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Leopold II, roi des Belges : Ses méfaits au Congo (1885-1908) restent indélébiles (Gand, 30.06.2020)
Épisode 2 :

La photo du scandale

31 min

Une femme, Alice Seeley Harris, missionnaire protestante britannique, vit au Congo depuis 1898. Un dimanche, son boy lui présente un homme, N’Sala, qui lui montre, emballés dans une feuille de bananier, la main et le pied de sa petite fille.

N’Sala, devant la main et le pied coupés de sa fille de cinq ans, punition pour ne pas avoir récolté assez de caoutchouc
N’Sala, devant la main et le pied coupés de sa fille de cinq ans, punition pour ne pas avoir récolté assez de caoutchouc Crédits : John & Alice Harris - Iconicphotos.wordpress.com - Wikimedia Commons

Épisode 2 : la photo du scandale

Les mains coupées du Congo sont restées le symbole de la démesure de la violence exercée sous l’égide de Leopold II, roi des Belges, au Congo dont il est propriétaire, pour exploiter les ressources naturelles du pays à son profit.

Il y a vraiment là une synergie, une porosité entre la guerre de conquête et la guerre du caoutchouc, qui est faîte pour forcer les populations à aller travailler et à donner ici les récoltes nécessaires, en caoutchouc, chaque mois, qui sont exigées par les agents européens. Parmi ces méthodes, il y a l'attaque d'un village où l'on cherche à prendre en otage des populations, notamment les femmes et les enfants, pour forcer les hommes à aller dans les forêts et à ramener ensuite le caoutchouc. Il y a ensuite des pratiques pour terroriser les populations, pratiques notamment de démembrements de parties du corps récupérées sur le champ de bataille, qui sont parfois exposées dans les villages pour montrer à quel point il faut respecter l'autorité du "blanc", de l'Européen, et se conformer aussi aux exigences de la récolte du caoutchouc. Lancelot Arzel, historien, chercheur en histoire contemporaine associé au Centre d’Histoire de Sciences Po (CHSP)

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Archive INA : Jean Amrouche s'entretient avec André Gide sur les raisons de son voyage au Congo

Comment connaissons-nous cette histoire ?

Alice Seeley Harris (1870-1970) a eu le réflexe de prendre une photo, première d’une série qui va faire le tour du monde.

Nous sommes le 14 mai 1904. La vie d'Alice Seeley Harris et de son mari John bascule. La connaissance de l’histoire du Congo aussi. 

Victimes à la main coupée, symbole des atrocités perpétrées dans l'État indépendant du Congo (vers 1900-1905)
Victimes à la main coupée, symbole des atrocités perpétrées dans l'État indépendant du Congo (vers 1900-1905) Crédits : Photo : Alice Harris, Daniel Danielson. "King Leopold's Soliloque : A Defense of His Congo Rule", Mark Twain - Wikimedia Commons

Intervenants

  • Daniel Foliard, historien, auteur de Combattre, punir, photographier. Empires coloniaux, 1890-1914, (La Découverte, 2020) 
  • Lancelot Arzel, chercheur en histoire contemporaine associé au Centre d’Histoire de Sciences Po (CHSP), thèse : Des "conquistadors" en Afrique centrale. Espaces naturels, chasses et guerres coloniales dans l’État indépendant du Congo (années 1880-années 1900)
  • Sandrine Colard de Bock, historienne de l’art spécialiste de l’histoire de la photographie coloniale au Congo et curatrice d’expositions

Merci à Rebecca Seeley Harris pour l’archive de la voix de sa grand-mère

Illustrations sonores 

Archive : Interview de la photographe et missionnaire Alice Seeley Harris (BBC, 1970), traduite par Thierry Beauchamp.

Extraits diffusés : Le Roi blanc, le caoutchouc rouge, la mort noire (White King, Red Rubber, Black Death), film documentaire de Peter Bate (Periscope productions NV. Belgique, 2004, 109 mn).

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Bibliographie

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Archive INA : Discours prononcé par Félix Éboué pour l'inauguration du monument à la mémoire de l'explorateur Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905)

En vérité, ces violences existent depuis les années 1890. Elles sont connues d'un certain nombre de missionnaires qui, parfois, essayent de les transmettre dans les métropoles mais sans que ça éclabousse en tant que tel. Là où ça va prendre de plus en plus d'ampleur, c'est grâce au travail d'un consul britannique au Congo, Roger Casement, qui, lui, décide d'aller faire sa propre mission d'inspection en remontant le fleuve Congo pour essayer de rendre compte de ce qui se passe et de ces fameuses atrocités, comme on les appelle à l'époque. Lancelot Arzel, historien, chercheur en histoire contemporaine associé au Centre d’Histoire de Sciences Po (CHSP)

Pour en savoir plus...

La semaine prochaine, retrouvez votre nouvelle histoire particulière : Une toute dernière peine, un documentaire de Stéphane Bonnefoi, réalisé par Yvon Croizier.

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