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Illustration du péché capital : L'Avarice

L'Avarice : du péché à la vertu

58 min

Avare, grigou, grippe-sou, ladre, radin, rapiat, fesse-mathieu....qui dit mieux !

Illustration du péché capital : L'Avarice
Illustration du péché capital : L'Avarice Crédits : Christophe Abramowitz - Radio France

C’est fait ! « L’avarice » version 21ème siècle est célébrée en grande  pompe. En décernant le César du meilleur film documentaire à François  Ruffin réalisateur de « Merci patron », l’Académie des Césars entendait  sans aucun doute dénoncer « l’élévation » d’un des 7 péchés capitaux au  rang de vertu. Les Harpagon et les Balthazar Picsou d’aujourd’hui portés  au pinacle ? Définie par le catholicisme comme le vice qui associe la  possession et la jouissance de la possession, Saint-Augustin dépeint  l’avare comme un être asocial qui met en péril la communauté en  empêchant le partage. Mais « quand l’avarice se propose un but »,  écrivait Balzac, « elle cesse d’être un vice, elle est le moyen d’une  vertu, ses privations excessives deviennent de continuelles offrandes,  elle a enfin la grandeur de l’intention cachée sous ses petitesses. » Et  elle serait, avec la déchristianisation et le développement du  capitalisme industriel, devenue l’égale de tous les autres habits qu’il  n’est plus honteux de revêtir comme ceux de l’indifférence. L'avare se  banalise dans le monde contemporain. Dans le contexte d’une société  capitaliste qui valorise la richesse pure et simple, l’avarice apparaît  comme compréhensible. La liste des personnes les plus riches du monde,  publiée par le magazine « Forbes » semble l’innocenter. Tout au plus, on  en fait un vice mineur, le manquement à une bienséance, une habitude  regrettable mais peut être nécessaire dans la poursuite de l’auréole  conférée par les milliards amassés.

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Ce qui est très surprenant chez les avares, c'est l'attachement aux  centimes plutôt qu'aux grosses sommes. Ce qui est typique de l'avare,  c'est qu'il est très attentif aux petites dépenses et il peut faire à  côté de grosses dépenses.

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3 min
Archives INA : Portrait de Lucienne, femme avare par marcel Mirthois "Emission Ecoutez mesdames" France Inter 31/12/1963

1er épisode : D’Harpagon à Don Salluste, les archétypes de l’avarice

Il n'y a d'avarice que pour celui qui a les moyens ; le pauvre n'est  pas avare, il est pauvre. Le riche avare fait de mauvais choix et oublie  l'essentiel. 

Même si le philosophe grec Théophraste s’évertue à distinguer l’avare du  radin, Saint Augustin, lui, les met dans le même panier faisant de ces  personnages les faces identiques d’une seule médaille. D’Harpagon à Don  Salluste en passant par certaines des figures illustres de la comédie  humaine balzacienne, l’avare n’a cessé de nourrir la littérature et le  cinéma. Même les enfants sont servis avec le notable Balthazar Picsou  rendu célèbre par Walt Disney. Incarnation d’un des 7 péchés capitaux,  le pingre traverse les âges suscitant toujours les mêmes railleries et  une réprobation toujours unanime. On en connaît tous au moins un, un  avare, un radin, un grippe-sous, un regardant qui agace, irrite et  énerve et nourrit nos histoires personnelles.

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2ème épisode : Chasser l’économie et tuer les coûts

Aujourd'hui, le raisonnement économique est complètement renversé :  nous épargnons de moins en moins. Les grands épargnants de l'économie  mondiale, c'est les entreprises.  

Depuis une quinzaine d'années, de plus en plus d'entreprises font  appel à des « cost-killers », ou à des cabinets de « cost-killing »  appelés plus communément aujourd’hui entreprises d’optimisation achats  et qui permettent à une entreprise de réduire, de façon substantielle,  ses coûts afin d'augmenter sa rentabilité. Chasser de façon drastique le  gaspillage, rationaliser les dépenses, détecter les postes onéreux,  réduire significativement les coûts sur une famille d'achats donnée, tel  est l’objectif du « cost-killing » qui vient répondre au besoin  croissant de souplesse. Le consommateur, lui, chasse désormais le bon  plan, la bonne affaire, ne pouvant résister aux sirènes de la  consommation compulsive dans un monde où l’avarice semble avoir changé  de camp.

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9 min
André GILLOIS parle de son esprit d'économie Archives INA Emission "Jouons le jeu" 1951

Un documentaire d'Alain Lewkowicz, réalisé par Assia Khalid.  Prises de son Yann Fressy. Mixage Claude Niort. Lectures, Serpentine  Tessier. Archives INA Annie Lauzzana.

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BIBLIOGRAPHIE

Catherine Cusset : "Confessions d'une radine" Ed : Gallimard 

Molière : "L'Avare"

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