines

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