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"Philosophie dans le boudoir", Tome I titre (1795)
Épisode 2 :

De la douceur du cuir humain et autres curiosités

28 min

Le doute subsiste sur la nature de la belle et fine peau qui recouvre cette édition originale de "La Philosophie dans le boudoir". Les analyses n'ont pas été probantes, parce que l'échantillon prélevé était insuffisant.

Reliure en peau humaine réalisée par Marcelin Lortic à la fin du XIXe siècle pour le médecin et bibliophile français Ludovic Bouland (1839-1932)
Reliure en peau humaine réalisée par Marcelin Lortic à la fin du XIXe siècle pour le médecin et bibliophile français Ludovic Bouland (1839-1932) Crédits : Wikipédia - CC BY 4.0 - Wellcome Images

Avertissement : La lecture de cette page contient des termes et des images pouvant choquer le jeune public ou les personnes sensibles.

Il y a, au musée de l'École de Médecine de Paris, ouvert à tous, un objet sidérant : un guéridon signé d'un certain Efisio Marini, “décoré“ d'une marqueterie très spéciale, intégralement composée de restes humains : Un pied momifié se trouve au centre, quatre oreilles sont autour, semblant indiquer les points cardinaux, et le fond du décor est fait de losanges de peau teints de différentes couleurs, ainsi que de fragments de divers viscères également pétrifiés (vidéo à voir en cliquant sur ce lien puis en descendant dans la page. La table apparait de 1'16" à 1'34" avec le commentaire de Geneviève Dagault, animatrice université Paris Descartes. Une vidéo france.tv sur le site Napoléon.org).

Inscription en latin à l'intérieur d'un exemplaire de "Chirurgia è Graeco in Latinum conuersa" (Paris, 1544 ) relié par Josse Schavye (1822-1905) : "Ce livre a été relié avec la peau d'une femme"
Inscription en latin à l'intérieur d'un exemplaire de "Chirurgia è Graeco in Latinum conuersa" (Paris, 1544 ) relié par Josse Schavye (1822-1905) : "Ce livre a été relié avec la peau d'une femme" Crédits : Domaine public - Wikipédia - Notice of Smithsonian Libraries's

Épisode 2 : De la douceur du cuir humain et autres curiosités

Au XIXe siècle, il y a eu une véritable fascination pour les livres tendus de peau humaine. Assez récemment, on a formé un mot pour désigner le travail de reliure en cuir humain : on appelle ça la “bibliopégie anthropodermique“. Ça permet d'atténuer un peu l'effroi causé par les objets en question.

L’exemplaire est parfait. Il a été relié au XIXe siècle. Je fais abstraction, pour l’instant de la nature de la peau mais qui a quand même une importance. Vous pouvez considérer qu’un exemplaire normal vaudrait entre 60 et 70 000 (euros) s’il n’y avait pas cette plus-value impossible à évaluer ou très difficile à évaluer, qui fait l’unicité du livre, de cette reliure en peau humaine. Alors, je précise que les reliures en peau humaine ne sont en général pas belles. Celle-ci est belle ! C’est le livre le plus important relié en peau humaine. Ça faisait un an et demi que je fantasmais sur cet exemplaire… Monsieur Jean, acquéreur de La Philosophie dans le boudoir relié en peau humaine, paraît-il

On a surtout relié ainsi des traités sur les maladies de la peau et des ouvrages érotiques. On note également un manuscrit relatant les méfaits d'un criminel (avec la peau tatouée de ce dernier), ou encore la peau d'un traître mettant en valeur la geste du seigneur trahi.

Écouter
5 min
Archive INA : Dans "Le bon plaisir", Jean-Jacques Pauvert raconte comment il a découvert Sade et l'a édité (France Culture, 26.03.1994)

Intervenants

Étude anatomique de la peau humaine et des ongles (doigts), signé Jan l'Admiral (mentionné sur l'objet). Amsterdam, 1737, papier, gouache (peinture), H 117 mm × L 146 mm .
Étude anatomique de la peau humaine et des ongles (doigts), signé Jan l'Admiral (mentionné sur l'objet). Amsterdam, 1737, papier, gouache (peinture), H 117 mm × L 146 mm . Crédits : Photo Sepia Times / Universal Images Group via Getty Images - Getty

Textes lus par Nathalie Duong et Roland Timsit.

Oui, ça fait basculer la vente dans une dimension un peu différente qui est celle de se poser la question de savoir si on peut tout vendre et c’est ça qui est délicat dans cette vente-là. C’est de savoir si effectivement, et ça, c’est laissé un peu à la liberté du commissaire-priseur, même si la loi interdit de vendre des objets qui sont faits à partir de restes humains, compte-tenu qu’il y a une petite exception qui est celle des biens culturels, du moment que les restes humains constitueraient un bien culturel, dans ce cas, on pourrait les vendre. Évidemment, un livre, il n’y a pas plus objet culturel et surtout une édition originale du Marquis de Sade, mais l’éthique fait se demander si c’est vrai que c’est opportun de vendre un livre qui a été relié en peau humaine. Elsa Marie-Saint Germain, commissaire-priseur, à propos de la vente d’un manuscrit relié en peau humaine (La philosophie dans le boudoir, n° 148 de la vente aux enchères)

Un documentaire d'Olivier Chaumelle, réalisé par Julie Beressi. Prise de son Laurent Macchietti et Fabien Capel ; mixage, Régis Nicolas. Archives INA, Camille Vignaux. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France.

Bibliographie sélective

Écouter
1 min
Archive INA : Dans "Les matins de France Culture", Jacques Munier évoque, pour "L'essai et la revue du jour", le célèbre Camille Flammarion (02.07.2015)

Pour aller plus loin

Livre relié avec la peau du meurtrier William Burke, exposé au Surgeons 'Hall Museum d'Édimbourg (Écosse)
Livre relié avec la peau du meurtrier William Burke, exposé au Surgeons 'Hall Museum d'Édimbourg (Écosse) Crédits : CC BY-SA 3.0 - Wikipédia - Kim Traynor
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